EU PIE ZOOLOGIE
tale de l'Amérique, se rapportent aussi à cette grande division de! l'espèce humaine. |
Les Malais, qui occupent l'Inde au-delà du Gange et une grande : partie de l'archipel Asiatique, constituent, suivant quelques naturalistes, une variété distincte de la Mongolique et de la Caucasique ; mais la plupart des auteurs les regardent comme provenant d'un mélange de ces d'ux races.
Enfin, les races Mongoliques paraissent s'être étendues dans les régions hyperboréennes des deux hémisphères: car c’est avec elles qu'ont le plus d’analogie toutes les peuplades abâtardies que l'on rencontre depuis le cap Nord en Europe jusqu'au Groënland , | et que l’on connaît sous le nom de Lapons, de Samoièdes, d'Es- | quimaux, etc. |
Une troisième branche bien distincte de l'espèce humaine est la vanité Érmiorique ou Nèçre, caractérisée par son crâne com primé, son nez écrase, ses mâchoires saillantes, ses grosses lèvres, ses cheveux crépus et sa peau plus ou moins noire. Elle est con finée au midi de l’Atlas, et paraît se composer de plusieurs races bien distinctes, telles que la Mosambique, la Boschimane et la Hottentote.
La population primitive de l'Australasie et des archipels nombreux de l'Océanie est aussi une race noire qui à beaucoup d'analogie avec celle des nègres Mozambiques , mais dont les cheveux, quoique rudes, sont lisses; du reste, ces peuplades barbares et misérables, auxquelles on a donné le nom d'Alfourous, ne sont encore que peu connues.
Entin , les indigènes de l'Amérique sont regardés par la plupart dos naturalistes comme ne pouvant étre rapportés à aucune des {rois variétés de l'espèce humaine dont l’anaen monde est peuplé. {Is sont en général remarquables par leur teinte rouge de cuivre, icur barbe rare et leurs cheveux longs et noirs ; mais ils diffèrent beaucoup entre eux. Les uns ont la plus grande analogie avec les races Mongoliques de l'Asie; d’autres, au contraire, se rapprochent un peu des formes européennes. Leur nez est aussi saillant que le nôtre, et leurs yeux sont grands et ouverts.
$ 115. Les Sixcrs sont de tous les mammifères ceux qui ressemblent le plas à l'homme; mais ils ont des mains aux membres abdominaux aussi bien qu'aux membres thoraciques, et par con- séquent au lieu d'être des bimanes , ce sont des quadrumanes. Ils sont essentiellement frugivores, et leurs dents ont la plus grande similitude avec celle de l'homme ; leurs molaires sont tuberculeuses comme les nôtres, et leurs incisives au nombre de quatre à chaque mâchoire; mais leurs canines sont beaucoup plus longues Ce sont des animaux de moyenne ou de petite taille, dont le crâne est pres-
que toujours arrondi, le museau médiocrement prolongé, le cou court, le corps svelte et les membres grèles et longs (pl. 7, fig. 4). Ils sont couverts d'un poil assez serré, long et soyeux; néanmoins leur ressemblance avec l'homme est quelquefois extrême, et il en est qui, dans le jeune âge, n’ont pas la ligne faciale notablement plus oblique que beaucoup de nègres ; par les progrès de l'âge leur museau devient toujours beaucoup plus saillant, et chez quelques singes cette partie de la face se développe au point de ressembler à. celle d'un chien (fig. 7). Les gestes et les allures de ces animaux ont souvent beaucoup d'analogie avec les nôtres. Plusieurs se tiennentfacilement dans une position presque verticale, surtout lorsqu'ils peuvent s’aider d’un bâton comme nous nous servons d'une canne, et on en voit qui marchent de la sorte, mais ce n'est jamais d'une manière aussi sûre que l'homme ; ils sont au contraire admirablement bien organisés pour grimper de branche en branche. La longueur et la flexibilité de leurs membres, l'existence d'une main à l'extrémité de tous ces organes, la grande énergie de leur système musculaire, leur permettent de déployer alors une agilité étonnante , et la nature a, en outre, pourvu plusieurs de ces ani-
maux d'une longue queue préhensible qui leur sert comme d'une cinquième main pour se suspendre aux branches, se balancer dans
les airs et prendre leur élan lorsqu'ils veulent sauter d'un arbre à un autre.
Les Singes sont propres aux pays chauds; une seule espèce vit sauvage en Europe, sur les rochers de Gibraltar, et, chose très remarquable, ceux du Nouveau- Monde ont tous des caractères qui les distinguent de ceux de l’ancien continent.
On donne aussi le nom de quadrumanes à quelques autres mammifères dont l'organisation est très analogue à celle des Singes ; les Ouistitis et les Makis, par exemple.
$ 416. Le chien, le chat, le lion et les autres mammifères carnassiers présentent des caractères qui ne permettent de les confondre ni avec ceux dont il vient d'être question, ni avec les insectivores , les rongeurs, etc. De même que les bimanes et les quadrumanes , ils sont onguiculés, c'est-à-dire pourvus de petits ongles et non de sabots ; leur bouche est armée de trois sortes de dents ; mais ils n'ont pas le pouce opposable aux autres doigts ; leurs dents molaires sont tranchantes et propres à couper de la chair (pl. 7, fig 9).
D'après le genre de vie de ces animaux, on peut prévoir que leur canal intestinal doit être moins volumineux et moins long que chez les mammifères qui se nourrissent de substances végétales. Les carnassiers , pour saisir et dévorer une proie, qui souvent se débat contre eux, ont besom d’une force considérable dans leurs
*rèchoires : aussiles muscles servant à rapprocher ces organes sont- 418 très volumineux , ce qui donne à la tête de ces animaux beau- «coup de largeur. En général, leurs mâchoires sont très courtes, et ñe mode d’articulation de cet os avec le crâne indique aussi que les “ients sont destinées à couper la chair, mais non pas à broyer de l'herbe ou des racines ; l'articulation est dirigée en travers et serrée comme un gond , de façon à s'opposer à tout mouvement latéral ét à ne permettre à la bouche que de s'ouvrir et de se fermer <omme le feraient des branches de ciseaux. Les dents canines sont «rosses, longues et écartées entre elles: les incisives, au nomôre de six à chaque mâchoire, sont petites: enfin les molaires sont tantôt entièrement tranchantes, tantôt mélées seulement de tubercules mousses , et ne présentent jamais de pointes coniques disposées comme chez les insectivores (pl. 7, fig. 9). L'une des ærosses dents molaires est ordinairement beaucoup plus grande et plus tranchante que les autres, et porte le nom de dent carnassière ; derrière elle se trouvent une ou deux dents presque plates, ue l'on appelle tuberculeuses , et entre elles et les canines un nombre variable de fausses molaires. La forme et la disposition de ces diverses dents Sont en rapport avec les habitudes plus où moins carnassières de ces animaux. Ceux qui vivent le plus exclusivement de proie ont les dents les plus tranchantes etles mâchoires les plus courtes (ce qui en augmentela force), tandis que ceux qui se nourrissent de substances végétales aussi bien que de chair ont les dents, en majeure partie, tuberculeuses : aussi peut-on juger du régime plus ou moins carnivore de l'animal par la proportion de ces parties tranchantes et tuberculeuses.
Les animaux de cet ordre ont, en général, les pattes armées d'ongles crochus et propres à retenir ou même à déchirer leur proie ; il est aussi à noter qu'ils manquent presque complétement de clavicules. Ce mode d'organisation se rencontre dans le genre Chat, jes Hyènes, les Putois, les Martes , les Loutres, les Chiens, les Blaireaux, les Ours, etc.
$ 117. Le genre Cuar, que l'on peut considérer comme le type des Carnassiers, comprend non seulement les Chats ordinaires, mais aussi les Tigres, la Panthère, le Lynx, etc. Ce sont de tous les carnivores les plus fortement armés : leurs mâchoires, courtes, sont mues par des muscles prodigieusement forts ; leurs ongles rétractiles, qui se cachent entre les doigts dans l'état de repos par l'effet de ligaments élastiques, ne perdent jamais leur pointe ni leur tranchant. Leurs doigts sont au nombre de cinq aux pieds de devant et de quatre à ceux de derrière. Ils ont loue excessivement fine, et c'est le plus développé de leurs sens. Leur vue ne paraît pas avoir une portée très longue, mais ils voient bien le jour et la
nuit; leur prunelle se dilate et se resserre suivant la quantité de lumière: chezles uns elle est-allongée verticalement, chez les autres elle estronde. Ils font grand usage de leur odorat; ils le consultent avant de manger, et même toutes les fois qu'une cause quelconque vient leur donner de l'inquiétude. Leur langue est revêtue de pointes cornées très rudes. Leur pelage est en général doux et fin, et toute lasurface du corps très sensible au toucher; leurs moustaches surtout paraissent être le siége d'impressions très délicates. Doués d'une vigueur prodigieuse, ils n’attaquent cependant pas les autres animaux à force ouverte; la ruse et l'astuce dirigent tous leurs mouvements. [ls ne forcent jamais leur proie à la course ; mais, cachés le plus souvent dans un repaire touffu, près des sources d’eau vive, ils y attendent l'animal qui vient se désaltérer, et fondent d'un seul bond sur leur victime. |
A la tête de ce genre se place le Lion, long de cinq à six pieds. de l'extrémité du museau à l’origine de la queue, et caractérisé par sa tête carrée, le flocon de poils qui termine sa longue queue, la crinière qui revêt la tête, le cou et les épaules chez le mäle. C’est le plus puissant des animaux carnassiers Sa force est telle, que d’un Seul coup de pied il brise les reins d’un cheval, et que d’un coup de queue il terrasse l'homme le plus robuste. Il peut franchir d’un Seul bond un espace de trente pieds , et il traîne les plus gros Pœufs à de grandes distances. Autrefois répandu dans les trois parties de l’ancien monde, il paraît aujourd'hui presque confiné dans l'Afrique et quelques parties voisines de Asie,
L'animal que quelques auteurs appellent le Lion d'Amérique est une autre espèce du genre Chat, nommé Couguar, propre au Nouveau -Monde.
Le Tigre royal ou Tigre d'Orient, est un animal plus redoutable encore que le Lion; car il l'égale en taille et en force, et le surpasse en férocité; son poil est ras et jaune en dessus, avec des raies transversales noires. Il habite les Indes et y occasionne les plus grands ravages.
Le Jaguar, qui est presque aussi grand que le Tigre royal et presque aussi dangereux , habite les grandes forêts d'Amérique; son pelage est jaune en dessus, avec quatre rangées de taches noires en forme d'œil le long des flancs , et blanc rayé de noir en dessous. On le distingue quelquefois sous le nom de Tigre d'Amérique, et les fourreurs l’appellent la grande Panthère.
La Panthère , si remarquable par la beauté de son pelage fauve, à taches noires en forme de roses, est répandue dans toute l'Afrique et dans les parties chaudes de l'Asie; elle ressemble beau- Loup au Léopard qui habite les mêmes régions.
On donne le nom de Lynx à une autre espèce de Chat, remar-
quable par le pinceau de poils qui surmonte ses oreilles; son pe= lage est roux, tacheté de roux-brun ; il est indigène de l'Europe. tempérée, mais il a presque entièrement disparu des contrées. peuplées ; on le trouve encore dans les Pyrénées, les montagnes du royaume de Naples et en Afrique. Il grimpe sur les arbres, les plus élevés des forêts. et s'y tient caché entre les branches. pour épier sa proie. Sa vue est tellement perçante, que les anciens lui attribuaient la faculté de voir à travers les pierres des. murs ; cela est évidemment faux, mais il paraît qu'il distingue sa. proie à une distance beaucoup plus g grande que la plupart des car nivores.
Le Chat commun est originaire de nos forêts d'Europe. Dans son, état sauvage, 1] est gris- bran, avec des ondes transverses plus foncées, le “dessus pâle, le dedans des cuisses et des quatre pattes jaunâ(re , la queue annelée de noir. En domesticité il varie, comme chacun le sait, en couleur, finesse et longueur de poils. |
S118 Les Hyëxes (pl. 7, fig. 8) se distinguent des animaux du genre Car par le nombre de leurs doigts, qui est de quatre partout, par leurs ongles qui sont propres à fouir et qui ne se relèvent pas: pendant la marche, et par la disposition de leurs dents, dont la force est si grande qu'elle leur permet de briser les os des plus: fortes proies. Leur queue est courte et pendante, et au-dessous de: l'anus est une poche profonde, dans laquelle un appareil glandu= leux sécrète une matière visqueuse qui répand une odeur très désagréable. Le pelage est rude, peu fourni, composé de poils longs, qui forment une crinière sur le dos. Leur allure est des plus bizarres : elles tiennent leur train de derrière toujours beaucoup plus bas que celui de devant. Ce sont des animaux nocturnes, qui habitent les cavernes, et qui sont d’une voracité extrême ; ils vivent de cadavres, et en cherchent jusque dans les tombeaux ; ils ont une réputation de férocité qu'ils ne méritent pas. L’'Hyène commune est originaire de la Turquie asiatique , de la Syrie et de quelques contrées de l'Afrique.
$ 119. Les Putois, les Martes, les Loutres et quelques autres carnassiers , se font remarquer par leur corps allongé, grêle et bas sur pattes; on les désigne quelquefois sous le nom commun de Carnassiers vermiformes, et ils sont caractérisés par l'existence d’une seule dent tuberculeuse à chaque mâchoire ; tandis que chez le Chat et les Hyènes il n’y a pas de dent semblable à la mâchoire inférieure, et que chez les Chiens et les Civettes on en compte deux. Ils sont tous de petite taille; mais ce sont des animaux très sanguinaires.
Le genre Purois comprend le Putois commun, le Furet, la Be- Jette, l'Hermine et plusieurs autres espèces, qui ont toutes la tête
arrondie, le pelage brillant et doux , la queue longue et des glandes anales qui sécrètent une matière fétide.
Les Manres ne diffèrent que peu des Putois, et sont également recherchées pour leur fourrure. La Fouine, qui ravage souvent nos basses-cours, appartient à ce genre.
Les Lourres ont la tête déprimée et les doigts palmés. Ce sont des animaux nageurs et nocturnes, qui habitent les bords des EAUX, “et vivent principalement de poissons.
m $120. Le genre Cnien Comprend le Chien proprement dit, les Loups et les Renards. Tous ces animaux Sont caractérisés par des particularités du système dentaire: leurs pieds de devant ont cinq
doigts, et ceux de derrière quatre; leurs ongles sont propres à fouir; Jeur vue est excellente, leur ouïe fine, leur odorat d'une subtilité prodigieuse ; ils mêlent des végétaux à leur nourriture animale, et ils aiment la chair corrompue.
Le Chien domestique se distingue des autres espèces de ce genre par Sa queue recourbée, et varie d’ailleurs à l'infini par la taille, la forme, la couleur et la qualité du poil. Cet animal naît les yeux fermés, et ne les ouvre que le dixième ou douzième jour. Les fe. melles font six ou sept petits, et quelquefois douze. La vie du chien est communément hornée à Quatorze ou quinze ans. On en a Vu Cependant qui ont vécu jusqu'à vingt ans. On reconnaît son âge par les dents, qui sont, dans la jeunesse, blanches, tranchantes et pointues, et qui deviennent mousses, inégales et de 1couleur noire à mesure qu'il vieillit.
* Les chiens sont voraces et gourmands ; ils peuvent cependant se passer de nourriture pendant longtemps ; ils s'accommodent assez de toute espèce d'aliments, quoiqu'ils aient un goût particulier pour la viande, et surtout pour les charognes. Leur estomac, doué
d'une grande énergie, digère très-bien les os les plus durs et les plus compactes.
longue route. Ayant les pores de la peau très serrés , il ne sue jamais, même dans les plus fortes Chaleurs ; mais lorsqu'il est très
enlève avec sa langue l’eau, qui, étant introduite ainsi peu à peu dans Son estomac, prend graduellement et par petites portions une température plus élevée, de manière qu'il n’éprouve aucune incommodité par le froid subit qu'une masse d’eau avalée d'un trait produit dans l’intérieur du corps de l’homme lorsqu'il est très échaufté.
La grande sensibilité de l'odorat, dans quelques races de Chiens, leur donne un discernement que l'on ne rencontre dans aucune
autre espèce d'animaux, sans en excepter l'homme. Cette sagacité se fait remarquer surtout dans la découverte et la poursuite du S1bier. Le Chien saisit, souvent au bout de vingt-quatre heures, les traces odorantes dont le sol est imprégné, et il se dirige ainsi vers le gîte où se cache l'animal. On distingue pour la chasse deux principales races de Chiens, dont l’une est dressée à poursuivre les animaux , et l’autre à les arrêter au lieu où elle les découvre.
Le Chien est la conquête la plus complète que l'homme ait faite sur la nature; toute l’espèce est devenue notre propriété, et on a même perdu la trace de son état primitif. Les Chiens sauvages que l'on trouve dans plusieurs contrées sont des races domestiques qui ont recouvré leur indépendance depuis un certain nombre de générations , et repris par là quelques traits de l'espèce primitive. Des influences aussi puissantes que celles qui résultent de la diversité des climats, de la nourriture, etc. , suffisent à peine pour expliquer les nombreuses modifications que le Chien domestique à éprouvées , et qui forment ses différentes races : aussi a-t-on pensé que nos Chiens n'avaient pas pour souche une seule espèce, mais qu'ils venaient d'espèces différentes qu'on ne pouvait plus reconnaître aujourd'hui à cause du mélange de leurs races. D'autres pensent que le Chien est un loup, d'autres encore un chacal apprivoisé : les Chiens redevenus sauvages, dans des îles désertes, ne ressemblent cependant ni à l'un ni à l’autre. Ces Chiens sauvages | et ceux des peuples peu civilisés, tels que les habitants de la Nouvelle-Hollande , ont les oreilles droites, ce qui a fait croire que les races européennes les plus voisines du premier type sont notre Chien de berger , ou notre Chien-Loup.
Le Loup commun se distingue facilement des Chiens domestiques par sa queue, qui est droite au lieu d'être relevée comme chez ces derniers. Ses oreilles sont également droites ( pl. 9, fig. 2), etson pelage est fauve. Cet animal a la taille de nos plus grands Chiens : et la physionomie d'un Mâtin ; mais loin d'être comme eux un animal éminemment sociable , il vit presque toujours solitaire dans les grandes forêts, etne se réunit en troupe avec ses semblables que lorsque la faim le presse. Il est très fort, agile, adroit, et pourvu de tout ce qui est nécessaire pour la poursuite, l'attaque et la conquête de sa proie: cependant il est naturellement lent et lâche, et ce n'est que lorsqu'il est poussé par la faim qu'il brave le danger et ose venir attaquer les animaux qui sont sous la protection de l'homme, comme les brebis, les moutons et même les Chiens. Tourmenté par une faim excessive, il exerce de grands ravages : il attaque les femmes, les enfants; quelquefois même il ose se jeter sur l'homme. Il habite toute l'Europe. |
Le Chacal , ou Loup doré, qui se trouve dans les parties chaudes
de l'Asie et de l'Afrique, ressemble par ses mœurs et par sa conformation au Chien domestique bien plus que notre Loup commun.
Les Rexanps diffèrent du Chien domestique et du Loup par leur tête plus large, leur museau plus pointu , leur queue plus longue et plus touffue, et par la forme de-leurs prunelles, qui, pendant le jour, ressemblent à une fente verticale. Ils sont nocturnes, se creusent des terriers, répandent une odeur fétide, et n’attaquent que des animaux faibles. On en trouve des espèces dans toutes les parties du monde. Ceux des pays froids donnent une fourrure très recherchée.
Tous les carnassiers dont nous venons de parler, ainsi que plusieurs autres , la Genette et la Civette par exemple, ne marchent que sur l’ extrémité des doigts, en soulevant le tarse, disposition qui leur a valu le nom de Digitigrades, et qui leur donne une démarche légère et beaucoup de rapidité à la course. Les Ours et les Blaireaux sont au contraire Plantigrades, c'est-à-dire qu'ils appuient la plante entière des pieds sur le sol; leurs mouvements sont lents, et ils mènent une vie nocturne. |
$ 121. Les Ours sont de grands animaux à corps trapu, à membres épais et à queue extrêmement courte; leurs allures sont très lourdes; mais ils ont une force prodigieuse et ont beaucoup d’intelligence. La conformation de leurs membres, peu favorable à la course, leur permet de se tenir facilement redressés sur leurs pattes de derrière, et de grimper avec agilité sur les arbres, qu’ils embrassent entre leurs pattes. Quelques uns sont aussi très bon nageurs , et ils doivent en partie cette faculté à la quantité de graisse dont leur corps est chargé. Ils sont, de tous les carnivores, ceux Qui, par leur organisation, sont le moins astreints au régime carnassier ; en effet, la structure de leurs dents , presque entièrement tuberculeuses, est plus favorable pour broyer les fruits et les racines que pour déchirer et couper la chair : aussi sont-ils omnivores. Ils se nourrissent également de substances animales et végétales ; mais ces dernières sont leur nourriture habituelle. Ils aiment les racines et les fruits, et ils ont une préférence très prononcée pour le miel, qu'ils vont chercher au milieu d’une ruche, sans craindre beaucoup la piqûre des abeilles, dont ils sont préservés par leur peau dure et les poils épais qui la couvrent. La plupart des Ours vivent dans les grandes forêts ; mais il en est une espèce qui habite les côtes et les glaces des mers polaires, Les premiers établissent d'ordinaire leurs demeures dans des cavernes ou dans des antres qu'ils se creusent avec leurs ongles, forts et crochus ; en hiver, ils s’endorment dans leurs retraites, et, lorsque le froid est rigoureux , ils passent toute cette saison dans une léthargie profonde.
$ 122. Les Hérissons et les Musaraignes ressemblent beaucoup aux carnivores, mais sont orgamisés pour se nourrir d'insectes :
aussi leurs dents molaires, au lieu d’être tranchantes, sont-elles garnies de pointes coniques propres à scier et à écraser ce genre d’aliment (pl. 7, fig. 7). Ces animaux constituent avec la Taupe et quelques autres petits mammifères un groupe naturel désigné sous le nom d’Ixsecrivores.
Les Hérissoxs ont le corps couvert de piquants au lieu de poils, et la peau de leur dos est garnie en dessous de muscles tels, que l'animal , en fléchissant la tête et les pattes vers le ventre, peut s'y renfermer comme dans une bourse, et présenter de toutes parts ses piquants à l'ennemi. Ils vivent dans les bois, et se tiennent cachés pendant le jour entre les racines des vieux arbres. On en trouve assez communément en France.
Les MusaraiGnes (pl. 7, fig. 5) sont de très petits animaux dont l'aspect rappelle en général celui d’une souris ; leur corps est couvert de poils, et sur chaque flanc on leur trouve une petite bande de soies roides, entre lesquelles suinte une humeur odorante. Elles se tiennent dans des trous qu'elles se creusent en terre, et se nourrissent de vers et d'insectes. La Musette est une espèce de Musaraigne assez répandue dans nos campagnes.
Les Taures (pl. 7, fig. 6) sont des animaux essentiellement souterrains et fouisseurs ; leur corps est trapu , leur museau allongé et terminé par un boutoir mobile servant à percer la terre, et leurs membres antérieurs , très courts, mais extrêmement forts et très larges, sont dirigés en dehors et terminés par d'énormes ongles propres à fouir. A l’aide de ces organes, les Taupes creusent dans le sol, avec une rapidité extrême et un art admirable, de longues galeries , au milieu desquelles elles établissent leur demeure. Les petites élévations qu'on voit souvent sur le sol, et qu'on appelle des taupinières , sont formées par les déblais que ces animaux rejettent au dehors lorsqu'ils exécutent ces travaux souterrains. Ils ne sortent presque jamais de leurs labyrinthes, et se nourrissent des vers et des larves d'insectes qu'ils y trouvent. Ils sont destinés, comme on le voit, à vivre dans une obscurité profonde : aussi leurs yeux sont-ils à peine perceptibles, et il existe une espèce de Taupe qui est complétement aveugle. La Taupe commune de nos campagnes , qui est d’un beau noir, est répandue dans toutes les contrées fertiles de l'Europe.
$ 123. Les Chauves-Souris (pl. 7, fig. 2) ont beaucoup d'analogie avec les insectivores ; mais au premier abord elles semblent tenir autant de l'oiseau que du mammifère; car elles sont pourvues, comme le premier, d’ailes puissantes, et elles sont organisées pour voler dans les airs plutôt que pour marcher sur la terre; mais, si l'on examine avec plus d'attention la structure de leur corps, on voit que, dans la réalité, elle ne diffère que très peu de celle des mam-
mifères ordinaires , et que ces anomalies ne dépendent guère que de l'allongement extrême de toutes les parties constituantes des membres antérieurs. Les ailes des Chauves-Souris ne sont en effet autre chose que ces membres, dont tous les os, et ceux des doigts surtout (pi. 7, fig. 4), sont devenus très longs et servent à soutenir un prolongement de la peau des flancs , comme les baguettes d’un parapluie servent à en soutenir le taffetas. Du reste, ces organes ne sont pas destinés uniquement à la locomotion aérienne comme le sont les ailes des oiseaux : lorsqu'ils sont reployés, ils servent aussi à l'animal pour ramper ou pour se suspendre à quelque corps saillant (pl. 7, fig. 3), et, à cet effet, ils ont le pouce libre , court et armé d'un ongle crochu, comme celui de la plupart des autres mammifères, tandis que les autres doigts s’allongent outre mesure, perdent leur dernière phalange ainsi que les ongles, et sont enveloppés dans le repli de la peau, qui s'étend des côtés du cou aux pattes postérieures, où même jusqu’à la queue. Les membres postérieurs conservent leurs dimensions ordinaires et sont très faibles : aussi les pieds de derrière sont libres et pourvus de cinq doigts, petits, égaux entre eux, et terminés par des ongles crochus. La marche est extrêmement pénible pour ces animaux, et a lieu au moyen d'une suite de culbutes obliques qui les fatiguent beaucoup : aussi n'ont-ils recours à ce mode de progression que lorsqu'ils y sont forcés. Lorsqu'ils veulent changer de place, ils le font en volant, et lorsqu'ils veulent se reposer, ils s’accrochent à quelque corps saillant, afin de pouvoir prendre plus facilement leur élan.
Les Chauves-Souris sont des animaux nocturnes, qui fuient la lumière ; pendant le jour elles dorment cachées dans des cavernes où quelque autre endroit obscur , et ne sortent qu’à la brune. En hiver, elles tombent dans un sommeil léthargique , qui dure souvent pendant toute la saison froide Leurs yeux sont excessivement petits, mais leurs oreilles sont souvent très grandes, et l'espèce de tact qu'elles exercent à l’aide de la surface membraneuse de leurs ailes est si exquis, qu'elles peuvent se diriger dans tous les recoins de leurs labyrinthes, même après qu’on leur a arraché les yeux, et par la seule diversité des impressions de l'air.
Le régime de ces animaux varie; tous ne vivent pas de substances animales : les uns sont frugivores, les autres insectivores.
On donne le nom commun de Cuerroprères à la division de la ciasse des mammifères comprenant ces singuliers animaux, et les galéopithèques, qui sont moins bien organisés pour le vol.
S 124. Les rats, les lièvres, les castors, etc., sont des mammifères onguiculés comme tous les précédents; mais ils sont conforés pour se nourrir d'une manière différente , et sont caractérisés par des particularités dans la disposition de l'appareil dentaire. Ces
animaux n'ont pas de dents canines, et on leur voit, à chaque màchoire, un vide entre les dents incisives et molaires (pl.7, fig. 12). Les premières sont remarquables par leur force , leur longueur, leur forme arquée , et leur bord tranchant est taillé en biseau; leur nombre est presque toujours de deux seulement à chaque mâchoire, et. leur surface antérieure est ordinairement teinte en jaune plus ou moins foncé. Les dents molaires ont une couronne large, plate et traversée par des lignes saillantes qui rendent leur surface semblable à celle d'une meule (pl. 4, fig. 3). Enfin la mâchoire inférieure de: ces animaux , au lieu de s’articuler avec le cràne par un condyle transversal {ainsi que cela se voit chez les carnassiers), y est unie par un condyle longitudinal, qui ne permet de mouvements que: d'avant en arrière : il en résulte que ces animaux ne peuvent se: servir de leurs dents, ni pour déchirer la chair, ni même pour couper leurs aliments, et qu’ils sont réduits en quelque sorte à les: limer ou à les réduire par un travail continu en particules tres déliées, et c'est de là que leur est venu le nom de Rongeurs.
D'après ce mode d'organisation, les rongeurs devaient nécessairement être destinés à se nourrir principalement de substances végétales ; quelques uns sont omnivores (les rats, par exemple ); mais la plupart ne vivent que de fruits, d'herbes, d'écorces au de racines.
Presque, tous ces animaux sont deypetite taille, et, en général, leurs pattes postérieures sont beaucoup plus longues que les antérieures , de façon qu'ils sautent plutôt qu'ils ne marchent. Le lièvre nous offre un exemple de cette disposition, qui, chez quelques autres Rongeurs (les gerboises), est portée si loin , que l’animal ne se sert plus que de ses pattes postérieures pour se poser et pour sauter.
Les rongeurs du genre Rar sont caractérisés par quelques particularités dans la disposition de leurs dents, et par leur queue longue et écailleuse. Ce sont des animaux de petite taille, qui se nourrissent principalement de substances végétales (telles que des graines et des racines); mais ils mangent aussi des matières animales, et, lorsque la disette les pousse, ils se livrent des combats acharnés et se dévorent entre eux. Il y en a trois espèces qui sont devenues communes dans nos maisons , savoir : le rat domestique, le surmulot et la souris.
Le Rat domestique n’était pas connu des anciens, et paraît être originaire de l'Amérique. On ignore l’époque de son introduction en Europe ; mais on sait que, jadis, ilexistait en grand nombre dans les lieux que le surmulot occupe maintenant, après y avoir presque entièrement détruit cette espèce. Le rat domestique est même devenu un animal assez rare à Paris, et on ne le trouve guère que: dans les granges, où il fait sa nourriture du grain, de la farine, du:
fruit et des légumes de toute espèce qui s’y trouvent. Son goût pour les matières animales est très prononcé, ét il fait la chasse aux jeunes animaux. Dans les maisons rurales où il se propage, il devient un véritable fléau, par les dommages qu'il cause en rongeant le linge, les harnais de cuir, le lard, en un mot tout ce qui lui tombe sous la dent.
Le Surmulot est le plus grand de nos rats ; il a sept pouces de long (la queue non comprise) , eb son pelage est brun roussâtre. Il est aujourd'hui très multiplié en Europe, et cependant il n’y à été introduit que dans le xvur° siècle. Les vaisseaux faisant le commerce avec l'Inde l'ont transporté en Angleterre , d'où il s'est répandu en France, dans toutes les autres parties de l'Europe, en Amérique, et enfin partout où les Européens ont fondé des colonies. Aux environs de Paris, les surmulots sont très abondants dans les voiries. Ils se creusent des terriers à peine assez profonds pour contenir leur corps.
La Souris est la plus petite des espèces de Rats qui vivent dans nos habitations, et elle est la seule qui fût connue des anciens. Ce petit animal creuse dans les planchers de nos maisons, et dans les vieilles murailles dont le plâtre se détache facilement, des galeries plus où moins longues où il fait sa résidence habituelle ; il se nourrit de toutes les substances animales ou végétales qu'il peut atteindre, et à surtout du goût pour le suif, le lard et les’autres corps gras. Quelquefois on en rencontre, à l’état sauvage, dans les bois, où ils se nourrissent principalement de glands et de faînes.
Les Lois sont de jolis petits animaux, à poils doux, à queue velue et même touffue, au regard vif, qui ont beaucoup d’analogie avec les Rats, se tiennent sur les’ arbres, et se nourrissent de fruits. De même que les Marmottes (pl. 7, fig. 40), ils passent la saison froide roulés en boule et dans un sommeil léthargique très profond. On peut les reconnaître au nombre de leurs dents molaires, qui est de quatre à chaque mâchoire et de chaque côté.
Les Écureurrs appartiennent aussi à l'ordre des Rongeurs, et se font reconnaître par leur longue queue garnie de poils comme une large plume. Ce sont des animaux remarquables par leur agilité , quivivent sur les arbres et qui se nourrissent de fruits. IF y en à beaucoup d'espèces dans les deux continents. En France, on rencontre en grand nombre l'Ecureuil commun, qui, dans nos chimäts, conserve toujours les couleurs que chacun lui connaît (le dos d'un roux vif et le ventre blanc), mais dans le Nord devient, pendant l'hiver, d’un beau cendré bleuâtre et porte alors le nom de petit-gris ; dans cet état sa fourrure est très recherchée.
Les Casrons se distinguent de tous les autres Rongeurs par leur grande queue aplatie horizontalement, de forme presque ovalaire
et couverte d'écailles (pl. 7, fig. 14). Ce sont d'assez grands animaux, dont la vie est tout aquatique; leurs pieds et leur queue les aident également bien à nager: ils vivent principalement d’écorces et d’autres matières dures, et ils se servent de leurs fortes dents incisives pour couper toutes sortes d'arbres.
Le Castor du Canada est (pl. 7, fig. 41), de tous les quadrupèdes, celui qui met le plus d'industrie à la fabrication de sa demeure, à laquelle il travaille en société, dans les lieux les plus solitaires du nord de l’Amérique. |
Ces animaux se trouvent toujours dans le voisinage des fleuves et des lacs ; l'été, ils habitent des terriers qu'ils se creusent sur le rivage ; mais, pendant l'hiver, ils se retirent dans des huttes con- Struites avec le plus grand soin sur le bord ou au milieu des eaux. En général, ils choisissent des eaux qui soient assez profondes our ne pas geler jusqu'au fond, et, autant qu'ils le peuvent, des Æeaux courantes, parce qu'ils coupent le bois nécessaire à leurs CPnStructions au-dessus du point où ils travaillent , et alors le Courant l'amène où ils veulent. Si l’eau est dormante, ils commen- «Cent immédiatement leur bâtisse ; mais si l'eau est courante, ils forment d'abord une digue en talus pour soutenir l’eau à une égale ‘hauteur ; cette digue est formée de branches entrelacées les unes -dans les autres, dont les intervalles sont remplis de pierres et de Jimon et crépis ensuite d’un enduit épais et solide; elle a ordinaire-. ment dix ou douze pieds d'épaisseur à sa base, et elle est quelquelois d'une étendue très considérable. Au bout de quelques aupées, elle se couvre ordinairement de végétation et se change en une véritable haie. Les huttes se construisent contre la digue de la même manière qu’elle, mais avec moins de solidité : chacune sert à deux ou trois familles et a deux étages : le supérieur à sec pour les animaux, l'inférieur sous l’eau pour les provisions d'écorces dont ils se nourrissent. Il'n’y a que cet étage qui soit ouvert au dehors , et la porte donne sous l'eau sans avoir de communication avec la terre. Les travaux des Castors ne se poursuivent que la nuit, Mais ils se font avec une rapidité étonnante. Lorsque la saison des neiges approche, ces animaux se rassemblent en grand nombre et . se mettent à réparer les huttes qu'ils avaient abandonnées au prin- .temps, ou à en construire d'autres.
Le voisinage de l'homme empêche les Castors de se réunir ainsi
et de bâtir ; les Castors solitaires qu'on trouve dans des terriers le
long du Rhône, du Danube ou de quelques autres rivières d'Eu-
rope , ne se construisent jamais de huttes, et paraissent cependant être de la même espèce que le Castor du Canada.
$ 425. Les Tatous (pl. 8, fig. 2), les Pangolins, les Fourmiliers
et quelques autres mammifères qui se nourrissent d'insectes mous,
tels que de fourmis, manquent de dents sur le devant de la bouche, et constituent un petit groupe auquel on a donné le nom d'ordre des ÉpenTés.
$ 126. Les Oxcucés, ou les mammifères dont les doigts sont enveloppés d'un sabot, sont des animaux herbivores , et presque tous sont de grande taille. Les uns ruminent les aliments, les au-tres digèrent de la manière ordinaire.
Ces derniers constituent l’ordre des PAcayDERMES, ainsi nommés à raison de l'espèce de cuir dur et épais dont sont revêtus la plupart d’entre eux ; ce sont les Éléphants, les Rhinocéros, les Hippopotames , les Sangliers , les Chevaux, etc.
Le genre Érépuanr (pl. 7, fig. 13) comprend des animaux d'une taille gigantesque, d'un naturel doux et docile qui leur rend très faciles les habitudes de la domesticité. L'amplitude que doivent avoir les alvéoles de la mâchoire supérieure pour contenir les deux défenses la rend si haute et raccourcit tellement les os du nez, que les narines se trouvent dans le squelette vers le haut de la face; mais elles se prolongent dans l'animal vivant en une trompe cylindrique, composée de fibres et de plusieurs petits muscles diversement entrelacés, qui est mobile en tous sens, et se termine en dessus par un appendice en forme de doigt. Cette trompe, dont Pintérieur communique aux fosses nasales , sert à l'Éléphant pour Saisir tout ce qu’il veut porter à sa bouche, pour pomper la boisson et la lancer ensuite dans son gosier; elle supplée ainsi à la brièveté de son cou. Au moyen de ce bizarre instrument, l'Éléphant déracine un arbre, défait les nœuds d’une corde, parvient à ouvrir une serrure et à écrire même avec une plume. Ces animaux ont la vue assez bonne; leur ouie est fine, leur odorat délicat : ils possèdent de l'intelligence, et leur prudence est extrême : ils gardent le souvenir des bienfaits comme des injures. Leur allure est pe- Sante, mais l'étendue de leur pas donne de la rapidité à leur course. Quoique l'Éléphant soit le plus vigoureux et le plus puissant des quadrupèdes, il n’est dans l'état de nature ni cruel ni redoutable. Non moins pacifique que brave, il n’abuse jamais de son pouvoir et n'use de ses forces que pour sa propre défense ; dans ses déserts, on le voit rarement seul. Les troupeaux sont ordinairement de quarante à cent individus. Le plus ancien marche à la tête de la bande , le second d'âge veille à l'arrière-garde. On dompte les Éléphants lorsqu'on les saisit jeunes; ils peuvent alors être employés aux transports. On les charge d'un poids de cent myriagrammes (ou environ deux mille livres), et on leur fait parcourir, sans trop les fatiguer, un trajet de soixante à quatre-vingts kilomètres (quinze à vingt lieues). Ces animaux nagent très bien ; ils vivent à peu près deux cents ans.
On connaît deux espèces d'Éléphants : 1° l'Éléphant des Indes, qui a la tête oblongue, le front concave, les oreilles d'une médiocre: grandeur et quatre ongles aux pieds de derrière (pl. 7, fig.43). Ori le rencontre dans toutes les parties chaudes de l'Inde, où les naturels le chassent, le prennent, le domptent, et l'emploient comme: bête de trait et de somme. Ses défenses restent souvent très courtes; 20 l'Éléphant d'Afrique, qui a la tête ronde, le front convexe ; ses: oreilles sont grandes , et il n’a que trois ongles aux pieds de derrière. Il habite l'Afrique depuis le Sénégal jusqu'au Cap: Il est plus farouche que celui des Indes, et ses défenses sont beaucoup plus longues ; la femelle les a aussi longues que le mâle: On n'est, pas encore parvenu à dompter cette espèce.
Ce sont les défenses d'Éléphant qui fournissent le véritable: ivoire ; on le reconnaît aux lignes courbes losangiques que présente la tranche lorsqu'elle est polie.
Les Hippororames ont le corps énorme, les jambes très courtes , quatre doigts égaux à chaque pied (tandis que l'Éléphant en a cinq),: la queue médiocre, le museau renflé et la peau presque dénudée: de poils. Ces animaux vivent dans les rivières du centre et du midi de l'Afrique, où ils se nourrissent de substances végétales. Ils sont. d'un brun noir, et atteignent, jusqu'à dix ou onze pieds de long sur quatre ou cinq de haut. On en voit quelquefois trois ou quatre au milieu des rivières ou près de quelque cataracte, formant une espèce de ligne et s'élançant sur les poissons que la rapidité du courant leur amène. Ils nagent avec une grande vigueur, et demeurent longtemps sous l’eau sans avoir besoin de respirer l'air. Pendant la nuit, ils quittent les rivières pour se jeter sur les plantations de sucre, de millet, de riz, qu'ils dévorent avec avidité. Ils marchent avec une telle impétuosité, qu’ils écrasent tout ce qui se: trouve sur leur passage. Leur caractère féroce les a rendus: très redoutables.
Les Cocnoxs ont aussi quatre doigts à tous les pieds ; mais deux sont très grands, dirigés en avant, et deux très petits, extérieurs, ne touchent presque pas la terre. Leurs incisives sont en nombre variable, et les canines sortent de la bouche et se recourbent toutes vers le haut comme de véritables défenses ; leur museau: est ter miné par un boutoir tronqué, propre à fouiller la terre. Ils vivent: en troupes dans les forêts, où ils se nourrissent de racinés et de* fruits , quoiqu'ils n'éprouvent pas de répugnance pour la nourriture: animale. |
Les Rmxociros sont de grands animaux trapus et lourds, qui sont remarquables par l'épaisseur extrême de leur peau et par lai corne solide qu'ils portent sur le nez, dont les os sont très épais! et réunis en une sorte de voûte pour la soutenir. Cette corne, dés
pature fibreuse et cornée, adhère à la peau et semble être composée de poils agglutinés ; dans son intérieur il n’y a pas d’axe osseux comme dans les corps des ruminants. Ces animaux habitent les parties les plus chaudes de l’ancien continent, et se trouvent gé- géralement dans les lieux où vivent aussi les Éléphants. Ils recher- chent les endroits humides ombragés , et se vautrent, à la manière des Hippopotames et des Cochons, pour assouplir leur cuir. Leur intelligence paraît fort bornée, et leur naturel est farouche et indomptable.
8127. Le genre Carvaz, comprenant le Cheval proprement dit, l'Ane , le Zèbre, et plusieurs autres espèces , se distingue de tous les autres mammifères par la conformation du pied, qui se termine par un seul doigt apparent, garni d'un seul sabot Ces animaux , que. l'on désigne aussi sous le nom commun de solipèdes, ont à chaque mâchoire six incisives tranchantes qui, dans la jeunesse de l'animal, ont leur couronne creusée d'une fossette, et de chaque côté six molaires. Les mâles ont de plus à la mâchoire supérieure, et quelquefois à toutes les deux, deux petites canines qui manquent presque toujours aux femelles. Entre ces canines et la première molaire est l'espace vide nommé barre, où l’on place le mors au moyen duquel l’homme dompte et dirige ces animaux. Ils ont l'œil saillant, la prunelle en forme de carré long, l’oreillelongue et mobile, les narines sans mufle, la langue très douce, l'ouie très fine; leur lèvre supérieure, fort mobile, est pour eux un instrument de préhension ; tout leur corps est couvert d'un poil bien fourni , avec une crinière sur le cou. Aux jambes de devant, et quelquefois à celles de derrière, on trouve souvent une partie nue, cornée qu On appelle châtaigne ou noix ; leur queue est médiocre, mais souvent garnie delongs crins Les Chevaux sont essentiellement herbivores; leur estomac cependant est simple et médiocre. Le Cheval se con-tente des herbes les plus communes lorsqu'il y est habitué de bonne heure. Il aime les pâturages secs; on le nourrit à l'écurie avec du foin, de la luzerne, du trèfle, de la vesce, de l’avoine ; la paille de froment , d'orge et d'avoine lui convient aussi lorsqu'il reçoit en même temps une portion de bon foi et des grains
Le Cheval proprement dit se distingue des autres espèces de ce genre par la couleur uniforme de sa robe et par sa queue garnie de poils dès sa base. IL les dépasse aussi par sa taille et par la beauté de ses formes.
Le Cheval, compagnon de l'homme à le guerre et dans les travaux de l’agriculture, des arts et du commerce, est le plus important.et le mieux soigné des animaux que nous ayons soumis à notre puissance. Il est originaire des grandes plaines du centre de l'Asie; mais , aujourd'hui, il est répandu en nombre immense dans
presque toutes les parties du monde, et il n'existe plus à l'état sauvage que dans les lieux où des Chevaux domestiques ont recouvré la liberté, comme en Tartarie et en Amérique. L'importation de ces animaux dans le Nouveau-Monde ne date que de trois siècles, et cependant les Chevaux sauvages y sont en nombre immense. On assure les y avoir rencontrés par troupes de plus de dix mille individus.
Le Cheval peut vivre environ trente ans; mais, dans sa vieillesse , il perd presque toutes ses qualités précieuses. Avant l’âge de quatre ou cinq ans il ne peut être monté ni employé au trait ; en voit donc qu'il importe beaucoup de pouvoir distinguer avec certitude l'âge de ces animaux. Jusqu'à l'âge d'environ huit ans ) On y parvient avec certitude à l’aide des changements successifs qui S opèrent dans leur système dentaire ; mais passé cette époque, en n'a aucun signe bien positif de leur âge, et on dit qu'ils ne marquent plus, parce qu’alors les fossettes dontleursincisives étaient creusées sont effacées.
L'Ane se reconnaît par sa taille, en général plus petite que celle du cheval, par ses longues oreilles, par la croix noire qu'il a sur les épaules, par la touffe de poils qui termine sa queue. Quoique moins fort que le cheval, il n’est pas moins précieux que lui pour les habitants de la campagne, parce qu’il est plus patient et plus sobre. Il'est comparativement plus fort et plus hardi que son heureux rival. Sujet à beaucoup moins d’infirmités, il soutient sa vie à très peu de frais 11 n’est difficile que pour sa boisson : il lui faut une eau claire et limpide. Il est trois ou quatre ans avant de prendre toute sa croissance, et pousse sa carrière jusqu'à vingt ou vingt cinq ans; il dort moins que le cheval. Dans ses premières années, il est vif, animé; mais les mauvais traitements lui font bientôt perdre sa vivacité : il devient lent, stupide et tétu.
Le lait d'Anesse, qui a une grande analogie avec le lait de la femme, est considéré comme un aliment ou comme un remède salutaire dans quelques maladies, telles que la phthisie pulmonaire.
$ 128. Les Rumixaxrs sont remarquables par la structure de leur appareil digestif: ils ont quatre estomacs (pl. 8, fig. 3 et 4). Le premier et le plus grand se nomme la panse, le second est appelé le bonnet , le troisième le feuillet et le quatrième la caillette. Ces animaux sont tous essentiellement herbivores, et lorsqu'ils mangent, ils avalent d’abord leurs aliments sans les avoir mâchés. Ces substances pénètrent alors dans la panse et S'y accumulent; mais, après y avoir séjourné pendant un certain temps, elles sont ramenées dans la bouche pour être broyées et ensuite avalées de nouveau; quand elles redescendent dans l'estomac,
elles n’entrent plus dans la panse ni dans le bonnet, mais vont de suite dans le feuillet, d'où elles passent dans la caillette.
Au premier abord, on s'étonne de voir des aliments pénétrer tantôt dans la panse et dans le bonnet, tantôt dans le feuillet, suivant que la déglutition se fait pour la première fois, ou que ces substances ont déjà été ruminées , et on est tenté d'attribuer ce phénomène à une espèce de tact dont seraient douées les ouvertures de ces diverses poches digestives ; mais il n’en est rien, et ce résultat est une conséquence nécessaire de la disposition anatomique des parties. En effet, l'œsophage se termine inférieurement par une espèce de gouttière fendue longitudinalement qui occupe la partie supérieure du bonnet et de la panse, et se continue jusque dans le feuillet. D'ordinaire, les bords de la fente dont nous venons de parler sont rapprochés , et alors la gouttière constitue un véritable tube qui mène de l'œsophage dans le feuillet; mais, si le bol alimentaire avalé par l'animal est solide et un peu gros, il distend ce tube et écarte les bords de l'ouverture qui fait communiquer l’œsophage avec les deux premiers estomacs : les aliments tom-. bent alors dans ces poches ; tandis que, sile bol alimentaire est mou et pulpeux, comme cela a lieu lorsque la mastication est complète , les matières avalées coulent dans ce même tube sans écarter les bords de la fente , et arrivent dans le feuillet.
Cest par ce mécanisme que les aliments non broyés, que l’animal avale pour la première fois, s'arrêtent dans la panse et dans le bonnet ; tandis qu'après avoir été mâchés une seconde fois et bien digérés , ils pénètrent directement dans le feuillet. |
Le mécanisme par lequel les aliments accumulés dans le premier estomac remontent dans la bouche est également très simple. Lorsque la régurgitation commence, le bonnet se contracte. et presse la masse alimentaire contre l'ouverture , en forme de fente, qui termine l'œsophage ; celle-ci s’élargit alors de manière à saisir une pincée de la masse alimentaire , la comprime , et en forme une petite pelote qui s'engage dans l'œsophage , dont les fibres se contractent successivement de bas en haut, pour pousser ce nouveau bol alimentaire jusque dans la bouche.
Les Ruminants sont de grands animaux peu intelligents, mais qui rendent à l'homme d'immenses services : ils lui fournissent presque toute la chair dont il se nourrit: leur lait nous donne aussi d'excellents aliments: leur graisse, qui est plus dure que
celle des autres quadrupèdes, et qui porte le nom de suif, a de nombreux usages dans l’industrie et dans l'économie domestique ; leur peau , préparée par le tannage, constitue presque tout le cuir dont nous nous SErVOnS ; enfin, leurs cornes , leurs os, leur sang, et jusqu’à leurs intestins , dont on fait des cordes, nous sont utiles,
Pendant leur vie, plusieurs de ces animaux, employés comme bêtes de somme, sont également précieux pour le commerce et pour l'agriculture.
Les principaux genres de Ruminants sont les Bœufs , les Moutons , les Chèvres , les Cerfs, la Girafe et les Chameaux.
84129. Le genre Bœur diffère des autres ruminants par la forrhe du corps et par la disposition des cornes, lesquelles , revêtues d'une gaîne cornée, et formées intérieurement par un prolongement de l'os du front, sont dirigées de côté, puis recourbées en haut et en avant en forme de croissant.
Les espèces principales sont : le Bœuf ordinaire, l'Aurochs , originaires l’un et l’autre de l'Europe; le Buffle, le Yack, qui sont propres à l'Asie; le Bison et le Bœuf musqué, qui appartiennent à l'Amérique septentrionale.
Le Bœuf ordinaire , qui dans sa jeunesse est appelé Veau, et dont le mâle porte le nom de Taureau, et la femelle celui de Vache, a pour caractère particulier un front plat, plus long que large, des cornes rondes placées aux deux extrémités de la ligne saillante qui sépare le front de l’occiput, et les quatre mamelles placées par paires. Aussi vigoureux que docile, le Bœuf est d'une grande utilité pour l'économie domestique et pour l’agriculture, soit comme bête de trait, soit à raison des produits qu'il nous fournit. Sa chair, qui est très succulente, constitue un de nos aliments les plus sains et les plus nourrissants. Sa peau , bouillie, donne de la colle forte ; tannée , elle se change en cuir , et sert principalement à faire des souliers ; les poils entrent dans la composition de certains mortiers, et servent de bourre; les cornes sont employées par les tabletiers pour faire des peignes , des écritoires et autres ustensiles. On brûle sa graisse; on fait d’excellent engrais avec son sang, dont on se sert aussi pour fabriquer une couleur bleue très utile, connue sous le nom de bleu de Prusse ; ce sang est employé encore dans plusieurs arts chimiques, entre autres dans les raffineries de sucre et d'huile de poisson. La membrane qui couvre les intestins , lorsqu'elle est séchée , forme ce qu’on nomme la baudruche, et est employée pour recouvrir les aérostats et battre l'or en feuilles très minces ; enfin le lait de la Vache donne la crème, le fromage et le beurre. Il y a des Bœufs dans toutes les parties du monde; mais ces animaux sont originaires de l'Europe et de l’Asie.
L’Aurochs est le plus grand des quadrupèdes de l'Europe. Il se distingue de notre Bœuf domestique par son front bombé, plus large que haut, par l’attache de ses cornes au-dessous de la crête occipitale, par une sorte de laine crépue qui couvre la tête et le cou du mâle, et qui forme une barbe courte sous la gorge, enfin par une paire de côtes de plus. On voit donc que c’est à tort qu'on
a représenté l’Aurochs comme étant la souche de nos bêtes à cornes. Il habitait autrefois toute l'Europe tempérée; mais aujourd'hui sa race est presque détruite , et on n'en trouve plus que quelques individus réfugiés dans les grandes forêts marécageuses de la Lithuanie, des Krapacs et du Caucase.
Le Buffle, originaire de l'Inde et naturalisé en Italie et en Grèce, a les cornes marquées en avant par une arête longitudinale. Il a moins de docilité que le Bœuf; mais ilest plus robuste et plus facile à nourrir. Il aime à se vautrer dans la fange, et il est excellent nageur : il plonge parfois jusqu’à dix ou douze pieds de profondeur pour arracher avec ses cornes quelques plantes aquatiques qu'il mange en nageant.
Le Yack, aussi nommé Buffle à queue de cheval et Vache grognante de la Turtarie , est une espèce de petite taille, originaire du Thibet. {1 porte sur le dos une longue crinière, et sa queue est garnie de poils longs comme ceux du cheval C'est avec cette queue qu'on fait les étendards qui servent parmi les Turcs à distinguer les officiers supérieurs. On en peut voir plusieurs dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle.
Le Bœuf musqué habite les parties les plus septentrionales de J'Amérique, et grimpe sur les rochers presque aussi bien que les chèvres : il est remarquable par ses cornes, presque réunies à leur base au-devant du front , et par l'odeur forte de muse qu'il répand.
Le Bison d'Amérique ressemble beaucoup à l'Aurochs, quoiqu'il ait les jambes et la queue plus courtes, le poil plus long, et qu'il présente quelques autres différences plus légères.
8 430. Le genre Mourox se compose des Ruminants dont les cornes , organisées de la même manière que celle des Bœufs, sont d’abord dirigées en arrière et reviennent ensuite plus ou moins en avant, en spirale ; ils manquent de barbe, et ont le chanfrein convexe ; du reste , ils diffèrent à peine des chèvres.
Une espèce de ce genre , l’Argali, dont ke mâle a de très grosses cornes triangulaires à leur base, arrondies aux angles , aplaties en avant et striées en travers, semble devoir être considérée comme la souche de toutes les variétés de nos moutons domestiques; cet animal se trouve en grand nombre dans le Kamtschatka, dans toutes les régions montagneuses de l'Asie centrale et sur les plus hautes montagnes de la Barbarie, de la Corse et de Grèce. Il devient grand comme un daim ; il est très agile.
Le Mouflon , que l'on trouve en Europe, en Afrique et en Amérique, diffère de l’Argali en ce que sa taille ne devient jamais aussi grande ; sa femelle n'a que rarement des cornes, et lorsqu'elles existent , elles sont très petites. 11 y a dans les Mouflons des varié-
tés qui sont noires en tout ou en partie, et d’autres plus ou moins.
blanches, Ces animaux vivent en troupes.
Le Mouton domestique, qui, dans sa jeunesse , porte le nom d'4- | gneau, et dont la femelle est appelée Brebis, est un animal trop . connu pour qu'il soit nécessaire d'entrer dans de longs détails sur . ses mœurs et sur ses caractères zoologiques. On l'élève en trou- | peaux nombreux pour en obtenir la toison, qu'on tond tous les |
ans , et dont les poils frisés se nomment laine. La graisse de ces
animaux, blanche et cassante, sert à faire la chandelle; c’est avec | leurs intestins roulés et desséchés que sont fabriquées les cordes à boyaux ; enfin leurs excréments, qui donnent un engrais très |
chaud, contribuent puissamment à augmenter la fertilité des terres.
Les Brebis Mérinos qui se trouvent en Espagne sont remarquables
par la finesse de leur laine. Autrefois leur exportation était dé-
fendue en Espagne ; mais aujourd'hui on en élève en France et . dans presque toutes les autres parties de l'Europe. Les premiers
Mérinos furent importés en 1776, d'après les ordres de Trudaine, intendant des finances; aujourd'hui nous en possédons environ 500,000, sans compter les métis.
La tonte des Moutons se fait tous les ans vers le mois de mai, lorsqu’'en écartant les mèches de la laine, on aperçoit la pointe d'une laine nouvelle. Quelquefois on lave la laine sur le dos de l’animal avant de la couper ; plus souvent on la coupe telle qu'elle
est, empreinte d’une sueur grasse nommée suint, qui la préserve
des teignes et autres insectes.
$S 131. Les Cnèvres ont les cornes semblables à celles des moutons, mais dirigées en haut eten arrière, le menton ordinairement garni d'une longue barbe, et le chanfrein de leur face concave. Toutes les espèces de ce genre sont d'Europe ou d'Asie, et vivent par petites familles sur les montagnes escarpées, où elles déploient une agilité étonnante.
L'Ægagre ou Chèvre sauvage, qui paraît être la souche de toutes les variétés de nos Chèvres domestiques, habite en troupes sur les montagnes de la Perse, et peut-être même dans les Alpes.
Le Bouquetin est une autre espèce de Chèvre sauvage qui habite le sommet des hautes montagnes de l’ancien monde.
La Chèvre domestique est très répandue dans toute l'Europe; car c’est un animal qui donne de grands profits, et n’est que d’un entretien peu coûteux. Il semble cependant se plaire mieux dans les montagnes et sur les rochers escarpés que dans les champs cultivés. Sa nourriture favorite consiste en bourgeons de jeunes arbres. Il est capable de supporter les plus fortes chaleurs; l'orage ne l'effraie nullement, et les pluies ne l’incommodent point. Le lait de Chèvre est gras, nourrissant et médicinal; il se coagule moins sur
l'estomac que celui de la Vache, et par conséquent est d’une plus facile digestion.
$ 432. Les ruminants du genre Cerr se distinguent des autres mammifères par la nature de leurs cornes, dont l'axe osseux n'est pas revétu d’une gaîne cornée comme chez le bœuf , et se dépouille bientôt de la peau qui d'abord la recouvrait : la proéminence osseuse , ainsi mise à nu, se sépare , au bout de quelque temps, du crâne ; elle tombe, et l’animal demeure sans arme ; mais il lui en repousse de nouvelles, qui se développent plus encore que celles qu'elles ont remplacées , et qui tomberont à leur tour sous l'influence des mêmes causes. Ces cornes osseuses, et sujettes à des changements périodiques , portent le nom de bois. (
On connaît un grand nombre d'espèces du genre Cerf : le Cerf commun , le Daim, le Chevreuil et le Renne , par exemple. Tous ces animaux habitent les forêts, et sont légers à la course : leurs jambes sont longues et fines, leur corps svelte et arrondi, et leur pelage propre et luisant. En général, ils sont remarquables par leur beauté et l'élégance de leurs formes. C’est ordinairement au printemps qu'ils changent de cornes, et les femelles en manquent presque toujours.
Les AnriLores sont des ruminants qui ressemblent beaucoup à des Cerfs ; mais qui, à la place de bois, ont des cornes persistantes et revêtues d'un étui corné comme celles des bœufs. Le Chamoïs appartient à ce genre.
La Ginare se distingue de tous les autres ruminants par la forme de son corps et par la structure de ses COrnes, qui sont coniques et recouvertes par la peau (fig. 6). Ellea environ six mètres de haut , et se nourrit principalement de feuilles. La seule espèce: connue habite l'Afrique.
$ 133. Les Craweaux n'ont pas, comme les ruminants ordinaires, la tête armée de cornes, et leur pied n’est pas fourchu comme chez les précédents. Ils sont remarquables par les masses énormes de graisse qu'ils ont sur le dos, et qui les font paraître bossus, et par la structure de leurs pieds, qui sont admirablement bien Conformés pour marcher sur le sable, si commun dans les régions habitées par ces animaux : en effet , leurs deux doigts sont réunis en dessous , jusque près de la pointe, par une semelle épaisse et flexible.
Ces animaux sont propres aux parties chaudes de l’ancien continent; ils sont célèbres par leur docilité, par la faculté de soutenir de longues routes, quoique pesamment chargés, et surtout par leur extrême sobriété. Les Chameaux, sans lesquels peut-êtreles hommes n'eussent jamais pu traverser les vastes solitudes de sable que l'on rencontre en Àsie, en Afrique, ont la faculté de passer plusieurs
jours sans boire, ce qui tient probablement à de grands amas de cellules qui garnissent les côtés de leur panse, et dans lesquelles il s'accumule ou se produit continuellement de l'eau. Dans l'Arabie et dans d'autres contrées où on fait servir le Chameau à différents usages , il est regardé comme le plus précieux des animaux. Son jait forme une partie considérable de la nourriture de ses maîtres; ceux-ci s’habillent de son poil, qui tombe régulièrement tous les ans, et à l'approche de l'ennemi ils peuvent, en montant sur son dos , fuir rapidement à de grandes distances.
Les deux espèces principales du genre Chameau sont le Chameau de la Bactriane où à deux bosses, et le Chameau d'Arabie ou à une bosse, que l’on nomme le Dromadaire.
Enfin les Lawas sont des ruminants propres à l'Amérique méridionale, qui-ont beaucoup d’'analogie avec les Chameaux, mais qui n'ont pas de bosse.
$ 134. Tous les animaux dont il vient d'être question sont des animaux terrestres organisés essentiellement pour la marche ; mais il en est d'autres qui sont destinés à vivre dans l'eau et qui sont conformés pour la nage : ce sont les Phoques, les Dauphins , les Baleines , etc.
&135. Les Poques ont beaucoup d'analogie avec les carnassiers ; mais leurs pieds sont si Courts qu'ils ne peuvent s’en servir que pour nager, et lorsqu'ils sont à terre ils ne peuvent que ramper sur le ventre. Ces animaux habitent la mer, et ne viennent sur le rivage que pour se reposer au soleil et allaiter leurs petits. Leur corps est allongé, la tête arrondie et assez semblable à celle d'un chien , les doigts palmés, et les pattes postérieures dirigées en arrière comme des nageoires. Ils vivent en troupes nombreuses près des côtes, et se nourrissent principalement de poissons ; ils mangent toujours dans l'eau, nagent avec une grande facilité, et plongent très bien. Les anciens connaissaient ces animaux et les mêlaient à leurs fables. Les troupeaux de Neptune que conduisait Protée n'étaient autre chose que des Phoques, et ce sont aussi ces amphibies que la mythologie poétique des Grecs transforma en tritons et en sirènes, qui escortaient le dieu de la mer. Les voyageurs modernes les désignent souvent Sous le nom de Veaux marins, Vaches marines, Ours marins, etc.
Les Monses ressemblent aux Phoques par leurs mœurs et leur conformation générale , mais s'en distinguent par les énormes dents canines de la mâchoire supérieure. Ils forment avec les précédents un ordre particulier auquel on à donné le nom d'AMPHIBIES.
&4136. Les Dauphins, les Baleines et quelques autres mammifères aquatiques qui constituent l'ordre des Cétacés , manquent de
membres postérieurs et ressemblent à des poissons par la forme
sénérale de leur corps. Leur têle se joint au tronc par un cou si court et si gros, qu'on n'y aperçoit aucun rétrécissement , et leur tronc se continue avec une queue épaisse terminée par une nageoire cartilagineuse horizontale ; enfin, leurs membres antérieurs ont la forme de nageoires, mais se composent des mêmes parties que chez les mammifères ordinaires : seulement, les os du bras et de lavant-bras sont raccourcis , et ceux de la main aplatis et enveloppés dans une membrane tendineuse. Ils n'ont point d'oreille extérieure ; leur peau est dépourvue de poils, et il existe au-des-sous d'elle une couche épaisse de graisse d’où l'on retire des quantités considérables d'huile. Du reste, l’organisation de ces animaux est essentiellement la même que celle des autres mammifères , et s'éloigne tout-à-fait de celle des poissons. Comme les premiers, ils ont des poumons , et, bien qu'ils vivent dans l’eau, ils sont obligés de venir continuellement à la surface pour respirer l'air ; leur sang est chaud et circule comme chez l’homme; enfin ils ont des mamelles au moyen desquelles ils allaitent leurs petits.
$ 137. Les Bazeines sont d'énormes Cétacés dont la tête forme environ le tiers de la longueur totale, et dont la bouche, dépourvue de dents, est garnie, des deux côtés de la mâchoire supérieure, par une série de grandes lames transversales serrées les unes contre les autres comme des dents de peigne et connues sous le nom de Fanons. Ces organes , formés par une espèce de corne fibreuse et très élastique, sont effilés à leurs bords et constituent une sorte de crible propre à retenir les petits animaux dont les Baleines se nourrissent. Les fosses nasales offrent aussi chez ces animaux une disposition particulière qui du reste se rencontre chez la plupart des Cétacés, et qui permet à ces animaux de produire au-dessus de leur tête des jets d'eau qui les font remarquer de loin par les navigateurs et qui leur ont valu le nom de Souffleurs. Ils engloutissent dans leur vaste gueule, avec leur proie, de grands volumes d'eau; et pour s'en débarrasser , sans laisser échapper en même temps leurs aliments, ils la font passer dans les fosses nasales; l’eau s'y amasse dans un sac particulier, et les muscles qui entourent cette espèce de réservoir, en se contractant , la chassent avec violence par les narines , qui sont percées au-dessus de la tête.
D'après la taille gigantesque des Baleines, on serait tenté de croire que ces animaux doivent dévorer les poissons les plus gros ; mais il en est tout autrement : l'absence de dents, l'espèce d'armature de leur bouche et la faiblesse des muscles de leur mâchoire ne leur permettent de s'emparer que des plus petits animaux marins ; leurs aliments ordinaires consistent en petits mollusques, en crustacés longs de quelques lignes, et en zoophytes dont le corps est mou comme de la gelée; mais le nombre de ces êtres étant
immense, elles n'ont pour ainsi dire qu’à ouvrir leur gueule pour
les engloutir par milliers. Du reste, elles sont très voraces, et mangent presque continuellement ; l’eau qui entre dans leur énorme:
bouche, chaque fois qu’elles l’ouvrent, est rejetée au dehors par les narines, et forme au-dessus de leur tête un jet élevé qui. retombe en une espèce de pluie fine. Les Baleines nagent avec une très grande vitesse : n'ayant aucune arme pour se défendre et étant le plus souvent embärrassées de la masse énorme de leur
corps , elles ne sont point capables d'éviter les attaques d'enne-
mis robustes et agiles , et la conscience de leur faiblesse les rend en général timides et craintives ; quelquefois, cependant , elles deviennent furieuses et déploient toute leur force pour se défendre ou pour échapper à leurs persécuteurs ; on assure que lorsqu'elles frappent l'eau avec la queue, elles produisent un fracas pareil à celui d’un coup de canon.
On connaît plusieurs espèces de Baleines. Celle qui est la plus recherchée des pêcheurs est appelée Baleine franche (pl. 8, fig. 5), et se distinuge en ce qu'elle n’a point de nageoire sur le dos ; sa taille n'excède guère vingt-cinq mètres. Jadis elle était assez commune dans nos mers; mais, poursuivie sans cesse par les pêcheurs, elle s’est retirée peu à peu vers le Nord, et ne serencontre plus aujourd'hui que dans les mers glacées qui avoisinent le pôle.
Les CacnaLors sont des Cétacés très voisins des Baleines, mais qui manquent de fanons et qui ont la mâchoire inférieure armée de dents. La partie supérieure de l'énorme tête de ces animaux ne consiste presque qu'en grandes cavités recouvertes et séparées par des cartilages, et remplies d’une huile qui se fige par le refroidissement et qui est connue sous le nom de Blanc de Baleine ou de Spermaceti. :
La substance odorante si connue sous le nom d’ambre gris, et que l’on trouve flottante à la surface de la mer ou rejetée sur son rivage, paraît être une concrétion qui se ferme dans les intestins. des Cachalots, surtout lorsque ces animaux sont affectés de certaines ma:adies.
La pêche de la Baleine et du Cachalot est une branche impor-.
tante du commerce maritime: elle occupe chaque année des flottes eutières, et c'est sans contredit l’école où se forment les marins les plus hardis et les plus expérimentés. Jadis elle était tout entière entre les mains des Basques; mais depuis longtemps nos pêcheurs. ne, s'en occupent que peu, et aujourd'hui cette pêche est faite presque exclusivement par les Anglais et les Américains. Les navires qu'on y emploie sont dirigés, les uns vers le nord, les autres vers le sud.
La pêche du Nord a pour objet la Baleine franche, dont on re-.
tire une quantité considérable d'huile et de fanons : elle se fait dans le détroit de Davis et les mers du Groënland, au milieu des ‘énormes glaçons qui s'élèvent quelquefois au-dessus de la surface de l'eau comme des montagnes flottantes, et brisent par leur choc les vaisseaux les plus forts. Lorsque les pêcheurs aperçoivent une Baleine, ils mettent aussitôt leur chaloupe à la mer et s’avancent en silence vers elle ; l’un d'eux, plus robuste et plus adroit que les autres , se tient debout, armé d’un harpon, sorte de lance attachée à une corde, et aussitôt qu'il est à portée de la Baleine, il le lui lance. Le harpon s'enfonce dans le corps de l'animal, qui, se sentant blessé, plonge aussitôt avec la rapidité d’un trait, et entraîne avec lui la corde attachée à cet instrument; mais bientôt le besoin de respirer le force à remonter à la surface , et alors on le harponne de nouveau. Tourmentée par la douleur, la Baleine fait des efforts incroyables pour se débarrasser des harpons qui la déchirent ; mais enfin, épuisée par la fatigue et la perte de son sang, elle ne peut plus ni fuir ni se défendre; alors les pêcheurs la tirent à eux à l’aide des cordes attachées aux harpons, et l’achèvent à coups de lance ; mais jusqu'à ce qu’elle soit morte, ils évitent avec soin sa terrible queue, dont un coup ferait voler leur chaloupe en éclats. Lorsqu'on s’est assuré que la Baleine est morte, on l’attache aux flancs du navire, et des hommes habillés de vêtements de cuir, et pourvus de bottes garnies de crampons, descendent sur le corps de l'animal et enlèvent par tranches le lard dont toute sa surface est recouverte. Ce lard est ensuite fondu pour en extraire huile, dont on retire quelquefois 120 tonneaux d’une séle Baleine.
La pêche dite du Sud se fait principalement dans l'océan Pacifique, et est dirigée spécialement contre les Cachalots, qui fournissent bien moins d'huile que les Baleines et n'ont pas de fanons, mais donnent des quantités considérables de blanc de Baleine que l'on emploie, comme la cire, pour la fabrication des bougies.
$ 138. Les DavPnins et les Marsouis ont la tête beaucoup moins grosse proportionnellement que les Baleines, et ils ont les deux mâchoires garnies de dents pointues ; ils sont très carnassiers. Enfin il est aussi des Cétacés qui sont herbivores ; tels sont les Lamentins et les Dugongs.
S 139. Tous les mammifères dont nous avons parlé jusqu'iei Sont nourris , avant la naissance , à l’aide d'un réseau de vaisseaux Sanguins constituant un appareil particulier nommé placenta ; ils ne viennent au monde que lorsqu'ils sont déjà pourvus de tous leurs organes , et leur encéphale présente toutes les parties que nous avons signalées dans le cerveau de l'homme. Mais il en est d'autres chez lesquels les petits naissent dans un état d’imperfection ex- “trême ; le placenta paraît manquer complétement , et le cerveau est
dépourvu de mésolobe. On les désigne sous le nom de MammirÈREs DIDELPHIENS, à raison de quelques particularités dans la structure de leurs organes reproducteurs, et ilest à noter que chez tous il existe deux tiges osseuses (appelées os marsupiaux) qui, fixées sur la partie antérieure du bassin, s’avancent entre les muscles du bas-ventre et servent à soutenir les parois de cette cavité.
8 140. Les Saricues, les Kancuroos et les autres mammifères connus sous le nom de Marsurraux, offrent ce mode d'organisation, et se font remarquer par l'existence d'une poche abdominale renfermant les mamelles et servant à loger les petits pendant les premiers temps de la vie. Ceux-ci naissent dans un état d'imperfection extrême : incapables d'aucun mouvement, et ayant à peine des formes distinctes , ils restent pendant un certain temps fixés aux mamelles de leur mère, et cachés dans la poche mammaire dont nous venons de parler. Ils ne s'en détachent que lorsqu'ils sont revêtus de poils, que leurs yeux se sont ouverts et qu'ils peuvent commencer à prendre d'autre nourriture que le lait. Longtemps après qu'ils sont sortis de cette poche, on les voit encore s'y réfugier pour se préserver d'un danger (pl. 7, fig. 44). Quelques espèces sont dépourvues de cette poche, et alors les petits sont pendants sous le ventre de leur mère durant un certain temps; ensuite ils montent sur son dos, et enroulent leur queue autour de la sienne pour se donner un point d'appui.
Les Marsupiaux, qui se trouvent liés d'une manière si intime par le mode de développement de leurs petits, présentent, sous d'autres rapports, de grandes différences. Si l’on examine leur dentition, elle est, chez les uns, tout-à-fait semblable à celle des insectivores, ce qui détermine pour eux un régime analogue; chezd autres , qui ont encore les trois sortes de dents, les molaires sont tuberculeuses au lieu d’être hérissées de pointes, d'où résulte leur régime frugivore; il en est enfin qui manquent de canines, et qui, si l’on ne tenait compte de cette circonstance, devraient être placés dans l’ordre des Rongeurs. Ces animaux diffèrent aussi beaucoup entre eux par leur forme générale et par leurs mœurs.
Les Marsupiaux n’ont encore été rencontrés que dans l’Amérique, dans quelques îles de le mer du Sud , et surtout dans la Nouvelle-Hollande, qui, à quelques exceptions près, ne renferme que des Mammifères de cette famille.
8 441. Enfin, chez d'autres Didelphiens connus sous le nom de Moxorrèmes, l'organisation se rapproche sous quelques rapports de celle des oiseaux et des reptiles : ainsi l'intestin , au lieu de s’ouvrir directement au dehors comme chez les mammifères ordinaires, débouche dans un cloaque commun, de la même manière que chez les oiseaux. L'appareil de la reproduction présente aussi
des anomalies très grandes , et le système dentaire est rudimentaire ; quelquefois les mâchoires sont garnies de lames cornées qui ressemblent beaucoup à un bec de canard. On ne connaît que deux genres ayant ce mode d'organisation , savoir : les Ornithorhynques et les Echidnés.
S 142. En résumé , nous voyons donc qu'il existe parmi les mammifères plusieurs types bien distincts, et que, pour classer ces animaux d'une manière naturelle, il faut les distribuer en treize groupes secondaires ou ordres, savoir : les Bimanes , les Quadrumanes , les Cheiroptères , les Insectivores , les Carnassiers , les Amphibies, les Rongeurs, les Edentés , les Pachydermes, les Ruminants, les Cétacés, les Marsupiaux et les Monotrèmes.