‹ Cahiers d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 39 sur 84 · CLASSE DES OISEAUX · texte numérisé non relu

CLASSE DES OISEAUX

8 443. La classe des Oiseaux comprend tous les animaux vertébrés les mieux organisés pour le vol. On les distingue facilement par la forme générale de leur corps, et par les plumes dont ils sont couverts ; mais les caractères les plus importants qu'ils présentent consistent dans la structure de leurs organes intérieurs , et la manière dont leurs diverses fonctions s’exécutent.

En effet, ce sont des vertébrés ovipares, dont la circulation est double et complète, dont le cœur présente quatre cavités, dont le sang est chaud, et dont la respiration est aérienne et double.

Pour les distinguer des autres animaux vertébrés, 1l suffirait même de dire qu'ils ont la circulation complète et la respiration aérienne et double ; ou bien de rappeler que ce sont les seuls vertébrés ovipares à sang chaud.

La forme générale des Oiseaux ne varie que peu, et est en rapport avec le mode de locomotion qui leur est propre. [ls n'atteignent presque jamais une grande taille, et leurs membres postérieurs sont spécialement destinés à la station et à la marche, tandis que leurs membres antérieurs ne servent jamais ni à la marche ni à la préhension , ni au toucher, mais forment des espèces de rames très ‘étendues qui sont nommées ailes, et qui, en frappant l'air, y soutiennent et y font mouvoir l'animal.

| 8144. Les plumes qui couvrent tout le corps des Oiseaux sont

des productions très analogues aux poils des Mammifères ,

d’une structure plus compliquée. On peut, en général, À distiil er un tube corné qui en occupe la partie inférieure et qui est percé à son extrémité, une tige qui surmonte ce tube, enfin des barbes qui naissent de chaque côté de la tige, et sont elles-mêmes garnies de barbules , lesquelles paraissent quelquefois , à leur tour, frangées sur le bord.

L'organe sécréteur destiné à former la plume se nomme capsule, et acquiert souvent une longueur considérable ; il croît pendami toute la durée du développement de la plume, et, à mesure que sé base s’allonge, son extrémité meurt et se dessèche dès qu'elle“ formé la portion correspondante de cet appéndice. Chacun de ces petits appareils se compose d’une gaine cylindrique, revêtue à l'in: térieur de deux tuniques unies par des cloisons obliques, et d’ur bulbe central. La substance de la plume se dépose à la surface du bulbe, et, pour former les barbes, se moule en quelque sorte dans les espaces que les petites cloisons dont nous venons de parle laissent entre elles. Dans la portion correspondante à la tige, le bulbe est en rapport avec la surface inférieure de celle-ci, et, après y avoir déposé une substance spongieuse , se dessèche et meurt mais là où le tronc de la plume est tubulaire, la lame de matièr cornée que cet organe sécréteur dépose se contourne autour de lu et l'enveloppe complétement ; cependant le bulbe, lorsqu'il a rempl ses fonctions , ne s’en dessèche pas moins, et il forme, en se flé: trissant, une série de cônes membraneux emboîtés les uns dans le: autres , ‘qui remplissent l'intérieur du tube, et sont appelés l’ému de la plume. La plume nouvelle est d’abord renfermée dans la gaine de sa capsule, qui est souvent saillante de plusieurs pouces hors de la peau, et se détruit peu à peu. La plume se montre alors à nu et ses barbes, roulées dans le principe, s’étalent latéralement, l'extrémité de son tuyau reste implantée dans le derme, mais er général s’en détache facilement, et, à une certaine époque, tombe pour faire place à une plume nouvelle. Ce renouvellement des plumes , qui est appelé mue, s'effectue en général chaque annéen après la saison de la ponte, et a quelquefois lieu deux fois dans I même année, en automne et au printemps; il arrive plus tôt pour les vieux individus que pour les jeunes , et c’est pour l'oiseau une époque de malaise pendant laquelle il perd la voix. |

La forme de ces appendices tégumentaires varie beaucoup : © en connaît qui manquent de barbes et qui ressemblent à des pi. quants de porc-épic ; l’aile du Casoar en offre quatre ou cinq; d’autres dont les barbes sont roïides et garnies de barbules quin s'accrochent entre elles , de façon à former une grande lame quen

Corbeau, par exemple) ; d'autres encore dont les barbes et les barbules sont longues, AIRE et ne s’accrochent pas, ce qui leur donne une RDS et une mollesse extrêmes (comme celles de la queue et des ailes de l’Autruche); enfin il en est qui ressemblent à un simple duvet (celles appartenant à certaines Cigognes, et connues sous le nom de Marabouts, sont dans ce cas ). ET leurs couleurs sont variées à l'infini, et souvent surpassent en beauté et en éclat celles des plus belles fleurs où des pierres les plus briljantes. En général, les femelles ont un plumage moins riche que le mâle, et ilest rare que le jeune oiseau présente les couleurs qu'il Consérvera toute sa vie ; souvent elles changent deux ou trois ans de suite, et quelquefois l'adulte a un plumage d'été tout -à-fait différent de celui de l'hiver. Enfin il est aussi à noter que chez les Diseaux aquatiques ces appendices tégumentaires sont enduits J'une matière grasse qui les rend imperméables à l’eau, ce qui leur bérmet de préserver la peau de l'animal du contact du liquide dans equel il est en partie plongé. |

$ 145. Le Souezerre (pl. 8, fig. 7), qui détermine la forme gé- 1érale des oiseaux, et qui est en même temps l’une des parties les plus importantes de l'appareil du mouvement, se compose à peu rès des mêmes éléments que chez les mammifères : mais la forme * la disposition de plusieurs de ses os sont différentes, et à volume gal ils sont aussi plus légers, car la plupart d’entre eux sont reusés par de nombreuses celluies remplies d'air.

La téte est petite, les os du crâne se soudent entre eux de très onne heure, et la face est formée presque entièrement par les nâchoires, qui s'allongent beaucoup et constituent un bec. La nandibule ou mâchoire supérieure s'articule avec le crâne, de açon à conserver quelque mobilité, et la mandibule inférieure, au ieu de s’articuler directement avec le crâne, comme chez les nammifères, est suspendue à un os mobile, nommé os carré ou ympanique (1), qui, à son tour, s'articule avec le rocher ; enfin Æs mandibules sont composées de plusieurs pièces, et sont enveoppées dans une substance cornée qui tient lieu de dents.

L’articulation de la tête avec la colonne vertébrale est beaucoup us mobile que chez les mammifères, et a lieu à l’aide d’une seule minence arrondie (appelée condyle ), tandis que chez ces derniers . en existe deux. Cette disposition donne à l'oiseau la faculté de urner la face tout-à-fait en arrière.

@) Ce mode d'articulation de la mâchoire inférieure se retronve aussi chez les tres animaux vertébrés oripares (c'est-à-dire les rejüles et les poissons),

l'air ne traverse pas (celles qui garnissent les ailes de l’Aigle et du.

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