CHAPITRE VII
Influence du café sur les diverses psychoses
Etant donnée son action excitante des centres psychiques, étant donnée l'insomnie qu'il provoque, il est logique que le café ait une action dans l'apparition des diverses psychoses. |
Il est certain qu'un maniaque, qui a déjà eu plusieurs ‘accès de manie, s’il fait des abus de café, de même que s'il fait des abus d'alcool, s’il surmène son système nerveux, fera plus volontiers une rechute. à
Les mélancoliques, au début, alors qu’elles ont de vagues idées noires, qu'elles se sentent sans force et sans goût, prennent volontiers du café « pour se donner des forces », pour stimuler leur système nerveux qu'elles sentent faiblir. : Il en résulte une aggravation des symptômes, une insomnie qui vient encore affaiblir l’organisine débilité de ces malades, et augmenter l'intensité des réactions, telle que l'anxiété, la tendance au suicide. PES
Dans toute la série des psychoses des dégénérés, le café pris imnodérément (et c'est surtout dans cette catégorie de prédisposés que l’on rencontre les caféiques, puisque ce sont des personnes auxquelles il manque l’action frénatrice de leur jugement et de leur volonté), aggrave les divers
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troubles psychiques, et même, peut les faire apparaître en tant que toxique banal, excito-sensoriel ; de même que les psychoses des dégénérés apparaissent fréquemment à la suite d’une intoxication, d’une infection, qu’elle soit fébrile, endogène ou exogène.
Les dégénérés atteints de délire polymorphe trouveront dans le café un adjuvant actif de leurs hallucinations, et, par suite, de leur délire. Ils s’agiteront sous son influence.
Les persécutés-persécuteurs pourront puiser dans le café un stimulant cérébral, qui les fera délirer encoredavantage, et les poussera à passer aux actes.
Nous ne savons pas quelle peut être l’action du café dans l'apparition de la démence précoce, ne l'ayant jamais constatée.
Enfin, les intermittents verront réapparaître beaucoup plus facilement et plus fréquemment leurs accès s'ils surmènent leur écorce cérébrale en faisant un usage immodéré du café.
Nous apportons ici l'observation d'une caféique atteinte de syphilis cérébrale, à forme de pseudo-paralysie genérale, entrée en plein délire aigu, et nous nous demandons si le café n’a pas été la cause de cette agitation extrême. Il est vraisemblable que chez cette malade, qui n’a jamais eu de manifestations psychopathiques, mais dont le cerveau est sensible en raison de la spécificité localisée dans ses hémisphères cérébraux, ait eu une forme de délire aigu, provoquée par la congestion intense de son encéphale, produite par l'abus du café. De sorte, qu’il est possible que le café, de même que l'alcool, favorise l’éclosion de certains symptômes aigus, de la paralysie générale et des méningoencéphalites chroniques, entre autres,
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Les épileptiques voient leurs crises éclater et augmenter de fréquence et d'intensité sous l'influence du café. La suppression de tous les excitants du syslème nerveux constitue une grande partie du traitement de l’épilepsie.
Anxiété mélancolique avec prédominance d'idées mystiques, éclatant sous l'influence d'abus @e café. Chronicité. Pas d’affaiblissement intellectuel
BNIEE
Entrée le ?2 avril 1919. 50 ans, célibataire. Couturière. Pas d'antécédents héréditaires.
Un frère alcoolique. D
Malade depuis 10 mois. Atteinte d'un fibrôme, que le médecin lui avait conseillé de faire opérer, elle dit préférer mourir que de subir une opération. Les troubles mentaux se déclarent aussitôt. Elle cesse tout travail, ne fait plus ses repas, et elle répète qu'elle veut se suicider, mais elle ne fit jamais de tentative sérieuse, étant très surveillée.
Actuellement, elle a des idées mystiques, elle dit qu'elle doit demander pardon au bon Dieu : «Pourvu qu'on prie, on n'a pas besoin de manger ni de travailler ! le bon Dieu fait tout le reste ! » Elle a bruülé son livret de çaisse d'épargne et un titre de rente de l'emprunt 1916. Elle voudrait à toute force se faire religieuse, et se reproche comme une/mauvaise action d'avoir fait payer la façon de ses robes, de même que sa sœur, épicière, ne devrait pas faire payer ses clients.
Elle buvait beaucoup de café et le croquait en grains.
Interrogatoire. —-Parvient à trouver la date : C Nous sommes en-1899... 19... 1919... au mois d'avril ». Elle sait qu'elle est à
Dijon mais ne peut indiquer dans quel établissement. Elle parait présenter plus d'obtusion que d'affaiblissement intellectuel.
Faciès anxieux, ridée, jaune, elle parait plus âgée qu'elle n'est véritablement. Yeux brillants, tremblement des muscles de
.la face. |
L'examen des organes fait connaitre un énorme fibrôme de l'utérus, avec suintements sanguins, et une luxatjon en arrière de la hanche droite avec rotation en dedans et forte flexion de la jambe sur la cuisse (cette luxation est survenue il y a 7 semaines à la suite d'une chute faite en luttant avec ses sœurs qui l'empêchaient d'aller à l'église). ;
Langue nette. Pouls bon.
La malade geint sans cesse, sursaute.
Sur la demande qui lui est faite, elle répond que le bon Dieu lui fait fout dire. Elle nie cependant les hallucinations et les idées délirantes, mais avoue avoir l'idée de suicide.
Difficile à alimenter,
Un mois après, la malade geint continuellement et est
anxieuse. Elle réclame son mari et ses deux fils (elle n'en a pas), crie : & Vivéent les saintes sœurs | Vive Benoit XVI. Ne s'occupe à rien. Calme la nuit. On doit la faire manger.
Deux mois après elle est toujours très anxieuse, elle gémit sans cesse « Vive le Pape ! » avec une conviction un peu contrainte. Elle se met à genoux et garde généralement les mains croisées. Parle seule, se relève la nuit.
Actuellement, elle est {toujours agitée, elle crie jour et nuit sur un ton perçant et geignard : « Ah ! ma famille ! mon frère, mon époux ! Je veux être à Dieu, dans ma sainte famille ! » Elle fait de grandes difficultés pour s'alimenter. On a dù lui passer la sonde à plusieurs reprises.
Son fibrôme ne suinte plus depuis son admission,