‹ Cadet-Roussel; comédie en trois actes, en versChapitre 67 sur 118 · SCÈNE IX CADET, LA MAILLARD · texte numérisé non relu

SCÈNE IX CADET, LA MAILLARD

LA MAILLARD, vivement.

Jai travaillé pour vous.

CADET, sans l'entendre.

Elle, vous Tavez vue?

LA MAILLARD, avec joie.

Oui. Mais, d'abord, sachez qu'une affaire imprévue Superbe, s'offre à vous! Affaire de souliers...

CADET

Mais elle?...

LA MAILLARD

Justement, écoutez : vous vouliez Etre riche?

CADET, distrait.

Oui.

L^ MAILLARD

Vous allez l'être tout de suite, .le l'ai fait dire à Delvaporine au plus vite.

CADET, ennuyé.

Tant pis !

LA MAILLARD

Non ! Il fallait parmi ses soupirants Que vous prissiez du poids...

CADET, sans comprendre.

Du poids?

LA MAILLARD, souriant.

Je me comprends...

A cinq heures, pour vous, ici, viendra la belle.

CADET, inquiet.

Mon frère ?. . .

100 CADET-UOUSSEL

LA MAILLARD

A la môme heure il rattendra chez elle.

CADET, radieux.

Le pauvre frère! Alors elle m'aime?

LA MAILLARD

Je crois; Beaucoup plus en tout cas à présent qu'aulrofois.

CADET, fat.

Depuis qu'e'!le m'a vu de près !

LA MAILLARD

Je suis heureuse Que vous soyez heureux 1

CADET, rêvant, tout haut.

Elle, enfin, amoureuse !

Joie ! extase !

Attendez : pour les souliers, voici En quoi l'affaire est bonne.

CADET, tout à son rêve.

Eh ! que m'importe !

LA MAILLARD

Si :

(Avec Volubilité.)

J'achète l'autre mois mille quatre cents paires

De souliers allemands, trois charretées entières !

Je les paye comptant cinq mille francs en or,

Pensant agioter sur eux : c'est un trésor !

Oui, les souliers depuis sont en hausse constante :

Moi, je ne les vends pas, nul prix ne me contente ;

Je refuse à gagner cent mille francs sur eux ;

Je fais bien : leur taux a doublé ! Soyez heureux î

C'est deux cent mille francs qu'il faut qu'on vous en donne

Des acquéreurs, à ce prix-là, cela foisonne !

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