‹ Cadet la perle drame en cinq actes en huit tableauxChapitre 95 sur 97 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, HARCOURT.

HARCOURT, entrant.

Et vous avez raison, sire. Si de moi-même je me suis livré à mes juges, ce n’était pas pour manquer à un engagement d’honneur.

LE ROI

Vous êtes bien coupable, monsieur.

HARCOURT

Sire, je ne suis que malheureux.

LE ROI

Êtes-vous enfin résolu à nous obéir?

HARCOURT

J’accepte Votre Majesté pour juge de ma conduite.

'• LE ROI

Nous n’en demandons pas davantage.

HARCOURT

Et je ferai ce qu’elle voudra quand elle m’aura entendu.

LE ROI

Voilà qui est raisonnable.

HARCOURT

Avant d’aller plus loin et quoi qu’il advienne, je sollicite de la bonté du Roi la grâce d’un ami qui s’est compromis

{ >our moi et que je dois sauver, fût-ce au prix de ma vie. let ami, c’est M. le chevalier de Saint-Preuil.

LE ROI

Impossible 1 II est coupable de rébellion.

HARCOURT

Comme moi, sire

LE ROI

Il est condamné.

HARCOURT

Comme moi, sire.

le roi. (

Cette nuit même, il doit mourir.

HARCOURT

Comme moi. Telle est du moins la rigueur de l’arrêt ; m8is Votre Majesté a le droit de pardon; ce droit elle pense, dit-on, à m’en couvrir, Eh bienl l’honneur de mon nom, la loyauté des princes lorrains dont le roi rendait si bon témoignage tout à l’heure, m’empêcheraient d’accepter ce pardon, s’il n’était tout d’abord et sans condition étendu au chevalier de Saint-Preuil.

LE ROI, arec impatience.

Mais savez-VOUS, monsieur... (La duchesse jette an roi un regard suppliant et il se radoucit.) Nous recommanderons le chevalier à la clémence du cardinal.

Page 1