TROISIEME LETTRE
(Tout récemment écrite à une proche parente)
Chère S...
J'ai été très heureux d'avoir une sérieuse conversation avec I... sur l'éducation des enfants. Lui et moi, nous sommes tombés tout à fait d'accord sur un point qui est seulement négatif, c'est que les enfants doivent apprendre le moins possible. Il n'est pas à beaucoup près aussi mauvais pour des enfants de grandir sans avoir appris certaines choses, que d'avoir une indigestion d'éducation et d'en venir à la détester : — ce qui arrive à presque tous , surtout à ceux dont l'éducation est dirigée par des mères qui ne connaissent pas les sujets appris par leurs enfants. Un enfant ou un homme peut apprendre quand il a de l'appétit pour ce qu'il étudie. Sans appétit, l'instruction est un mal, un mal terrible qui rend les gens mentalement infirmes. Pour l'amour du ciel, chère S..., si vous n'êtes pas tout à fait de mon avis, soyez sûre que je ne vous écrirais pas à ce sujet, si ce n'était pas une