‹ Caféisme et Troubles PsychiquesChapitre 19 sur 35 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Troubles mentaux

L'infusion de café produit généralement une excitation qui procure une sensation de bien-être, par suite d’une action marquée sur les fonctions digestives et circulatoires, ainsi que sur les facultés intellectuelles.

Des troubles mentaux peuvent survenir sous son influence. Dans l'ivresse caféique, tous les auteurs ont signalé des hallucinations et un délire plus ou moins marqué de parole “et d'action. Rien de précis, d’ailleurs. L

Faisans, dans sa communication « Du délire caféinique », rapporte plusieurs observations de délire qu'il attribue à la caféine : «J'ai été frappé, depuis trois ou quatre ans, par quelques faits dans lesquels ce médicament avait semblé provoquer une excitation cérébrale intense, de l’insomnie, et même du délire. »

Et il apporte deux observations de délire hallucinatoire, à prédominance d’hallucinations visuelles et auditives, survenu chez deux pneumoniques à la période de défervescence, chez lesquels la caféine était administrée dans un but thérapeutique. En outre, ces deux malades avaient des: tares cérébrales : l’une était une vieille femme névropathique, l’autre était un homme, ancien alcoolique et névropathique. Mais il apporte en plus, une observation du D' Florand,

que nous reproduisons, et qui est celle d’un homme qui délire, dès qu'il a pris une tasse de café. Aucun antlécédent héréditaire signalé chez lui, aucune lare nerveuse constatée. Le D' Juhel-Renoy apporte le cas d'un vieillard pneumonique, délirant aussi dès l'administration de caféine. Ce vieillard n’avait aucune tare nerveuse, ce n’étail même pas un sénile. En plus, il “apporte l’éclosion d’un délire chez un épileptique, pneumonique, traité avec de la caféine. Le professeur Raymond, qui prit part à la discussion, conteste la seule action de la caféine, dans l'apparition des troubles psychopathiques. Les malades étaient des pneumoniques; or le délire est fréquent chez les pneumoniques et les prédisposés, en raison de leurs tares héréditaires « Que, dans ces conditions, l’intoxication par la caféine, s’ajoutant à la dénutrition de l'écorce cérébrale du fait de ja pneumonie, puisse être acceptée pour une part à déterminer dans la production de ces délires si spéciaux, je le veux bien; c’est la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase ; mais, de là à créer un délire caféinique spécial, il y

a loin. »

Mais Faisans conclut : « Le malade qui délire quand il prend une tasse de café,-me dit M. Raymond, a certainement un cerveau faible, au moins en face du café. D'accord, mais pouvais-je le savoir avant qu’il eût prit sa première tasse de café et qu'il eût fait son premier accès de délire ? Non, dès lors il m'importe peu, au point de vue pratique, de savoir qu'il était un prédisposé. Somme toute, avec ou sans prédisposition apparente, et cliniquement appréciable, la caféine peut déterminer du délire, et cela non seulement dans le cours ou à la suite de la pneumonie, mais aussi chez des malades qui n’ont pas, ou n’ont pas eu de fièvre,

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