ACTE TROISIEME
LA MAILLARD
Elle ne veut que cela d'un amant.
CADET
Ce n'est pas vrail Car j'eus la preuve du contraire 1
(A Aude.)
Tu te souviens, le jour de ma fameuse affaire I) ' souliers...
Je crois bien, nous étions si contents!
CADET
Elle m'avait prié, ce jour-là, lu m'entends...
AUDE
Oui. j'entends.
CADET
... De venir la voir.
AUDE
Oui.
CADET
Moi, fidèle Au rendez-vous, j'étais à cinq heures chez elle. Ah! si tu l'avais vuel elle était en peignoir, Le soir tombait : j'étais très ému par le soir; Mon cœur battait très fort de lui voir tant de charmes : « Ma fortune est à vous! » lui dis-je tout en larmes. Mais elle répondit sans que sa voix tremblât : « Je ne veux pas votre fortune, gardez-la! Mais je veux votre cœur, vos soins, votre pensée... » Peut-on dire après ça qu'elle est intéressée?
LA MAILLARD
Ello 1(^ fut, jen suis certaine, avec Roussel :
AUDE, faisant mine do soutenir Cadet.
Avec Roussel, bien sûr : ce fut tout naturel
i;.o CADET-ROUSSEL
(Juclle clicrcliAl à Tagacer pour faire en sorte Ou'il vint à payer ses dettes : que nous importe! C'est la nécessité qui le lui commandait : Mais cela prouve-t-il qu'elle aime moins Cadet?
CADET, triomphant.
C'est évident, on ne peut dire le contraire :
11 est clair qu'elle m'aime, et n'aime pas mon frère!
].A MAILLARD
Je ne m'y fierais pas.
CADET, furieux. '
Insolente!
AUDE
Comment Vous convaincre de son désintéressement?
LA MAILLARD
Et comment vous prouver que cette grandeur d'âme N'eut pas d'autre motif qu'un calcul de la dame ?
AUDE
Quel moyen inventer...?
LA MAILLARD
J'ai peut-être un moyen.
CADET, qui ne, veut rien entendre.
Je m'en moque.
AUDE, plus conciliant.
Mais si : voyons...
LA MAILLARD, à Cadet.
Vous avez bien Sur vous tous les reçus de ses dettes payées?
CADET
Je les ai.
(Avec un sourire.)
Même ces quittances sont liées Par une faveur rose.