‹ Cahiers d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 71 sur 84 · CLASSE DES SPONGIAIRES · texte numérisé non relu

CLASSE DES SPONGIAIRES

$269. Les Eponges (pl.15, fig.10)et les autres corps d’une structure analogue n’offrent les caractères les plus saillants de l’animalité que pendant les premiers temps de la' vie, et ressemblent plus tard à des végétaux informes plutôt qu’à des animaux ordinaires. Lors de la naissance, ces singuliers êtres ressemblent assez à certains infusoires ; leur corps est ovalaire et garni partout de cils vibratils à l’aide desquels ils nagent dans l’eau : sous ce rapport, ils ressemblent aussi aux larves de divers polypes au moment où elles sortent de l’œuf ; mais bientôt les jeunes spongiaires se fixent contre quelque corps étranger, deviennent complétement immobiles, ne donnent plus aucun signe de sensibilité ni de contractilité, et en grandissant se déforment complétement. La substance gélatineuse de leur corps se crible de trous et de canaux traversés sans cesse par. l’eau, et il se développe dans leur intérieur une multitude de

ZOOPHYTES. — SPONGIAIRES. Re à

flaments cornés et de spicules, tantôt calcaires, tantôt siliceux , qui, disposés en faisceaux entre-croisés , constituent une espèce de charpente solide. Enfin, à certaines époques de l'année, on voit se développer, dans la substance de ces masses informes, des corpuscules ovoïdes ou sphériques qui tombent dans les canaux dont il vient d’être question, et qui, entraînés en dehors par les courants dont l'éponge est sans cesse traversée, constituent les espèces de larves ou corps reproducteurs doués de la faculté locomotive mentionnée plus haut.

On connaît un grand nombre de spongiaires ; la plupart sont propres aux mers des régions chaudes, mais plusieurs habitent les ‘rochers de nos côtes. Celles dont on fait un si grand usage dans l'économie domestique se distinguent par la nature purement cornée et par l'élasticité des filaments dont leur charpente solide se ‘compose : l’une de ces espèces, l'éponge commune, se trouve en grande abondance dans la Méditerranée ; l’autre, appelée éponge usuelle, est propre aux mers d'Amérique. Ces corps sont l'objet d’un commerce important, et, pour les préparer aux usages auxquels on les destine, il suffit de les bien laver pour détacher de leur squelette corné la matière animale dont il est naturellement ‘recouvert.

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