‹ Cadet-Roussel; comédie en trois actes, en versChapitre 66 sur 118 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

('ADET, même jeu qi;e plus haut.

Elle m'ainiail à mon insu.

ROUSSKL-AINÉ

-Non, mais regarde toi : ta tête, ton allure...

CxVDET, ingénument.

-Mais tous les goûts ne sont-ils pas dans la nature?

ROUSSEL-AINE, hau^saut les épaules.

("/est ini|)(jssiblc, invraisemblable !

CADET, avec conviclion.

(Vest certain. Tu t'expliques pourquoi mon remords clandestin .ladis, devmt, dès lors, pressant, autoritaire! L'aimant, c'était mon droit, mon devoir de me taire I .le me sacrifia-is à toi! Mais dès que j'ai beviné mon amour par elle partagé, .Ini comj)ris quil fallait l'avouer à voix haute, Oue cet aveu serait le rachat de ma faute Kt que pour pouvoir fuir ensuite, inconsolé -Mais honnête, il fallait parler : et j ai parlé!

ROUSSEL-AlNÉ, s'effonjant de le prendre au sérieux.

Soit! J'admets cette grandeur d'âme qui t'honore; Mais je t'en veux montrer plus de grandeur encore! Amoureux de Delvaporine, tu prétends Qu'elle est sensible?...

CADET, avec un soupir.

Oh! oui...

ROUSSEL-AINÉ

Donc, ne perds plus de temps !

Fais lui ta cour. Cadet; convaincs-moi qu'elle t'aime; Ht comme j'y tiens moins que tu n'y tiens toi-même Devant l'amour où vos deux cœurs seront enclins .le me retirerai, Cadet; mais je te plains.

CADET, dans un élan de reconnaissance.

Que de bonté, mon frère! Adieu mes heures tristes, Mes nuits sans fin : c'est le bonheur!

ROUSSEL-AINÉ, avec stupéfaction.

Quoi, tu persistes?

CADET, avec enthousiasme.

Pourquoi pas lorsqu'enfin Taube naît, le jour poind...

ROUSSEL-AINÉ

Je te croyais naïf, mais non, pas à ce point!

(Entre le valet par la porte du tond.) LE VALET

La Maillard!...

CADET

Oui, qu'elle entre :

(A Roussel-aîné.)

Il faut que je la voie.

(Le valet sort ) ROUSSEL-AINE, se dirigeant vers la porte des bureaux.

Je te laisse.

CADET

A tantôt.

(Le retenant.)

Tu m'as fait une joie...

ROUSSEL-ALNÉ, eounant.

C'est bien...

CADET, avec reconnaissance.

A mon bonheur nul autre n'est égal.

Merci de tout mon cœur...

ROUSSEL-AINÉ, en riant.

Au revoir... mon rival!

(Il sort par la porte des bureaux. Entre La Maillard par celle du jardin.)

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