‹ Caféisme et Troubles PsychiquesChapitre 7 sur 35 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Du Caféisme aiqu

Boucard, dans sa thèse, par analogie avec l'ivresse alcoolique, décrit une ivresse caféique, qui peut, dit-il se présenter sous trois formes.

La première forme : intoxication légère.

Ce sont les phénomènes physiologiques normaux qui surviennent chez un individu normal, qui prend une tasse de café sans en avoir l'habitude.

On note : une sensation de chaleur à la région épigastrique ; puis au bout d’un certain temps, qui varie avec la vacuité oularéplétior de l'estomac au moment de l’ingestion du café, une augmentation d'activité du système nerveux, un besoin de mouvement, une légère accélération du pouls, ainsi qu'une augmentation de fréquence des mouvements respiratoires, sans qu’il existe toutefois de dyspnée. La circulation devient plus active ; le cerveau est libre, dégagé,

« peut-être est-ce le coup de fouet que lesprit en recoit, qui fait marcher la foule immense qui envahit toutes les avenues de l’'Olympe et du Temple de la mémoire » dit Brillat- Savarin parlant du café.

L'insomnie est la règle, mais elle n’est pas agitée.

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L’éréthisme génital de cette période est en rapport avecla surexcitation cérébrale ; les mictions sont plus abondantes et plus répétées ; l’urine est presque incolore.

La deuxième forme ; intensité moyenne.

Les troubles cérébro-spinaux sont plus prononcés. On note une certaine angoisse précordiale avec sensation de poids devant le thorax (Cellel) et battements du cœur tumultueux, mais parfois affaiblis et de moindre fréquence. En général l'accélération du pouls est la règle: de 110 à 120 pulsations par minute. Le faciès est vultueux, l'œil brillant et égaré, le front se couvre de sueurs. La céphalée est constante ; il peut se produire des vertiges, des étourdissements analogues à ceux de l’ébriété commencçante. Les vomissements alimentaires sont assez fréquents.

Le tremblement des mains est un signe constant : c'est un tremblement vibratoire, coexistant avec certains mouvements des doigts de caractère choréïforme. Les pieds et les jambes sont souvent animés de tremblements. Le trem blement des lèvres, de la langue, et souvent des muscles de la face est presque constant.

La démarche est titubante et saccadée, Les crampes fréquentes et douloureuses, siègent aux jambes et aux cuisses. [l peut exister de la constriction sus-hyoïdienne.

La langue est sèche ; la polydipsie marquée. L'excrétion intestinale est augmentée en raison des contractions des fibres lisses de l'intestin.

On a prétendu enfin que le café était un emménagogue. Le délire de parole coexiste généralement avec l'ensemble de ces symptômes.

La troisième forme est la forme grave, où tous les phénomènes décrits précédemment sont exagérés. Le cœur peut

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même s'arrêter en systole, et alors c'est la mort. (Boucard cite le cas d’une jeune fille morte deux mois après avoir bu du café et avoir dormi pendant deux mois), mais il s’agit vraisemblablement de: tout autre chose que d’un empoisonnement par le café.

Nous pensons que cette division en trois formes nettement séparées est bien artificielle. Il existe peu d'observalions relalives aux ivresses caféiques vraies, et il serait plus vraisemblable de décrire une intoxication aiguë due, soit à l’ingestion de doses énormes de café : 250 grammes de café dans 500 grammes d’eau, dans l'observation de Curschman chez une femme‘qai voulait se faire avorter. (Ein Fall von Kaffee Intoxication. Deutsche Klinik, p. 377. Analysé par Klein : Revue des Sciences Médicales, 1874, T. 3, page 691) ; 250 grammes de café dans un litre d’eau, dans l’observation du docteur Fort, de Rio-de-Janeiro (des effets physiologiques du café d'apres les expériences faites sur l’auteur. Bulletin général de thérapeulique, 1883, pages * 550 et 554) ; soit à l’ingestion de plus faibles doses de café par des personnes prédisposées, chez lesquelles le café amène l’éclosion d'accidents anaphylactiques (Observation VI de la thèse de Boucard : du Caféisme, Paris 1899) : jeune fille ne buvant pas de café d'habitude, et qui, invitée par : une amie, but après le repas une seule tasse de café qui fit éclore des accidents aigus de caféisme. Observation du D: Florand (Société médicale des Hôpitaux, 11 Mai 1893). Homme de 35 ans ayant à huit ou dix reprises essayé de prendre une tasse de café, et qui présentait deux heures après, des vomissements, du vertige, du délire, des idées d’ermapoisonnement. :

Et ici, continuant l’analogie que Boucard fait entre le

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café et l'alcool, nous dirons : de même que l'ingestion d'alcool, même à doses élevées, n’amène pas forcément un délire de parole et d'action, mais provoque obligatoirement des troubles nerveux divers, suivis en général d’un sommeil profond, de même le café, pris à doses massives, provoque toujours des phénomè es d'intoxication portant sur l'appareil digestif, l'appareil circulatoire et le système nerveux, mais ne provoque des troubles psychiques que chez les personnes prédisposées à faire un délire, sous l'influence d'une infection, ou d’une intoxication quelconque, endogène

ou exogène,

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