‹ Caféisme et Troubles PsychiquesChapitre 18 sur 35 · PUS REP NOR · texte numérisé non relu

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afin de faire dissiper ces névralgies. L'effet contraire ne manquait pas de se produire, les névralgies arrivant au paroxysme et la malade continuant de s’intoxiquer.

Les névralgies peuvent être également intercostales ; siéger aux membres, au rachis, à la face, à l'épaule, au sein. La gastralgie fréquente des buveuses de café peut rentrer dans la catégorie des névralgies, de même que l'entéralgie. La caractéristique de celte névralgie est sa ténacité. Les douleurs sont souvent plus sourdes et plus profondes que dans les névralgies franches. Les points de Valleix n'existent pas; la localisation est inconstante ; tous les nerfs sensitifs pouvant êlre le siège de névralgies diverses.

6° L'hyperesthésie. — L'hyperesthésie est très fréquente chez les caféiques. Elle siège le long des trajets. des gros troncs nerveux, ainsi qu'aux masses musculaires des cuisses, des mollets, des bras. Elle est la même que dans l'alcoolisme. Nous l'avons rencontrée chez nos caféiques, pas toujours régulièrement, mais presque constamment.

Chez une de nos malades, nous avons constaté unëê hyperalgésie considérable au niveau des orteils, telle que dès qu’on les touche, la malade pousse des cris de souffrance ; on est obligé de la porter, car elle ne peut poser ses pieds à terre. L’examen ne nous fit déceler aucune lésion susceptible d'expliquer cette hyperesthésie.

La sensibilité est en général exagérée ; il semble que toutes les terminaisons nerveuses soient hypersensibilisées et que la moindre excitation provoque des sensations et des réactions exagérées. C’est ce qui nous explique le caractère irascible des caféiques : c’est ce qui fait qu’elles

SRE

ne peuvent entendre de bruit sans s'irriter et qu’elles sont

continuellement « agacées ».

7° L'hypoesthésie. — Elle peut exister ; Guelliot en cite un cas, et Gilles de la Tourette l’a rencontrée une fois à la partie inférieure des membres, allant jusqu'aux coudes et aux genoux. Nous l'avons nous-mêmes nolée chez une seule de nos malades, se traduisant par une diminution de Ja sensibilité, au niveau de la face palmaire de la phalangetle des deux pouces. Rien au niveau du trijumeau.

Par action locale sur les nerfs moteurs et sensitifs, la caféine détermine des paralysies et l'on observe toujours, au voisinage du point de contact, de l’anesthésie, Bientôt suivie d'hyperesthésie au bout d'un temps variable (Pouchet).

8° Organes des sens. — La vue des caféiques chroniques se voile souvent, comme si un brouillard leur passait devant les yeux. Guelliot qui signale ce symptôme, l’attribue à l’anémie profonde où se trouvent la plupart du temps ces intoxiqués. On parle de l’atrophie du nerf optique, qui peut ‘survenir à la suite de l'abus du café. (Hutchinson. Atrophie du nerf optique par le thé et le café. Semaine médicale, juin 1888). Une de nos malades avait toujours une sensation de chaleur excessive qui lui faisait enlever une partie de ses vêtements.

9% Réflexes. — Les réflexes sont en général exagérés, bien. que Boucard les ait trouvés normaux. Chez presque toutes nos malades, les réflexes rotuliens étaient vifs et nettement exagérés, sauf chez une, d’ailleurs atteinte de syphilis cérébrale. Les réflexes cutanés, pharyngé, palpébral, sont également exagérés. >

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Parlant de la caféine, le Professeur Pouchet s'exprime ainsi : «€ L’exagération du pouvoir excito-réflexe de la moelle ne se produit qu'avec des doses élevées et toxiques. Il ne s’agit pas ici d'une augmentation de l’excitabilité réflexe de la moelle comme dans le strychnisme, car avant la période des convulsions, des excitations légères produisent des secousses convulsives, et pendant la période des convulsions, la sensibilité disparaît totalement. Chez l'homme, on observe simplement de l'exaltation de l’excitabilité réflexe, parce qu’on n’administre jamais des doses suflisantes pour provoquer le tétanos ».

10° Insomnie. — L'insomnie est la règle chez les caféiques non encore habitués ; puis le sommeil revient, mais dès que les caféiques chroniques vont faire des troubles cérébraux, le sommeil disparaît à nouveau. Le caféique, au début, n’a pas de cauchemars; l’insomnie est calme ; l’idéalion, pendant cette période, est active, mais elle ne tarde pas à faire place à un vide intellectuel : « J'avais déjà passé deux heures au lit, que je n’en étais que plus réveillé ; j'étais dans un état d’agilation mentale très vive, et je me figurais mon cerveau comme un moulin dont les rouages sont en mouvement sans avoir quelque chose à moudre ». C'est ainsi que Brillat-Savarin, ayant pris avant de se . coucher quelques tasses de café, décrit ce qu'il éprouve.

Lorsque la dose de café est plus forte, ou lorsque l’insomnie se déclare chez un caféique chronique, les hallucinations hypnagogiques sont fréquentes ; le sujet a conscience de ce qu’il éprouve; il songe à ses affaires de la journée, et ces pensées ont un caractère obsédant. Peu à peu le sommeil arrive à faire complètement défaut, et nous citons

dans nos observations plusieurs cas où le sommeil avait disparu totalement depuis un ou deux mois...

Le sommeil des caféiques est agité, entrecoupé de cauchemars horrifiants qui provoquent le réveil. Les crampes viennent encore troubler les quelques heures pendant lesquelles ils pourraient reposer. Le caféique se retourne en dormant, défait ses couvertures. C’est un demi-sommeil, durant lequel le cerveau fonctionne semi-inconsciemment, et, au réveil, le caféique éprouve une sensation de fatigue, de vide cérébral, qu’il s'empresse de dissiper en absorbant sa boisson favorite.

11° Vertiges. — Certaines personnes éprouvent, quelque temps âprès avoir bu une tasse de café, des vertiges souvent associés au tremblement. Une sensation de vide cérébral se produit, et au bout de quelques minutes, tout disparaît.

Nous connaissons une ouvrière qui ne peut absorber un verre de café sans éprouver ces vertiges, d’ailleurs associés chez elle à un tremblement très marqué, qui l'empêche dé travailler pendant quelque temps.

Quelle est la nature de ces vertiges?

Nous n'avons pas résolu la question. Sont-ils de nature comitiale ? Rien ne le fait penser chez cette personne. Sontils dûs à une circulation cérébrale trop intense due au café? Sont-ils le résullat d’une action spéciale du café sur la zone corticale ?.…

12 Incoordinaltion des mouvements. Troubles de l'équilibre. — Certains caféiques en état d'ivresse, titubent, et ne peuvent exécuter des mouvements avec précision : ce phénomène serait dû à l'action de la caféine à haute dose qui paralyse les cordons postérieurs de la moelle ainsi que les

nerfs périphériques, tandis que les cordons antérieurs et les nerfs moteurs ne subiraient aucune influence.

13' Spasmes télaniques et convulsions. — On a vü, dans cerlains Cas d'intoxication aiguë par le café, se produire des spasmes et des convulsions dans différentes parties du corps. Bonnet signale ce phénomène dans l’intoxication par la caféine. :

1% Caféisme et anesthésie — Contrairement à ce qui se produit chez les alcooliques, l’anesthésie par le chloroforme

ou léther n’est pas marquée, chez les caféiques, par une phase d’excilation prolongée. Ce fait nous a été signalé par M. le Docteur Défontaine, chirurgien au Creusot.

CS

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