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TERRAIN PARISIEN

C'est alors. que se. sont formées ces couches nombreuses et étendues de calcaire grossier, dont nous avons déjà parlé comme occupant tout l’ouest du bassin de Paris (1), et comme fournissant pour nos constructions de si belles pierres de taille; elles surmontent l'argile plastique qui tapisse le fond du bassin , Et qui est employée à faire de la faïence, des poteries communes, des briques, elc., Suivant qu'elle est blanche comme à Moret et dans la forêt de Dreux, ou colorée en gris ou en rouge comme dans tout le sud de Paris.

Il est à présumer que le vaste dépôt de calcaire siliceux quirecouvre la portion sud-est de ce bassin s’est effectué à peu près à la même époque que le calcaire grossier, mais s’est étendu audessus vers son point de jonction avec ce terrain marin, et s’est formé dans des eaux devenues trop peu salées pour être habitées par des animaux de mer, car les coquilles qu’on y rencontre sont toutes fluviatiles ou terrestres.

Enfin de grands amas de gypse Où pierre à plâtre se sont formés vers la partie centrale du même bassin, et reposent sur les deux roches calcaires dont nous venons de parler. Puis au-dessus de ces dépôts sont venus s’accumuler des sables marins mêlés à des, coquilles d'huîtres, des débris de poissons, etc.

Soulèvement (10°) du système de Corse et de Sardaigne ; direction N,S.

$ 95. Après la formation du terrain parisien s’est manifestée la révolution qui, par des soulèvements et des démembrements, a donné la dernière forme aux montagnes qui bordent les hautes vallées de la Loire, de la Saône et de l'Allier; mais, dans la plupart des lieux où elle s’est produite, cette catastrophe n’est plus marquée, comme les précédentes, par le relèvement des couches dont la formation l’a immédiatement précédée, par la raison que le calcaire parisien a manqué dans ces lieux. L'absence de ce dépôt indique que le sol avait été porté au-dessus des eaux par le soulèvement pyrénéen; mais comme il a été ensuite recouvert par la formation tertiaire moyenne, il faut conclure qu'il s’est postérieu-rement affaissé. Ce résultat est précisément celui qu'il faut attribuer à la catastrophe, partout où ne se présente pas le calcaire parisien, dans la Touraine, la plus grande partie de la Gascogne, toute la Suisse, la vallée du Rhône de Lyon à la mer, plusieurs parties de l'Italie, de la Corse, de la Sardaigne. Ces deux dermières îles sont allongées dans un même alignement, aussi bien que quelques chaînes, en Toscane, dans les États de l'Église, en Istrie, en Albanie, en Grèce, etc.

(1) PI, 5, fig. 2, et pl. 3.

S 96. Terrains tertiaires moyens OU terrain de molasse. — Les nouveaux terrains qui constituent le second étage de la grande formation tertiaire, se Sont déposés , soit au-dessus des terrains tertiaires inférieurs du bassin de Paris, où ils constituent le grès de Fontainebleau , le calcaire de Château-Landon, les meulières de Meudon , de la forêt de Montmorency, etc. (1), soit dans d'autres localités, telles que les dépôts fragmentaires de coquilles, connus sous le nom de Faluns en Touraine, les terrains tertiaires des environs de Bordeaux et de Dax (2), les molasses de la Suisse, etc.

Pendant cette seconde partie de la période tertiaire, les animaux, soit terrestres, soit aquatiques, Sont devenus plus nombreux et plus semblables à ceux de nos jours ; il existait alors un grand nombre de mollusques appartenant à des espèces qui peuplent encore les mers de l'époque actuelle, mais les êtres les plus remarquables sont des rhinocéros , des hippopotames, des hyènes et des singes d'espèces particulières, ainsi que des mastodontes , des paléothériums, des lophiodons et autres mammifères appartenant à des genres perdus.

La molasse est très riche en lignites, auxquels se rapportent ceux du Languedoc, de la Provence, de la Suisse, la plupart de ceux de l'Allemagneet la terre de Cologne (voy. page 124) ; ces lignites paraissent être, en grande partie, formés de conifères. Ce terrain contient encore beaucoup de débris des dicotylédones actuelles , et des bois qui présentent la structure des monocotylédones, des palmiers. |

Soulévement (11°) des Alpes occidentales ; direction N. 260 E. à S, 260 O.

897. C'est vers la fin de la seconde époque de la période tertiaire que s’est effectué un nouveau soulèvement dans la région des Alpes. Une partie de cette chaîne compliquée de montagnes existait déjà depuis longtemps. Ainsi , les Alpes de la Provence et du Dauphiné, qui se rattachent à un système dont le Mont-Viso est le point le plus remarquable, datent, comme nous l'avons dit

& 89 ), de l'intervalle écoulé entre le dépôt de l'étage inférieur et celui de l'étage supérieur des terrains crétacés ; d'autres portions de la région alpine ont été redressées en même temps queles Pyrénées, c'est-à-dire depuis la période crétacée , les environs de Castel- Gomberto, par exemple: et dans les montagnes qui lient les Alpes au Jura, on reconnaît les traces d'un soulèvement contemporain de celui de la Corse, dont il a déjà été question ($ 95) comme ayan eu lieu après le dépôt de la première série des terrains tertiaires Mais c'est à des époques plus récentes que la plus grande parti de cette majestueuse barrière élevée entre l'Italie et les pays di

(1) PL 5, fig. 2. — (2) PL. 5, fig. 2et5.

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