‹ Cahiers d'histoire naturelleChapitre 189 sur 235 · VOLCANS ÉTEINTS · texte numérisé non relu

VOLCANS ÉTEINTS

autres lorsqu'on les voit de profil, et qui simulent une sorte de mosaique gigantesque , ou des pavés lorsqu'on en voit seulement la tranche supérieure.

Dans l'Auvergne et dans d’autres parties de la France, on rencontre un grand nombre de ces terrains basaltiques: mais leg plus célèbres sont les coulées qui constituent les colonnades de l'île de Staffa et des Hébrides, la Chaussée-des-Géants des côtes d'Irlande , etc.

Certaines roches noires, mélangées d'’albite ou d'amphibole, ou de composition inconnue, se rapprochent beaucoup des basaltes , et sont désignées sous les noms de Diorites, de Trapp, d'Amygdaloïdes.

$ 28. Volcans éteints. — L'origine volcanique de ces substances nest pas douteuse, et souvent, en les. Suivant, on arrive aux cratères qui les ont vomies, et qui se présentent encore à nous avec tous les caractères que nous avons reconnus aux cônes volcaniques.

Les volcans éteints ressemblent, par leur forme et pâr leurs produits, aux volcans actuellement en ignition: senlement ils on: subi des dégradations, et les laves qui en ont découlé différent d'autant plus des laves de nos jours, qu'elles sont plus anciennes.

La France n'offre aucun exemple de volcan moderne ; mais à des époques géologiques plus reculées , elle en possédait un grand nombre. La chaîne des montagnes de l'Auvergne , connue sous lu nom de Puys, se compose d'une cinquantaine de cônes volcaniques, dont le sommet est en général occupé par un cratère et dont le pied est entouré de longues coulées de laves. La conservation parfaite de ces volcans, la facilité avec laquelle on suit tous les accidents de leurs éruptions, la superposition fréquente de leurs laves à des roches plus anciennes et la texture de ces laves, sont des circonstances qui prouvent l'âge peu reculé de ces foyers, eti est souvent facile de se convaincre que les coulées de laves auxquelles ils ont donné naissance, se sont répandues sur la surface du sol environnant depuis que célui-ci a sa configuration actuelle : mais , d'un autre côté, la manière dont ces mêmes coulées de lave ont souvent été usées et creusées par les courants d'eau dont elleg interceptaient la marche, prouve aussi qu’elles doivent dater d’une époque antérieure à celle dont l’histoire conserve les annales.

Dans le voisinage du Rhin, entre les Ardennes et Cologne, on voit aussi des volcans éteints qui ressemblent beaucoup à ceux de nos jours, et qui ont la forme de montagnes coniques composées de déjections ignées et surmontées de cratères : mais on y en rencontre d'autres dont l'aspect est entièrement différent : ce sont de

vastes enfoncements circulaires creusés au milieu même du sol de cette contrée et remplis actuellement par de l’eau; ces enfoncements, dont la surface est ordinairement couverte de cendres volcaniques et de fragments de roches altérés par la chaleur, ne sont autre chose que des cratères ; seulement, au lieu d’avoir ‘été produits par l'éjection de laves et d’autres matières plus ou moins solides, comme les montagnes dont nous venons de parler, ils paraissent avoir été occasionnés par la sortie d’une quantité immense de vapeurs et de gaz, et semblent résulter d’une explosion souterraine. Quelques uns de ces cratères , transformés ainsi en lacs circulaires, et nommés fréquemment cratères--lacs , ont près d’une lieue de diamètre.

$ 29. Salzes. Fumarolles. Geyser. — À travers les crevasses du sol, et souvent loin des volcans, il se dégage continuellement du gaz hydrogène carboné (page 93), qui pousse quelquefois devant lui de l’eau ou des matières boueuses, et forme ce qu'on appelle des volcans d'air, des volcans de boue, ou des salzes, à raison des substances salines que le liquide renferme. Les salzes se présentent dans un grand nombre de localités, en Sicile, en Crimée, en Amérique méridionale dans la province de Cargène , etc. |

On désigne sous le nom de fumarolles des jets de vapeurs, qui s'élancent quelquefois jusqu’à 20 mètres, souvent avec un bruit qui indique la pression qu’elles supportent dans le sein de la terre, et qui rappelle celui des vapeurs qui s'échappent de nos machines. Les vapeurs des fumarolles contiennent différents acides, tels que l'acide chlorhydrique, les acides sulfureux et sulfurique ( page 400), l'acide borique (page 96), etc. |

Les eaux chaudes jaillissantes, tantôt continues, tantôt intermittentes sont désignées sous le nom général de Geyser. Une de ces sources qui se trouvent en grand nombre en Islande, projette, de demi-heure en demi-heure, une colonne d’eau bouillante de 6 mètres de diamètre, qui s'élève parfois à 50 mètres de hauteur. Les sources thermales, bien qu’elles présentent des circonstances différentes, se rapportent évidemment à des phénomènes du même ordre.

$ 30. Solfatares. — Les cratères éteints, nommés solfatares, laissent, en général, des gaz abondants s'échapper par -leurs fissures, et surtout du gaz sulfureux. Une des plus célèbres est la solfatare de Pouzzoles, qui ne paraît pas avoir jamais présenté d’autres effets que ceux dont elle nous rend aujourd'hui témoins.

& 31. Volcans sous-marins. — ]] existe aussi des volcans situés au fond des mers, et c’est de leur action que dépend l'apparition

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