‹ Cabotins! Comédie en quatre actesChapitre 18 sur 151 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BRASCOMMIÉ.

Tu es toujours nôtre président?

PÉGOMAS.

Toujours !

BRASCOMMIÉ.

Et nôtre dîner continue-t-il à ne pas avoir lieu tous les mois, faute d'argent?

CARACEL.

Tous les mois ! Exactement !

BRASCOMMIÉ, riant.

Ail ! ah ! ils sont amusants ! Ah ! mes enfants, que c'est donc bon, après deux ans d'Ardelcs, de se retrouver ici, sans sa robe !... et de pouvoir ôter son corset !

LARVEJOL.

Et depuis quand es- tu à Paris ?

BRASCOMMIÉ.

Depuis lundi, depuis que papa est redevenu ministre.

LARVEJOL.

Et tu y resteras longlcmps ?

Aussi longtemps qu'il restera ministre... La première fois, il n'a fait que ses vingt-huit jours, mais j'étais avocat , il m'avait pris comme secrétaire et, avant d'être dégommé, il m'a fait nommer suppléant; cette fois-ci, il m'a pris comme secrétaire, et, avant d'être dégommé, il me fera nommer substitut.

CARACEL.

Veinard!

LAltVEJOL.

Fils à papa !

BRASCOMMIÉ.

Tiens, c'est bien le moins qu'un homme qui s'est donné le plaisir de faire quelqu'un se donne la peine d'en faire quelque chose.

TOUS, riaiil.

Ah ! ah 1 ce Brasconimié !

LARVEJOL.

Fais-tu toujours de la poésie ?

BRASCOMMIÉ, piolestant.

Un magistrat... Oh !

CARACEL.

Te rappelles-tu Ion volume de vers?

Chut!

CARACEL.

Quand tu étais étudiant.

LARVEJOL.

« Codes et Ballades ».

liRASCOMMIÉ.

Voyons, messieurs...

CARACEL.

Et « la véritable Complaiule du pauvre Esculpleui ? »

LARVEJOL ET CARACEL, ensemble.

Ah ! quel malheur !...

D'être esculpteur

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