PRODUITS VOLCANIQUES. A
c'est souvent sur les flancs ou au pied de la montagne, parfois - même à une certaine distance, que la lave se fait jour en soulevant généralement sur son passage de petits cônes par où s'échappe la matière eu fusion. |
On comprend facilement que la forme de la couléede lave dépend de la hauteur d’où elle provient, de la pente sur laquelle elle descend. de sa plus ou moins grande viscosité et de l'énergie de la force qui la pousse. Si l’éruption se fait dans un pays plat, la lave peut s’é . tendre en nappe horizontale, et former un lac dont la surface es sensiblement unie, comme cela est arrivé en Islande, au pied du Skaptar-Jokul, dans l’éruption de 1783, où la lave couvrit un espace de plus de 80 lieues carrées, sur une épaisseur considérable. Sur une pente très inclinée, la matière liquide ou pâteuse ne laisse sur le terrain qu'une traînée étroite et peu épaisse, scoriacée, cordelée et très poreuse. Quand la pente s'adoucit, les pores deviennent plus petits, la surface unie, et les portions disloquées se présentent en plaques plus ou moins épaisses. La surface extérieure du courant de lave se refroidit naturellement la première, et forme ainsi une croûte solide qui enferme, comme dans un sac, la portion intérieure encore liquide : quand l’éruption s'arrête, ce sac, dont les parois ne sont plus maintenues par la matière pâteuse intérieure, s’affaisse sur luimême et forme alors un canal dont les bords s'élèvent en bourrelets. Au fond de ce sac, la lave accumulée se termine en une: masse plus ou moins épaisse , ou culot. Dans les coulées épaisses, comme celle: du Jokul en Islande, du Vésuve, de l’Etna, la lave, par l'effet du retrait, se divise souvent en colonnes prismatiques sur toute sa hauteur, et ne conserve sa structure poreuse qu'à la surface.
$ 25. Dans les cas où la lave s'échappe par des crevasses qui la répandent à l’extérieur, elle reste en quantité plus ou moins considérable dans les cavités de ces crevasses, et constitue des filons, dans lesquels la matière est rarement poreuse. Cette matière, plus résistante que la roche environnante, peut persister, alors que celle-ci a été désagrégée par les influences atmosphériques, et rester comme une espèce de muraille au milieu de la plaine. On dé- signe ces sortes de digues sous le nom de Dikes (Deiques), qu'on Applique aussi aux filons eux-mêmes.
$ 26. Trachyte,.. Obsidienne, etc. — Les matières solides produites par les volcans se rapportent. généralement aux silicates anhydres (voy. page 446), et principalement au groupe des Feld- Spath, dans la description duquel nous en avons parlé (page 418). Telles sont :
4° Le Trachyte, roche âpre, compacte ou cristalline, à masse finement poreuse, en général tellement pâteuse qu’elle ne peut faire partie des coulées , et s’accumule sur l'ouverture même qui la vomit, en dômes plus ou moins élevés;
9e L'Obsidienne, dont certaines espèces se refroidissent promptement et s'arrêtent en larmes ou en culots épais sur des pentes même assez rapides ; cette roche, susceptible souvent de se boursoufler, devient généralement ponceuse, et ses pores s'allongent quelquefois de manière à lui donner une structure fibreuse « vn éclat soyeux ;
3° Les laves compactes, qui forment le centre des courants épais, et dont la base, de couleur foncée, est constituée en grande partie par le Labradorite, contenant des cristaux feldspathiques, de Pyroxène, rarement d'Amphibole (page 122), quelquefois du Mica (page 120), du Péridot (page 121);
L° Les laves poreuses, qui se trouvent à la surface des coulées épaisses ou dans les coulées étroites, et renferment les mêmes matières que les précédentes, avec une structure cellulaire ou poreuse ;
5o Les tufs volcaniques , les pouzzolanes, les lapülli, fragments de matières terreuses ; les conglomérats trachyliques, les tufs ponceux , dont les noms expriment la nature et la composition.
& 27. Basalte,.. Diorite,.. Trapp. — Un produit volcanique, qui ne se rencontre guère dans les laves des volcans modernes’, ést le basalte, roche d'un noir plus ou moins foncé, à base compacte de Labradorite, contenant du pyroxène noir, presque toujours de l'oxyde de fer magnétique, du péridot et des. cristaux feldspathiques.
Tantôt ces basaltes constituent des masses isolées, coniques, qui semblent résulter de l'accumulation d'un fluide pâteux immédiatement au-dessus de son orifice d'éruption, ou de la dislocation d'une coulée plus ou moins vaste : d'autres fois ils s'étendent en nappes continues d'une épaisseur variable, et Je plus souvent constituent ainsi de larges plateaux. En se refroidissant lentement, ces masses minérales immenses se sont fendues en divers sens; et comme ce refroidissement s est effectué d’une manière très régulière, et que leur texture est également très uniforme, il en est résulté que les fentes se sont en général faites aussi avec une grande régularité, et ont divisé la roche en un grand. nombre de fragments semblables entre eux. C'est de la sorte que les masses de basalte se sont en général divisées, comme nous l'avons, vu dans la coulée du Jokul, en une multitude de prismes vers ticaux, qui ressemblent à des colonnes serrées les unes contre les