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DISPOSITION DES ROCHES

100° de notre thermomètre ordinaire; et à 20 kilomètres, ou cinq lieues de poste, au-dessous de la surface, la chaleur paraît devoir être assez intense pour fondré la plupart des roches ; enfin, vers le centre du globe, la température, si elle augmente toujours suivant la même loi, dépasserait celle de nos forges les plus puissantes, et fluidifierait tous les corps connus : aussi devons-nous penser qu'à une profondeur qui n’est pas très considérable, la terre est à l'état de fusion ignée , et que c’est la surface seulement de cette masse fluide qui, s’étant solidifiée par le refroidissement, constitue une sorte de croûte ou de pellicule.

$ 5. Il paraît bien démontré, disons-nous, que le globe était autrefois dans un état d’incandescence, et s’est refroidi. peu à peu ; mais il ne faut pas conclure que ce refroidissement continue encore de nos jours : il est arrivé à peu près à son terme. Depuis les temps historiques, la température du globe n'a pas sensiblement changé, et par de savants calculs, on a pu prouver que la surface de la terre reçoit du soleil, pendant une année, une quantité de chaleur à peu près équivalente à celle qu’elle perd dans le même espace de temps; la chaleur de l’intérieur de la terre n’exerce plus sur la température de cette surface qu’une influence insensible, el pour que cette influence, presque nulle, fût diminuée de moitié, de sorte que l'accroissement de température ne fût plus que de 1/2 degré pour 33 mètres, il faudrait qu'il s'écoulât plus de 30,000 années.

$ 6. Nos connaissances sur la partie centrale du globe se bornent à ce que nous venons de dire sur sa pesanteur, sa densité, sa température et son état de fluidité ; mais la croûte solide qui en occupe la surface a pu être mieux étudiée.

Cette croûte n'est pas formée tout d’une pièce , elle se compose d'un grand nombre de matériaux différents. L'étude particulière de chacune de ces substances appartient à la minéralogie ; celle de leurs rapports mutuels et du rôle plus ou moins important quelles jouent dans la constitution du globe, est du domaine de la géologie.

$ 7. On donne, en général, le nom de roches aux substances minérales qui, réunies en masses plus ou moins considérables, constituent pour ainsi dire les matériaux essentiels du sol : le nom de terrains s'applique aux diverses réunions de roches qui paraissent s'être formées dans des circonstances identiques. Le mot de roches ainsi défini n'implique aucune idée d'état pierreux ou mou, de corps volumineux ou petit, de structure dense ou lâche, d'origine aqueuse ou ignée ; l’Argile, malgré son état de mollesse , le Sable, bien

qu'il soit meuble, sont des roches aussi bien que le Granite ou le

Calcaire. ; Lorsqu’on examine les flancs des montagnes, les excavations

creusées par notre industrie, et diverses autres localités favorables

aux études géologiques, on s'aperçoit bientôt qu'il existe un grand nombre de terrains différents, et que ces terrains forment, en général, des couches ou étages quise recouvrent les uns les autres. Pour s’en convaincre, il n’est pas nécessaire de visiter les pays lointains , il suffit d'examiner ce qui nous entoure. Aïnsi un géologue qui se promènerait dans les environs de Paris (1), et qui descendrait dans les vastes catacombes creusées sous le quartier Saint-Jacques, où dans l’une des carrières dont la plaine de Mont- Rouge est criblée, verrait que, dans toute cette partie de la banlieue, la terre végétale repose sur une roche très résistante, et il reconnaîtrait sans peine que cette roche n’est autre chose que

la pierre de taille employée en si grande quantité pour la construc-

tion de nos habitations, et connue des naturalistes sous le nom de calcaire grossier. S'il se dirige ensuite vers la Bièvre, il trouvera que cette petite rivière coule sur une espèce de terre glaise ou argile plastique, qui se tire aussi du fond de divers puits situés dans le voisinage d'Arcueil, de Vaugirard, etc., et qui est employée pour la fabrication des poteries. Puis, s’il tourne à droite, il rencontrera, au Bas-Meudon , de la craie, roche de couleur blanche, qui renferme de gros cailloux disposés par couches régulières, est qui est exploitée pour la fabrication du blanc d’Espagne ou blanc de Meudon, dont on fait un grand usage pour la peinture commune. Si, un autre jour, il parcourt la rive droite de la Seine, et se rend

d’abord à Montmartre, il verra que toute la base de cette butte co-

nique est en grande partie composée de gypse ou pierre à plâtre. Ces banes de gypse s'étendent aussi depuis la butte Chaumont jusqu'à Nogent-sur-Marne , et se montrent dans plusieurs autres points , où ils donnent lieu à des exploitations actives. Un peu plus loin vers le nord , dans la plaine Saint-Denis, on rencontre une roche toute différente, qui se rapproche davantage du calcaire grossier, mais qui en diffère cependant beaucoup, et qui présente souvent

dans sa substance de petites cavités irrégulières tapissées de cris-

taux; cette pierre, appelée calcaire silicvux par les géologues, forme aussi, au sud-est de Paris, un immense plateau qui, dans la Beauce, n’est recouvert que par une couche de sable ; vers Orléans, on la voit reparaître , et c'est elle qui a fourni les matériaux em-

ployés pour la construction de la plupart des maisons de cette ville.

où

(1) Voyez Ja carte géc'ogiqne des environs de Paris, pl. 4.

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