TERRAINS TERTIAIRES
8 93. Comme nous venons de le voir, les géologues désignent ordinairement sous le nom collectif de terrains secondaires, la longue série de formations qui a commencé au-dessus des terrains de transition après la formation houillère, et qui se termine supérieurement par la craie; et ils appellent terrains tertiaires ceux qui sont plus récents que la craie et par conséquent supérieurs à elle, mais dont la formation a précédé l'époque actuelle.
Durant cette période les mers étaient bien moins, vastes qu'aux .
âges géologiques plus reculés, et par conséquent les dépôts sédimentaires formés dans le sein des eaux offrent moins d'étendue et sont plus isolés. Leur formation s’est effectuée aussi sur divers points du globe à des époques différentes, et pour suivre l'ordre chronologique dans leur histoire, il faut les subdiviser en trois groupes : ter rains tertiaires inférieurs , moyens et supérieurs. À l'époque contemporaine du dépôt de chacune de ces séries de terrains, il existait des êtres organisés d'espèces particulières, mêlées à d'autres espèces communes aux périodes précédentes ou suivantes ; mais la faune de toutes les portions de cette période présente certains caractères communs , et parmi ces caractères le plus remarquable est, sans contredit, l'existence d’un grand nombre de Mammifères. Nous avons vu {$ 85) que les terrains de transition et les terrains secondaires n’ont offert jusqu'ici qu'un seul exemple de fossile qui puisse étre considéré comme appartenant à la classe
des Mammifères : dans les terrains tertiaires, au contraire, les os- :
sements de ces animaux abondent, et nous révèlent l'existence ancienne de Mammifères qui, pour un grand nombre, sont détruits depuis longtemps, et ont disparu de la surface du globe.
$ 94. Terrains tertiaires inférieurs. — Terrain parisien. — La où Paris élève maintenant ses élégants monuments, se trouvait alors un vaste golfe, où plusieurs grandes rivières paraissent avoir mêlé leurs eaux douces aux eaux salées de la mer, où sont venus s’enfouir dans une boue argileuse un mélange de coquilles maritimes , fluviatiles et terrestres, ainsi que des débris de plan-
tes. Plus tard, ce même bassin a été le séjour de milliers de mol-
lusques (1), de polypes à dépouilles pierreuses, de poissons et même de grands cétacés , tels que des dauphins, des lamantins et des baleines: tandis que sur les terres voisines paissaient tran— quillement des paleotheriums (2), des anoplothériums (3) et autres mammifères dont l'organisation se rapproche de celle des pachydermes de nos jours, des rongeurs, etc.
(4) PL 7, fig. 18. — (2) PI. 7, fig. 13. — (5) FI. 7, fig. 14: