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ESSAIS AU CHALUMEAU

difficulté, et qu'un conseil pratique apprendrait mieux à observer que tous les conseils de la théorie.

& 34. Quand on est parvenu à entretenir, sans fatigue et d'une manière continue, le courant d'air nécessaire, il faut encore apprendre à employer la flamme. En général, on se sert de la flamme d’une bougie , qui n’a pas, comme la chandelle , l'inconvénient de couler et de donner une épaisse fumée, ou bien on emploie la flamme d’une lampe à esprit de vin, qui développe une chaleur supérieure.

Pour peu qu’on ait examiné attentivement la flamme d'une bougie, on y a remarqué plusieurs parties de dimensions inégales, parmi lesquelles on peut en distinguer principalement quatre (pl.1, fig. 2). A la base se trouve une petite partie d’un bleu sombre (a b) qui s'amincit en s'éloignant de la mèche, et disparaît au point où la flamme s'élève. Au milieu est un espace obscur (a c) qui se voit à travers la portion brillante, et qui renferme les gaz émanés de la mèche, dont la combustion ne peut avoir lieu parce qu'ils ne sont point encore en contact avec l'air. Cet espace est enveloppé de la partie brillante, de la flamme proprement dite, autour de laquelle se trouve une dernière enveloppe (bd) dont la plus grande épaisseur correspond au sommet de la flamme brillante et qui est elle-même peu lumineuse. C'est dans cette partie que la combustion des gaz est le plus active, et la chaleur. par conséquent, plus intense.

En dirigeant le bec du chalumeau dans le milieu de la flamme (pl. 4, fig. 3), les parties changent de position respective : devant le bec du chalameau se montre la flamme bleue {a b) qui tout-àl'heure entourait la base de la flamme, et qui maintenant est enfermée dans son intérieur, sous forme de petit cylindre ; à l’extrémité de cette flamme bleue est le lieu du maximum de température, comme dans la flamme non activée par le chalumeau. Mais dans celle-ci, ce lieu était une zone, tandis qu'il se réduit maintenant à un point, qui profite de toute la chaleur développée par la masse d'air condensée que le chalumeau verse sur l’espace étroit du milieu de la flamme, et qui auparavant s’étendait sur tous les points de sa surface.

$ 35. Dans les essais au chalumeau , on n'a pas seulement besoin d'obtenir la fusion de la substance; un point important est d'en produire à volonté l'oxydation ou la désoxydation, et l'on emploie, pour atteindre l’un ou l’autre de ces deux résultats, deux manières d'opérer qui se distinguent, la première sous le nom de feu d'oxy-

dation, la seconde sous le nom de feu de réduction. ,

Pour obtenir un feu d’oxydation, on chauffe la matière d’essai à l'extrémité du jet de flamme, au contact de l'air, là où les parties

sont saturées d'oxygène, et l'on emploie un bec d'une ouverture! plus large que dans les autres cas, afin d'écarter la flamme.

Pour opérer la réduction, on se sert d’un bec plus fin, de façon à donner naissance à une flamme brillante, résultat d’une combustion imparfaite, et dont les parties non consumées enlèvent sans cesse l'oxygène à la substance en essai. Cette substance doit être chauffée dans l'intérieur de la flamme, de manière que la portion brillante l'enveloppe de tous côtés, et la garantisse ainsi du contact de l'air.

$ 36. Pour exposer la pièce d'essai au dard du chalumeau, on se sert de plusieurs supports. Souvent on la place sur un charbon, à la surface duquel on a creusé une petite cavité avec la pointe d'un couteau, et qu’il faut choisir d’un tissu serré, afin que la substance fondue ne pénètre pas dans les cavités de sa masse. On emploie aussi une pince de plaiine qui présente une mâchoire à chaque extrémité (pl. 1, fig. 4): l’une (a) doit être pressée par la main pour saisir les objets ; l’autre (b) est à ressort et reste naturellement fermée ; pour l'ouvrir il faut presser sur deux petits boutons (c, c); elle porte deux petites lames de platine effilées (bd). Une petite cuiller de platine, une lame de platine amboutie en forme de capsule, un fil de platine recourbé de manière à former crochet et à présenter ainsi un point d'appui à la substance, sont aussi des supports très employés, ce dernier surtout.

$ 37. La constatation seule de la fusibilité ou de la non -fusibilité, à l’aide du chalumeau, suffit souvent pour faire prononcer entre deux substances dont l’aspect vous laisse indécis. Ainsi la fusibilité de l’Argent le distingue du Platine; celle du Grenat le distingue du Rubis ; celle de l'Émeraude incolore la distingue du Cristal de roche.

Le degré de fusibilité d’une substance, qu’on apprécie en tenant compte de la température produite, de la grosseur des fragments employés, du temps mis à la fondre, la caractérise encore.

Mais ce qu'il est important de constater, ce sont les circonstances qui accompagnent la fusion. Ainsi les arséniures, avant de se fondre, éprouvent une sorte de grillage et émettent des vapeurs d’une odeur alliacée; la plupart des hydrates se boursouflent, ainsi que plusieurs minéraux qui contiennent de l'acide borique, etc., comme la tourmaline.

$ 38. Ces indications précieuses fournies par le chalumeau seraient néanmoins assez restreintes, si l'on n'avait les moyens de faciliter la fusion par l'addition de certains fondants et de rendre plus sensibles les caractères’ des substances à l’aide de certains réactifs, c'est-à-dire de certains corps qui, par leur réaction sur

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