MOLLUSQUES
superficie n’est pas pierreuse, mais ressemble à une espèce d’épi- "derme, et porte le nom de drap marin. Quelquelois elle conserve ‘une consistance cornée dans toute son épaisseur ; en général cependant la proportion de carbonate de chaux qu’elle renferme augmente rapidement et lui donne une dureté pierreuse. Souvent sa surface interne est même plus dense que le reste, et présente une structure particulière qui la rend vitreuse ou chatoyante et nacrée. Quelquefois la coquille reste toujours renfermée dans l'épaisseur de la peau des mollusques ; mais, en général, elle est extérieure, et dé- | passe même les bords du manteau, de façon à fournir à l’animal un abri parfait. On donne communément le nom de mollusques nus à ceux qui sont dépourvus de coquilles ou qui n'ont qu'une coquille intérieure, et le nom de conchifères à ceux dont la coquille est visible au-dehors.
La manière dont la coquille s'accroît est facile à comprendre. Si on examine une coquille d’huître, par exemple, on voit qu'elle se compose d'une multitude de lames superposées dont on peut même déterminer la séparation à l'aide de la chaleur. Ces lames ont été formées successivement par le manteau de l’animal, qu’elles recouvrent, et par conséquent c'est la plus extérieure qui doit être Ja plus ancienne ; c’est elle aussi qui est la plus petite, et chaque nouvelle lame qui vient s’y ajouter dépasse la lame située audessus, de façon que la coquille, en même temps qu’elle augmente "d'épaisseur, s’élargit rapidement. En général, la distinction des ‘lames composantes est moins marquée, et souvent les matières nouvelles se déposent sur le bord de la coquille seulement et de manière que leurs molécules correspondent exactement aux mo- . écules de la partie déjà consolidée ; ce qui donne au tout une structure fibreuse.
Les couleurs les plus variées et les plus agréablement disposées ornent les coquilles, et varient souvent avec l’âge. Presque toujours elles sont tout-à-fait superficielles et semblent dépendre d'une sorte de teinture opérée par la peau de l'animal, qui est peint d’une manière correspondante à celle de son enveloppe. La matière colorante paraît être déposée sur la coquille au moment de sa formation : aussi est-elle d'autant plus vive que cette dernière est plus jeune. C'est le bord du manteau qui la produit.
$ 248. L'appareil digestif de ces animaux est très développé. IL existe toujours un foie volumineux, et souvent on trouve aussi des glandes salivaires et des organes de mastication; mais les intestins ne sont jamais retenus à l’aide d’un mésentère. Leur sang est incolore ou légèrement bleuâtre, et circule dans un appareil vasculaire très compliqué, composé d’artères et de veines. Un cœur, formé
d'un ventricule et d'une ou deux oreillettes , se trouve sur le trajet du sang artériel, et envoie ce liquide dans toutes les parties du corps, d'où 1l revient à l'organe de la respiration. Quelquefois on rencontre aussi, à la base des vaisseaux qui pénètrent dans ce der= nier appareil, des réservoirs veineux nommés cœurs pulmonaires:
Quant à la disposition des organes de la respiration, elle varié trop pour que nous puissions en parlerici. Nousdirons seulement que tantôt ils ont la forme de poumons, d’autres fois celle de branchies:
$ 249. Nous ne pouvons dire non plus rien de général sur la structure des organes des sens, qui, du reste, sont toujours moins complets que chez les animaux vertébrés. Certains mollusques me paraissent doués que du sens du toucher et du sens du goût ; maïs chez un grand nombre on trouve des yeux, dont la structure varie, et chez quelques uns de ces animaux il existe même un appareil de l’ouie; mais on n'en connaît pas qui soit pourvu d’un organe particulier pour l’odorat.
Les mollusques naissent d'œufs et ne se multiplient jamais par bourgeons, comme cela a lieu pour la plupart des molluscoïdes ; mais tantôt ces œufs éclosent au dehors, tantôt dans l’intérieur du corps de leur mère, et alors les petits naissent vivants. Dans tous les cas, ces animaux viennent au jour ayant déjà à peu près la forme qu'ils doivent conserver, et n’éprouvent pas de métamorphoses.
$ 250. Le sous-embranchement des mollusques proprement dits se compose de quatre groupes principaux ou classes, auxquelles on a donné les noms de céphalopodes, de gastéropodes, de ptéropodes et d'acéphales. Nous allons en faire connaître les caractères les plus saillants.