TERRAIN HOUILLER
mais presque toutes appartiennent à la classe des cryptogames vasculaires : Ce sont principalement des fougères, des prêles, des lycopodes, c'est-à-dire des végétaux d'une structure très simple, mais qui atteignaient une taille gigantesque. Les fougères en arbres, dont les espèces actuellement existantes ne s'élèvent, même sous la zone torride, que de 6 à 8 mètres, et n'en ont en général que 2 à 4, avaient alors, loin destropiques, 44 à 48 mètres de haut, et d'autres plantes, dont les analogues ne sont aujourd'hui que des herbes, s'élevaient jusqu'à 20 et 23 mètres. Les plantes de la famille des conifères ont aussi concouru à la formation des matières charbonneuses.
À cette époque, il existait aussi des insectes assez semblables à des charançons et aux névroptères d'aujourd'hui; des scorpions, qui ne paraissent différer des espèces actuelles que par le nombre de leurs yeux; des mollusques d'eau douce , et des poissons très remarquables, qui se rapprochent des reptiles par certains caractères , et qui ont le corps couvert de grosses plaques solides.
Ce sont les débris des végétaux de cette période qui, accumulés en masses immenses et altérés par le temps et par d'autres causes encore, se sont transformés en cétte matière combustible, si précieuse pour notre industrie, que l’on connaît sous le nom de charbon de terre ou äe houille.
$ 70. Les couches houillères qui renferment ces grands dépôts de charbon se rencontrent d'ordinaire dans les bassins ou excavations plus ou moins profondes que présentent, soit le calcaire carbonifère, soit quelque autre terrain plus ancien. Il n’en existe pas dans toute la partie orientale de l'Europe, mais on en connaît un grand nombre en Allemagne, en Belgique, en France et surtout en Angleterre, ainsi qu'en . Amérique et même à la Nouvelle- Hollande. En France, nous possédons une soixantaine de ces bassins houillers, dont un des plus célèbres est celui de Saint-Etienne, ‘près de Lyon.
-«. Ce bassin est situé entre la Loire et le Rhône, vers le point où ces deux fleuves, coulant en sens contraire, sont le plus rappro- chés; il est formé par un terrain primitif composé principalement de gneiss et de micaschiste , et il est encaissé par les crêtes plus ou moins élevées qui se détachent des montagnes de la Haute-Loire et de l'Ardèche; sa forme est à peu près celle d’un triangle allongé, et sa direction est de l’ouest-sud-ouest à l’est-nord-est. Le terrain houiller y occupe une superficie de 221 kilomètres carrés (à peu près 55 lieues carrées), et va en se rétrécissant vers Saint-Chamond et Rive-de-Gier. Ce terrain est formé des débris des parois du bassin qui le renferme , et de houille disposée par couches alternatives qui arrivent jusqu'à la surface du sol. On y compte, dans les
points les plus épais, jusqu'à vingt et une de ces couches de: houille; mais, vers Saint-Chamond, on n’en trouve plus que trois : leur épaisseur moyenne (ou, pour nous servir du mot technique, leur puissance moyenne) est de 1 à 5 mètres, mais s'élève quelquefois jusqu à 8 ou 10 , ou même davantage ; elles offrent aussi, dans quelques points, des changements d'épaisseur considérables ou même des interruptions presque complètes. Quelquefois ces couches peuvent être exploitées à ciel ouvert , mais en général elles sont situées trop profondément, et sont séparées par dés couches schisteuses ou arénacées trop épaisses pour être accessibles de la sorte; pour y arriver, on est donc obligé de creuser des! puits plus ou moins profonds.
Il existe dans le midi de la France un grand nombre d'autres bassins houillers qui ressemblent beaucoup à celui de Saint-Etienne. Tels sont le bassin houiller de l'Aveyron, compris entre Rhodès et Séverac-le-Château, celui d'Aubin au nord-ouest du même département, celui d’Alais, etc.
Le vaste et riche dépôt de houille situé en Belgique et dans le nord-est de la France, entre Liége et Valenciennes, présente ‘une disposition différente, car il repose sur le calcaire carbonifère et sur le vieux grès rouge, lesquels s'appuient à leur tour sur des terrains de transition, et il est en majeure partie recouvert par des couches plus modernes.
Les diverses couches dont se compose le terrain houiller se sont déposées horizontalement au fond des bassins qu'elles occupent, mais elles ne sont pas restées dans cette position; dans certains points, elles ont été soulevées, et, dans d'autres, elles se sont abaissées, de façon qu'elles sont devenues plus ou moins obliques, et que souvent elles sont pour ainsi dire contournées sur ellesmêmes; on remarque aussi que très souvent une certaine étendue de la masse formée par ces couches à été séparée des parties. VOIsines par une sorte de fente, et élevée ou abaissée à un niveau différent ; 1l est résulté que les lits de houille sont brusquement interrompus dans ces points, et se retrouvent plus loin à une hauteur différente. Ces accidents géologiques sont désignés par les: mineurs sous le nom de failles, que nous avons eu occasion de définir (S 57). |
Une partie de ce grand bouleversement du terrain houiller n’af: fecte pas les couches plus récentes dont il peut être recouvert, et par conséquent a dû s'effectuer à la fin de la: période géologique dont l'histoire vient de nous occuper. La cause en est le soulève ment du troisième système.
3° SOULÉVEMENT. TERRAIN PÉNÉEN : 175
| Soulèvement (3°) du système du nord de lPAugleterre ; à direction S. 50 E, à N, 50 O.
Ë S 71. La direction de ce système, postérieur à la formation du * terrain houiller, se présente dans des lignes de fractures dans la + partie septentrionale de la Bretagne, mais se reconnaît surtout » dans le nord de l’Angleterre, où ces lignes et des lignes de faîte s'étendent de la hauteur de Derby jusqu'aux frontières de l'Ecosse, à travers l'Yorkshire:; on en trouve des traces aux environs de Bristol, dans le sud de l'Irlande, et aussi en Norvége et en Suède. … La riche végétation qui ornait la surface de la terre durant la - période houillère paraît avoir été détruite tout entière par cette ré- » volution géologique, qui a été suivie de la formation de grands dépôts de fragments de roches plus anciens et de matières sablonneuses, ainsi que de l'épanchement de diverses roches d'origine ignée , telles que des porphyres (1).