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GRAINE, EMBRYON

$ 259. La graine estla partie du fruit parfait qui estcontenue dans l'intérieur du carpelle et qui renferme le corps destiné à devenir un nouveau végétal. Nous savonsque, dans la première portion de son développement, avant la fécondation, la graine est nommée ovule, qu’elle naît du placenta, nommé encore trophosperme, et qu'elle est souvent portée par un funicule, appelé aussi podosperme.

La graine se compose de deux séries d'organes, savoir : les parties accessoires et les parties essentielles.

Les parties accessoires dela graine se divisent en spermoderme ou épisperme, nom général sous lequel on comprend les enveloppes ou la peau de la graine, eten albumen ; — la partie essentielle est l'embryon.

L'albumen, qu’on appelle aussi périsperme ou endosperme, est un corps intermédiaire entre le spermoderme et l'embryon qui entoure ce dernier, et qui constitue d'ordinaire un dépôt de matière nutritive. En général, il est formé d’une sorte de tissu cellulaire, dans les aires duquel se trouve de la fécule (comme dans le Blé) ; d’autres fois il renferme des matières grasses (dans le Ricin, par exemple); souvent il est très-mince, et quelquefois même il manque complétement.

L'embryon (pl. IX, fig. 31 et 33), ou partie essentielle de la graine, est le rudiment dela plante nouvelle que celle-ci est destinée à produire. Dans les plantes dépourvues d’un albumen ou périsperme, l'embryon constitue à lui seul l’amande, et remplit le spermoderme. On luidonne alors le nom d’embryon épispermique , parce qu’il est recouvert immédiatement par l’épisperme, ou couche interne du spermoderme. Mais dans les végétaux pourvus d’un albumen, l’amande se compose de celui-ci, réuni à l'embryon qui prend alors le nom d’embryon endospermique. Dans ce dernier cas, la position de l'embryon peut varier beaucoup : tantôt il est simplement appliqué sur un point de la surface de l’albumen, qui offre pour le recevoir une petite fossette superficielle, comme dans le Blé, ou bien il est roulé autour de l’albumen de façon à l’envelopper plus ou moins complétement, comme dansla Belle-de-nuit ; on le dit alors extraire ; enfin d’autres fois il est lui-même totalement renfermé dans l’intérieur de l’albumen, et prend alors le nom d’embryon intraire, comme dans le Ricin.

On distingue dans l'embryon, ou la jeune plante encore enfer-

mée dans la graine, trois parties principales : la radicule, la plumule et les cotylédons (pl. IX, fig. 31 et 32).

La radicule est la jeune racine, qui, avant la germination, est toujours simple, mais qui, en se développant, se divise plus ou moins, et tend continuellement à s’enfoncer vers le centre de la terre.

La plumule, ou la jeune tige, est quelquefois peu visible avant la germination ; d’autres fois, aussi longue que la radicule avec laquelle elle se continue inférieurement ; en se développant elle’s’allonge en sens inverse de celle-ci, et par conséquent tend toujours à s'élever. On y distingue deux parties, savoir : la tigelleet la gemmule, situées l’une au-dessous, l’autre au-dessus des cotylédons.

Les cotylédons sont des appendices latéraux qui représentent les premières feuilles. Ils sont presque toujours épais et charnus dans les plantes privées d’albumen, mais mince et membraneux dans les graines endospermiques. Ils paraissent servir à fournir à la jeune plante les premières matières alimentaires, et varient en nombre : tantôt il n’y en a qu’un seul, tantôt il y en a deux ou plusieurs.

Les plantes dont la graine ne forme qu’un seul cotylédon sont nommées monocotylédones ; celles dont la graine possède deux ou plusieurs cotylédons sont nommées dicotylédones.

Lorsque les graines sont mûres, ou peu de temps après, elles se séparent de la plante : tantôt le fruit s'ouvre spontanément pour leur donner issue ($ 234) ; d’autres fois il se détache sans s'ouvrir, et le péricarpe se sème en totalité ou en partie avec la graine. La plupart des graines tombent à la surface du sol, et la nature emploie des moyens très-variés pour en assurer la dispersion : tantôt, elles sont surmontées d’une aigrette qui donne prise au vent ($ 183): d’autres fois elles sont garnies d’espèces d'ailes, de façon à être facilement entraïnées au loin ($ 239) ; souvent elles sont transportées à des distances considérables par le courant des rivières ou de la mer. On voit quelquefois cette dissémination s’opérer d’une manière encore plus singulière, car il arrive fréquemment que des oiseaux mangent des fruits dont ils ne digèrent pas les graines, et que celles-ci, expulsées avec les excréments dans un lieu plus ou moins éloigné, germent et se développent.

Le nombre des graines est tellement considérable dans la plupart des végétaux, que, si chacune d’elles germait,le produit d’un terrain de quelques lieues carrées équivaudrait, selon plusieurs calculs, à la végétation du globe entier. Ainsi on a compté jusqu’à 160,000 graines sur un seul pied de Tabac, 629,000 sur un pied d'Orme. Mais celte apparente prodigalité n'est, de la part de la nature, qu'une sage prévoyance des causes nombreuses de destruction dont les graines sont menacées.

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