SCÈNE IX CADET, LA MAILLARD
LA MAILLARD, vivement.
Jai travaillé pour vous.
CADET, sans l'entendre.
Elle, vous Tavez vue?
LA MAILLARD, avec joie.
Oui. Mais, d'abord, sachez qu'une affaire imprévue Superbe, s'offre à vous! Affaire de souliers...
CADET
Mais elle?...
LA MAILLARD
Justement, écoutez : vous vouliez Etre riche?
CADET, distrait.
Oui.
L^ MAILLARD
Vous allez l'être tout de suite, .le l'ai fait dire à Delvaporine au plus vite.
CADET, ennuyé.
Tant pis !
LA MAILLARD
Non ! Il fallait parmi ses soupirants Que vous prissiez du poids...
CADET, sans comprendre.
Du poids?
LA MAILLARD, souriant.
Je me comprends...
A cinq heures, pour vous, ici, viendra la belle.
CADET, inquiet.
Mon frère ?. . .
100 CADET-UOUSSEL
LA MAILLARD
A la môme heure il rattendra chez elle.
CADET, radieux.
Le pauvre frère! Alors elle m'aime?
LA MAILLARD
Je crois; Beaucoup plus en tout cas à présent qu'aulrofois.
CADET, fat.
Depuis qu'e'!le m'a vu de près !
LA MAILLARD
Je suis heureuse Que vous soyez heureux 1
CADET, rêvant, tout haut.
Elle, enfin, amoureuse !
Joie ! extase !
Attendez : pour les souliers, voici En quoi l'affaire est bonne.
CADET, tout à son rêve.
Eh ! que m'importe !
LA MAILLARD
Si :
(Avec Volubilité.)
J'achète l'autre mois mille quatre cents paires
De souliers allemands, trois charretées entières !
Je les paye comptant cinq mille francs en or,
Pensant agioter sur eux : c'est un trésor !
Oui, les souliers depuis sont en hausse constante :
Moi, je ne les vends pas, nul prix ne me contente ;
Je refuse à gagner cent mille francs sur eux ;
Je fais bien : leur taux a doublé ! Soyez heureux î
C'est deux cent mille francs qu'il faut qu'on vous en donne
Des acquéreurs, à ce prix-là, cela foisonne !