CLASSE DES OISEAUX
$ 143. La classe des oiseaux comprend tous les animaux vertébrés les mieux organisés pour le vol. On les distingue facilement par la forme générale de leur corps, et par les plumes dont ils sont couverts ; mais les caractères les plus importants qu'ils présentent consistent dans la structure de leurs organes intérieurs, et la manière dont leurs diverses fonctions s'exécutent.
En effet, ce sont des vertébrés ovipares, dont la circulation est double et complète, dont le cœur présente quatre cavités , dont le sang est chaud, et dont la respiration est aérienne et double.
Pour les distinguer des autres animaux vertébrés, il suffirait même de dire qu'ils ont la circulation complète et la respiration aérienne et double ; ou bien de rappeler que ce sont les seuls vertébrés ovipares à sang chaud.
La forme générale des oiseaux ne varie que peu, et est en rapport avec le mode de locomotion qui leur est propre. Ils n'atteignent presque jamais une grande taille , et leurs membres postérieurs sont spécialement destinés à la station et à la marche, tandis que: leurs membres antérieurs ne servent jamais ni à la marche, ni à la préhension , ni au ‘toucher, mais forment des espèces de rames très étendues qui sont nommées ailes , et qui, en frappant l'air, y soutiennent et y font mouvoir l'animal.
S 144. Les plumes qui couvrent tout le corps des oiseaux sont des productions très analogues aux poils des mammifères , mais d'une structure plus compliquée. On peut, en général , y distinguer un tube corné qui en occupe la partie inférieure et qui est percé à son extrémité, une tige qui surmonte ce tube, enfin des barbes qui naissent de chaque côté de la tige, et sont elles-mêmes garnies de barbules , lesquelles paraissent quelquefois, à leur tour, frangées sur le bord.
L'organe sécréteur destiné à former la plume se nomme capsule,
et acquiert souvent une longueur considérable ; il croît pendant toute la durée du développement de la plume, et, à mesure que sa base s’allonge, son extrémité meurt et se dessèche dès qu'elle a formé la portion correspondante de cet appendice. Chacun de ces petits appareils se compose d’une gaîne cylindrique , revêtue à l'intérieur de deux tuniques unies par des cloisons obliques, et d'un bulbe central. La substance de la plume se dépose à la surface du bulbe, et, pour former les barbes, se moule en quelque sorte dans les espaces que les petites cloisons dont nous venons de parler laissent entre elles. Dans la portion correspondante à la tige , le bulbe est en rapport avec lasurface inférieure de celle-ci, et, après y avoir déposé une substance spongieuse , se dessèche et meurt ; mais là où le tronc de la plume est tubulaire , la lame de matière cornée que cet organe sécréteur dépose se contourne autour de lui et l'enveloppe complétement : cependant le bulbe, lorsqu'il a rempli ses fonctions, ne s'en dessèche pas moins, et il forme, en se flétrissant, une série de cônes membraneux emboîtés les uns dans les autres, qui remplissent l’intérieur du tube , et sont appelés l'âme de la plume. La plume nouvelle est d'abord renfermée dans la gaîne de sa capsule, qui est souvent saillante de plusieurs pouces hors de la peau, et se détruit peu à peu. La plume se montre alors à nu, et ses barbes, roulées dans le principe, s'étalent latéralement ; l'extrémité de son tuyau reste implantée dans le derme , mais en. général s’en détache facilement, et, à une certaine époque, tombe pour faire place à une plume nouvelle. Ce renouvellement des plumes, qui est appelé mue, s'effectue en général chaque année après la saison de la ponte, et a lieu , pour quelques espèces, deux fois dans là même année, en automne et au printemps; il arrive plus tôt pour les vieux individus que pour les jeunes , et c’est pour l'oiseau une époque de malaise pendant laquelle il perd la voix. La forme de ces appendices tégumentaires varie beaucoup : on en connaît qui manquent de barbes et qui ressemblent à des piquants de porc-épic ; l'aile du Casoar en offre quatre ou cinq; d'autres dont les barbes sont roides et garnies de barbules qui s’accrochent entre elles, de façon à former une grande lame que l'air ne traverse pas (celles qui garnissent les ailes de l’Aigle et du Corbeau, parexemple); d'autresencore dont les barbes et les barbules sont longues, flexibles , et ne s’accrochent pas, ce qui leur donne une légèreté et une mollesse extrêmes {comme celles de la queue et des ailes de l'Autruche); enfin il en est qui ressemblent à un simple duvet (celles appartenant à certaines Cigognes. et connues sous le nom de Marabouts , sont dans ce cas). Enfin leurs couleurs sont variées à l'infini, et souvent surpassent en beauté et en-éclat celles des plus belles fleurs ou des pierres les plus bril-
lantes. En général, les femelles ont un plumage moins riche que le mâle, etabestrare que le jeune oiseau présente les couleurs qu’il conservera toute sa vie; souvent elles changent deux ou trois ans de suite, et quelquefois l'adulte a un plumage d'été tout-à-fait différent de celui de l'hiver. Enfin il est aussi à noter que chez les Oiseaux aquatiques ces appendices tégumentaires sont enduits d'une matière grasse qui les rend imperméables à l’eau, ce qui leur permet de préserver la peau de l'animal du contact du liquide dans lequel il est en partie plongé.
S 145. Le Sovecerre (pl. 8, fig. 7), qui détermine la forme générale des oiseaux, et qui est en même temps l’une des parties les plus importantes de l'appareil du mouvement , se compose à peu près des mêmes éléments que chez les mammifères; mais la forme “et la disposition de plusieurs de ces os sont différentes, et à volume égal ils sont aussi plus légers, car la plupart d'entre eux sont creusés par de nombreuses cellules remplies d'air.
Latéte est petite, les os du crâne se soudent entre eux de très bonne heure , et la face est formée presque entièrement par les mâchoires , qui s’allongent beaucoup et constituent un bec. La mandibule inférieure , au lieu de s’articuler directement avec le crâne,:comme chez les mammifères , est suspendue à un os mobile,mommé os carré où tympanique {1}, qui à son tour, s'articule ‘avec le rocher ; enfin ces mandibules sont enveloppées dans une ‘substance cornée qui tient lieu de dents.
. L'articulation de la tête avec la colonne vertébrale est beaucoup ‘plus mobile que chez les mammifères, et a lieu à l’aide d’une seule éminence arrondie (appelée condyle), tandis que chez ces derniers il enexiste deux. Cette disposition donne à l'oiseau la faculté de ‘tourner la face tout-à-fait en arrière.
Le coudes oiseaux est également très mobile; et , comme les ‘oiseaux prennent en général leur nourriture à terre avec leur bec, ‘ilfaut que cette partie de leur corps soit d'autant plus longue qu'ils sont montés plus haut sur leurs pattes. C’est effectivement ce que l'on remarque presque toujours. Le nombre des vertèbres cervicales varie donc beaucoup.
La Charpente osseuse du tronc est très solide ; chez les oiseaux qui volent (et tous, àun petit nombre d’exceptions près, sont dans “ce cas), les vertèbres du dos qui doivent soutenir les côtes et fourmir, par conséquent, un point d'appui aux ailes, sont tout-à-fait immobiles et souvent même soudées entreelles; les vertèbres lombaires et sacrées se réunissent toutes en un seul os, ayant les mêmes usages que le sacrum des mammifères ; enfin les vertèbres
(1) Ce mode d’articulation de la mâchoire inférieure se retrouve aassi chez les “autres unimaux vertébrés ovipares (c'est-à-dire les reptiles et les poissons).
coccygiennes sont petites et mobiles; la dernière, qui supporte les: grandes plumes de la queue, est ordinairement plus grosse que les autres, et relevée d’une crête saillante.
Les côtes des oiseaux présentent aussi quelques particularités de structure qui tendent à augmenter la solidité du thorax; mais la partie la plus remarquable de la charpente osseuse de cette partie du corps est le sternum , qui, servant à l’attache des principaux muscles du vol, prend un développement extrême, et constitue un vaste bouclier qui s'étend très loin en arrière sur l'abdomen , et présente presque toujours une espèce de carène longitudinale et très saillante que l’on nomme bréchet (voy. pl. 8, fig. 8). On remarque que ce bouclier est d'autant plus développé et plus complétement ossifé que l'oiseau est meilleur voilier.
Les os de l'épaule sontégalement disposés de la manière la plus favorable à la puissance des ailes: ils sont au nombre de trois, savoir : une omoplate, une clavicule et un os coracoïdien. L'omo= plate est très allongée ; la clavicule se soude à celle du côté opposé, de façon à former un os en V, dont la pointe repose sur le ster= num ; enfin l'os coracoïdien est une espèce de seconde clavicule, qui, chez les mammifères , est rudimentaire et confondue avec l’omoplate, mais qui prend ici une grande force, et constitue un arc-boutant qui se porte de l'articulation de l'épaule au sternum. Ces doubles clavicules maintiennent les épaules écartées, malgré les efforts violents en sens contraire que le vol exige, et elles sont d'autant plus robustes que le vol est plus puissant.
8146. L'aile de l'oiseau correspond au membre antérieur des mammifères, et se compose aussi de trois portions principales, savoir : le bras, l'avant-bras et la main. Le bras est formé d'ur humérus qui ne présente rien de remarquable; l’avant-bras, com: posé d’un radius et d'un cubitus, est d'autant plus long que l'oiseau est meilleur voilier ; et enfin la main est réduite à une sorte de moignon servant seulement à l'insertion des grandes plumes de l'aile : on y distingue une rangée d'os du carpe, un os en forme de stylet qui représente le pouce, un seul os métacarpien, soutenan un doigt à deux phalanges, et les vestiges d'un troisième doigt. représenté par un petit os styloïde. |
8 147. Les pennes ou grandes plumes des ailes sont appelée rémiges, et c’est de leur longueur plus encore que de celle des ©: du bras, de l'avant-bras ou de la main que dépendent l'étendut des ailes et la puissance du vol. Chaque fois que l’oiseau veut frap per l'air, il élève l'humérus et avec lui l'aile encore ployée; puis! la déploie en étendant l’avant-bras, ainsi que la main, et l’abaiss: subitement ; l'air qui résiste à ce mouvement lui fournit alors ui
point d'appui sur lequel il se soulève : il se lance ainsi comme ul
projectile, et, une fois l'impulsion donnée à son corps, il incline ou reploie l'aile pour diminuer artant que possible la résistance nouvelle que le fluide ambiant oppose à sa course. Cette résistance et la gravitation qui tend à faire tomber tous les corps vers le centre de la terre diminuent graduellement la vitesse que l'oiseau a acquise par cette percussion de l'air, et s'il ne fait pas de nouveaux mouvements il ne tardera pas à descendre ; mais si, avant que la vitesse acquise par le premier coup d’aile soit anéantie, il en donne un second, il ajoutera une vitesse nouvelle à celle qu'il avait encore, et se déplacera par un mouvement accéléré. Tel est, en effet , le mécanisme du vol.
Il est évident que la résistance de l’air est d'autant plus grande que la masse de ce fluide frappée à la fois par les ailes est plus considérable, et par conséquent que, plus les ailes seront étendues, plus aussi, toutes choses égales d’ailleurs, la vitesse acquise par l'abaissement de ces rames sera grande; il en résulte que non seulement les oiseaux à longues ailes pourront voler plus vite que: ceux à ailes courtes, mais aussi pourront se soutenir plus longtemps dans l’air : car ils ne seront pas obligés de répéter aussi souvent les mouvements de ces organes, et par conséquent aussi se fatigueront moins promptement. Et en effet, tous les oiseaux remarquables par leur vol rapide et soutenu ont de grandes ailes, tandis que ceux dont les ailes sont courtes ou médiocres, compara- -tivement au volume du corps, volent avec bien moins de vitesse et sont condamnés à des repos plus fréquents.
Parmi les oiseaux remarquables par la puissance de leur vol, nous citerons le Condor et les Frégates. Le Condor ou grand Vautour des Andes se tient habituellement sur la crête des rochers . de la Cordilière des Andes , immédiatement au-dessous de la limite des neiges perpétuelles, à un niveau de trois mille trois cents à Quatre mille huit cents mètres au-dessus du niveau de la mer: et cest de ces pitons escarpés qu'il descend dans les vallons et dans la plaine pour chercher sa nourriture, qui consiste principalement en cadavres de grands mammifères ; on prétend même que, réunis plusieurs ensemble, ils peuvent tuer facilement des bœufs , et qu'ils sont assez puissants pour enlever dans leur serre des moutons et des lamas , et les transporter ainsi jusqu'à la cime du Chimboraço et des autres montagnes les plus élevées de la chaîne des Andes. Les Frégates, qui ont les ailes encore plus longues proportionnellement à leur taille, et qui habitent les mers tropicales, ont le vol si puissant qu'elles peuvent s'éloignèr de terre à des distances de
plus de quatre cents lieues.
+ $ 148. Lorsque l'oiseau pose, ce sont ses membres postérieurs qui seuls lui servent de soutien; c’est donc un animal réellement
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bipède, et, commetel, il doit avoir le bassin large et fixé solidemeny à la colonne vertébrale. Les os des hanches , en effet, sont extrème-. ment développés chez les oiseaux , et ils ne forment, avec les vertè-| bres sacrées et lombaires, qu'une seule pièce (pl. 13, fig. 4). En général, cette ceinture osseuse est incomplète en avant ; les pubis ne se réunissent pas entre eux, et la portion ischiatique , au lieu d'être séparée du sacrum par une large échancrure , se soude à cet os par sa partie postérieure, et transforme l’échancrureen un trou. L'os de la cuisse est court et droit, et la jambe se compose, comme chez la plupart des mammifères , d’un tibia , d’un péroné et d’une rotule : seulement le péroné se soude au premier avant d'arriver à sa partie inférieure. Un seul os, qui fait suite à la jambe, représente le tarse et le métatarse, et porte à son extrémité inférieure les doigts, qui sont ordinairement au nombre de quatre ; il n’en existe jamais davantage; mais quelquefois le doigt externe, ou l'interne , que l’on désigne sous le nom de pouce, ou même tous les deux disparaissent, de manière qu’il n’en existe plus que trois, ou seulement deux. Le nombre des phalanges:va presque toujours en augmentant régulièrement depuis deux jusqu'à cinq, du pouee au doigt externe, qui en a toujours le plus. Enfin de ces quatre doigts trois seulement sont ordinairement dirigés en avant, tandis que le pouce est dirigé en arrière; quelquefois le doigt externe se porte aussi en arrière , et cette disposition est surtout remarquable chez les oiseaux grimpeurs , tels que les Perroquets, les Toucans et les Pics.
ILest toujours plus difficile à un oiseau de prendre son vol lorsqu'il est à terre que lorsqu'il peut se lancer d'un point élevé, et chacun sait que la plupart de ces animaux perchent bien plus souvent qu ils ne se posent à terre. Pour se maintenir en équilibre sur une branche, il faut qu'ils l'embrassent avec leurs doigts et la serrent fortement. S'il leur avait fallu déployer pour cela une force musculaire considérable , une telle position aurait été promptement fatigante; mais ici encore un mécanisme très simple rend tout effort presque inutile , et permet aux oiseaux de serrer la branche qui les soutient, même quand ils dorment ; en effet les muscles fléchisseurs des doigts passent sur les articulations du genou et du talon, de façon que lorsque celles-ci se fléchissent, elles tirent nécessairement sur les tendons de ses muscles et font fléchir les doigts; le poids du corps, en affaissant les cuisses et les jambes, détermine donc-ce mouvement ,.et il en résulte que l'animal serre , sans exercer aucun effort , la branche sur laquelle il est perché et s'y maintient fixé.
Il existe des différences assez grandes dans la conformation des pattes, suivant le genre de vie auquel les oiseaux sont destinés. Ainsi, chez les oiseaux doués de la faculté de marcher avec une
grande vitesse, les pattes sont non seulement robustes, mais très longues, et le pied comparativement petit; chez le Casoar et l'Autruche , dont la course est aussi rapide que celle du cheval, cette disposition est très remarquable; et elle s’observe aussi chez le Messager, qui marche à grands pas en poursuivant les serpents, dont iL fait sa principale nourriture. Chez l’Aigle (pl. 9, fig. 2), le Faucon, le Vautour, etc., ces organes sont également robustes, mais courts, et les doigts sont armés de grands ongles crochus et aigus à l'aide desquels ces oiseaux saisissent leur proie, soit pour la déchirer sur place, soit pour l'emporter avec eux; chez les oiseaux conformés pour vivre sur les bords des eaux et y chercher à gué es vers et les poissons dont ils font leur pâture, les pattes sont zrèles , d’une longueur extrême, et nues jusqu'au-dessus du genou pl. 9, fig. 6), disposition qui est très favorable à ce genre d’exisence, et qui a valu aux oiseaux de rivage le nom d’'Echassiers ; enfin, chez les espèces destinées à vivre sur une eau plus profonde, es pattes sont palmées, c'est-à-dire transformées en nageoires par ‘addition d’une membrane qui s'étend entre les doigts sans les: mpêcher de s’écarter (pl. 9, fig. 7), caractère qui se voit chez les: canards , les Cygnes et un grand nombre d'oiseaux aquatiques.
$ 149. Le sens du toucher doit être peu actif chez les oiseaux , L raison de la nature de leurs téguments. Le goût paraît être aussi rès obtus chez la plupart de ces animaux ; et en effet leur langue st presque toujours dure et cornée. En général, il semble en être lemême pour l’odorat ; quelquefois cependant ce sens paraît être rès délicat; car on voit des oiseaux de proie guidés par l’odeur se iriger vers des charognes placées trop loin d'eux pour qu ils uissent les apercevoir, malgré toute la perfection de leur vue.
En général, ce dernier sens est plus développé chez les oiseaux que chez tous les autres animaux. On remarque au fond de leur œil ine membrane plissée nommée peigne, qui s'avance de la rétine rers le cristallin , et qui paraît être de nature nerveuse; il est aussi à 10ter que la face antérieure du globe de l'œil est renforcée par un ercle de pièces osseuses logées dans l'épaisseur de la sclérotique, + qu'outre les deux paupières ordinaires, il y en a toujours, à l'angle xterne de l'œil, une troisième nommée membrane clignotante, qui eut s étendre comme un rideau au-devant de cet organe.
Les oiseaux n’ont pas, comme la plupart des mammifères, un avillon saillant au-devant de l'oreille: les oiseaux de nuit ont seuls une grande conque extérieure, mais qui n'est pas saillante : t l'ouverture de l'oreille est généralement cachée par des plumes \ barbes effilées.
$ 150. Le système nerveux, qui préside aux fonctions dont ous venons de passer en revue les organes, présente aussi dans
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sa structure des particularités remarquables. L'encéphale est moins développé que chez les mammifères; les hémisphères cérébraux en sont encore les parties les plus volumineuses ; mais ils n'offrent pas de circonvolutions, et ils ne sont pas réunis d'une manière aussi complète, car la grande commissure dont nous avons parlé précédemment sous le nom de corps calleux manque dans cette classe. Les lobes optiques, qui chez les mammifères sont petits et restent cachés entre le cerveau et le cervelet, prennent , au contraire, ici un grand développement et se montrent toujours à découvert en arrière et en dehors des lobes cérébraux : enfin, au lieu d'être solides , ils sont creux, comme les lobes cérébraux. Le cervelet est sillonné transversalement par des rainures parallèles et convergentes ; quant à la protubérance annulaire, qui dans la classe précédente réunit entre eux les hémisphères du cervelet, en passant autour de la moelle allongée, elle manque ici de même que chez les reptiles et les poissons. Enfin la moelle épinière des oiseaux est, en général , très longue, et présente deux renflements correspondant à l'origine des nerfs des ailes et des pattes : chez ceux qui volent le mieux , le renflement supérieur est plus développé que l'inférieur, et ceux qui se servent de leurs pattes plus que de leurs ailes présentent une disposition inverse.
$& 151. Le régimé des oiseaux est très varié : les uns se nourrissent exclusivement de graines, d’autres d'insectes , d’autres de poissons, d'autres encore de la chair des mammifères ou des oiseaux encore vivants; enfin il en est qui ne se repaissent que de charognes corrompues. Leurs pattes servent quelquefois à la préhension des aliments , mais le bec est toujours le principal organe employé à cet usage : sa forme varie suivant la nature des aliments et suivant le caractère plus ou moins carnassier de ces animaux : aussi fournit-il au zoologiste d'excellents caractères pour la classification. Une corne solide et plus ou moins dure le revêt extérieurement, et rend ses bords tranchants; mais il n’est jamais armé de véritables dents : aussi la mastication est-elle très incomplète, et en général entièrement nulle. Chez les oiseaux qui vivent de chair et qui ont besoin de déchirer leur proie, les Faucons, les Aigles et les Gypaètes (pl. 9, fig. 4), par exemple, la mandibule supérieure est très courte, très forte, crochue vers le bout, et terminée par une pointe aiguë. Les oiseaux de mer, qui se nourrissent de la chair des poissons trop volumineux pour être avalés d’une bouchée, se font également remarquer par leur bec gros et crochu au bout ; mais cet organe est beaucoup plus allongé que chez les oiseaux de proie, et par conséquent moins puissant. Lorsque les oiseaux piscivores ne recherchent que des poissons ou des reptiles assez petits pour être saisis et avalés avec facilité, le bec devient droit, s’allonge
encore davantage, et ressemble à une pince à longues branches ; les Martins-Pêcheurs, les Cigognes (pl. 9 , fig. 6), etc., nous en offrent des exemples. Les oiseaux qui vivent d'insectes, de vers, de graines ou de fruits, ne présentent rien de semblable : les premiers ont, en général, le bec très grêle, très allongé et droit ou faiblement arqué; à moins toutefois que ce ne soit au vol qu'ils prennent les petits sectes dont ils se nourrissent, car alors le bec est très court, très élargi et profondément fendu , disposition qui se voit chez les Hirondelles , les Engoulevents , etc. , et qui leur permet d'engloutir facilement leur proie dans leur large gueule. Les gramivores, au contraire, ont le bec court, épais, bombé en dessus ou conique, et en général droit.
Une modification de cet organe plus remarquable encore nous est offerte par les Pélicans, oiseaux aquatiques qui portent entre les deux branches de la mâchoire inférieure une grande poche cutanée très extensible , dans laquelle ils accumulent le produit de leur pêche pour le dégorger ensuite et s’en repaître à loisir.
La langue est en général petite , cornée, très extensible; l'os hyoïde, qui la porte, se prolonge en arrière sous la forme de deux longues cornes qui remontent derrière la tête , et sont mises en mouvement par des muscles particuliers (pl. 8, fig. 9).
» $ 152. L’arrière-bouche, ou pharynx, n’est pas séparée de la bouche par un voile mobile, comme chez les mammifères , et les glandes salivaires sont peu développées.
» L'œsophage (pl. 8, fig. 40) descend le long du cou, et présente en général, vers sa partie inférieure, une dilatation considérable appelée le jabot ; cette poche constitue un premier estomac , qui fait saillie au-dessus des clavicules ; elle est très grande chez les Oiseaux granivores, et elle se voit dans les rapaces; mais elle manque dans l'autruche et dans la plupart des oiseaux piscivores. * Au-dessous du jabot, l'œsophage se resserre et pénètre dans le thorax. Bientôt après il se dilate de nouveau pour former le second estomac, appelé ventricule succenturié. Cette cavité est remarquable Par le grand nombre de follicules qui sont logées dans l'épaisseur de ses parois, et qui servent à former un liquide acide destiné à opérer la digestion des aliments (le suc gastrique). Ce ventricule est beaucoup plus grand et plus glanduleux dans les oiseaux qui manquent de jabot que dans ceux qui en sont pourvus. Intérieurement, il s'ouvre dans un troisième estomac, le gésier, dont la forme est globuleuse, et dont la structure varie suivant le régime de ces animaux. Dans les granivores, il présente des parois musculaires d’une forceet d'une épaisseur extrêmes, et est tapissé en dedans par une espèce d'épiderme dur et épais qui ressemble à de la corne; dans les oiseaux de proie diurnes , au contraire, Ses pa-
rois sont extrêmement minces, et dans quelques oiseaux aquatiques, tels que les Hérons et les Pélicans, il ne forme avec le ventricule: succenturié qu'un seul sac.
L'intestin des oiseaux est moins long que celui des mammifères, et se termine dans un cloaque, ou orifice commun, qui reçoit également les conduits excréteurs des organes génitaux et de l'appareil urinaire.
$ 153. Les produits nutritifs de la digestion passent de l’intestin dans le torrent de la circulation par des vaisseaux lymphatiques: qui, en se réunissant. forment deux canaux thoraciques; ces-conduits s'ouvrent dans les veines jugulaires de chaque côté:de la base du cou.
Le sang des oiseaux est chargé de globules elliptiques, et ces particules solides y sont plus abondantes que chez les autres animaux vertébrés.
La circulation se fait ici de la même manière que chez les mammifères ; elle est double et complète, c’est-à-dire qu'avant de revenir au point du départ, le sang passe dans deux systèmes de vaisseaux capillaires, et que tout le sang veineux se change en sang artériel.
Le cœur présente dans son intérieur quatre cavités, savoir : um ventricule et une oreillette placés à gauche, et autant du côté droit. Le sang est chassé par le ventriculegauche dans l'artère aorte, qui le distribue aux vaisseaux capillaires de toutes les parties du corps. Ce liquide revient ensuite au cœur par les veines , et pénètre dans l'oreillette droite, qui le pousse dans le ventricuie droit situé audessous ; cette dernière cavité, en se contractant, envoie le sang, au poumon par l'artère pulmonaire ; le sang passe dans les vaisseaux capillaires des poumons, où il se change en sang artériel ; puis il pénètre dans les veines pulmonaires, et arrive ainsi dans: l'oreillette gauche ; enfin l'oreillette gauche le verse dans le ventricule gauche, d’où nous l'avons vu sortir tout-à-l’heure pour se: distribuer à tous les organes.
Les oiseaux se distinguent de tous les autres animaux vertébrés: par leur mode de respiration, qui est aérienne, comme chez les: mammifères, et qui a lieu, non seulement dans les poumons , mais aussi dans la substance de tous les autres organes. Chez les mammifères , les bronches se terminent dans des cellules qui sont toutes en cul-de-sac, et l'air qui entre dans les poumons ne peut pas aller au-delà, tandis que chez les oiseaux les bronches et les cellules pulmonaires communiquent avec de grandes:cavités , et ce: fluide pénètre ainsi dans toutes les parties du corps, même dans l'intérieur des os et des plumes (pl. 14, fig. 2). Ces cavités, à l’aide desquelles l'air se distribue dans les diverses parties du corps, sont
formées par des lames très minces de tissu cellulaire, et sont désignées sous le nom de poches aériennes.
Le sang subit par conséquent le contact de l’air en traversant les vaisseaux capillaires dé tous les organes, aussi bien que dans les vaisseaux capillaires du poumon, et on peut dire que la respiration de ces animaux est double comme leur circulation : aussi un oiseau consume proportionnellement plus d'air qu'aucun autre animal, et périt plus rapidement lorsque sa respiration est interrompue.
La cavité du thorax qui loge le cœur et les poumons n'est pas séparée de l'abdomen par une cloison musculaire complète comme chez les mammifères ; le muscle diaphragme est rudimentaire , et n occupe que les côtés du corps; mais les poumons sont adhérents aux côtes, de manière à être forcés à se dilater quand ces os s'écartent entre eux : aussi les mouvements d'inspiration et d'expiration se font-ils à peu près de la même manière que chez les mammifères.
Enfin, les oiseaux sont, comme les mammifères, des animaux à sang Chaud, et leur température est même plus élevée que chez les premiers , car elle atteint 40 à 42° centigrades.
$ 154. Les oiseaux, de même que les reptiles, les poissons et la plupart des animaux non vertébrés, sont Ovipares, C'est-à-dire qu'ils pondent des œufs d’où sortent leurs petits.
L'œuf se forme d'abord dans un organe nommé ovaire, et descend au dehors en traversant un long tube appelé oviducte ; il consiste d’abord en un sac membraneux rempli d'une matière jaune, et ce n’est que dans l’oviducte qu'il s'entoure de blanc , puis d'une enveloppe plus solide qui s’encroûte de matière calcaire, et con- Stitue la coquille. Sur la membrane du jaune, on aperçoit un point blanchâtre, qui, en se développant, deviendra le jeune animal, à la nourriture ou à la protection duquel toutes les autres parties de l'œuf sont destinées.
Pour que le jeune oiseau se développe dans l'intérieur de l'œuf, il faut que celui-ci soit maintenu à un certain degré de chaleur ; dans les pays extrêmement chauds, il suffit quelquefois de la chaleur du soleil pour déterminer ce phénomène, et Ià certains oiseaux abandonnent leurs œufs à eux-mêmes: mais dans la plupart des cas il en est tout autrement, et ce sont les deux parents, ou la mère seulement, qui y entretiennent la chaleur nécessaire en les couvrant avec leur corps.
La durée de l'incubation (ou du temps que le Jeune oiseau met à se développer dans l'intérieur de l'œuf) varie dans les différentes espèces, mais est la même pour tous les oiseaux d'une même espèce : elle est de 40 à 45 jours pour les Cygnes, de 25 jours pour
D les Canards, de 21 jours pour les Poules, de 15 à 48 jours pour
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nos Serins domestiques, de 12 jours seulement pour l'Oiseau- Mouche.
Presque tous les oiseaux construisent un nid pour loger leurs œufs et pour servir de demeure à leurs petits, qui, pendant les premiers temps de la vie, sont en général dépourvus de plumes, d'une délicatesse extrême, et incapables de se mouvoir et de se nourrir eux-mêmes. En général, il règne dans ces constructions un art, une adresse et une élégance qui excitent l’étonnement ; et une chose non moins surprenante , c'est la régularité avec laquelle toutes les générations successives exécutent les mêmes travaux et bâtissent des nids exactement semblables, lors même que des circonstances où ces animaux ont été placés ne leur ont jamais permis d'en voir et de prendre des leçons de leurs parents : un instinct admirable les guide et les porte à prendre une foule de précautions dont ils n'apprécient pas d'avance toute l'utilité. Les parois du nid sont ordinairement bâties avec de petites tiges flexibles, etquelquefois mastiquées avec de la terre délayée dans la salive gluante de l'animal; mais leur forme et leur disposition varient beaucoup. Presque tous en garnissent l'intérieur avec des substances molles qu'ils ramassent avec soin, ou même avec un duvet moelleux qu'ils arrachent de leur poitrine. La substance chaude et légère employée dans l'économie domestique sous lenom d'édredon n'a pas d'autre origine ; elle provient d'une espèce de canard appelé Eïider , qui habite les îles des mers arctiques, el qui a l'habitude de se dépouiller de la sorte pour garnir son nid avec le duvet arraché à sa poitrine et à son ventre.
La ponte a lieu, en général , une fois par an, quelquefois deux; et, dans l'état de domesticité, la fécondité devient encore plus grande. Le nombre des œufs est plus considérable chez les petites espèces que chez les grandes : les Aigles n’en pondent qu un ou deux ; la Mésange et le Roitelet, quinze à vingt.
La constance avec laquelle ces oiseaux couvent leurs œufs est admirable. Quelquefois les deux parents se partagent ce soin; d'autres fois le mâle se borne à veiller aux besoins de la femelle pendant que celle-ci reste accroupie sur ses œufs; et dans d’autres espèces, c'est la mère qui s'occupe seule de l’incubation. En général, ce: n’est qu'à regret et poussée par la faim qu'elle quitte pour quelques instants sa progéniture, el lorsque ses ‘petits sont éclos, son instinct maternel la porte à leur prodiguer les soins les plus tendres : elle les recouvre de ses ailes pour les préserver du froid, et leur apporte une nourriture choisie, que souvent elle dégorge dans leur gosier après l'avoir à moitié digérée pour la rendre plus appropriée à leur estomac délicat. On la voit aussi guider leurs premiers pas, leur apprendre à se servir-de leurs ailes, et, lorsqu'un
danger les menace , déployer pour les sauver autant de courage que de dévouement, et on pourrait presque dire d'intelligence Il est cependant quelques oiseaux qui déposent leurs œufs dans des nids qui ne leur appartiennent pas, afin de les faire couver par des nourrices étrangères : tel estle Coucou, qui pond ses œufs un à un dans des nids de Fauvettes, de Bruants, de Merles, ou de quelque autre oiseau insectivore ayant l'habitude de nourrir ses petits avec des aliments convenables aussi pour les jeunes Coucous ; et, chose remarquable, la couveuse qui s'y trouve devient pour ces intrus une mère tendre et infatigable, quoiqu'ils la privent de sa propre progéniture.
L'instinct qui porte l'oiseau à couver ses œufs est, en général, des plus puissants ; et cependant cette impulsion, en quelque sorte aveugle, est susceptible d’être, jusqu'à un certain point, modifiée par les circonstances extérieures : ainsi les Autruches couvent leurs œufs lorsqu'elles habitent les climats tempérés, mais en abandonnent l'incubation à la chaleur des rayons solaires lorsqu'elles vivent sous la zone torride. Il paraîtrait aussi que souvent plusieurs de ces grands oiseaux réunissent leurs œufs dans un même trou, et sere. laient à tour de rôle pour les couver.
$ 4155. Les soins que les oiseaux donnent à leur progéniture sont un sujet d'observation plein d'intérêt ; mais un instinct plus singulier, et par conséquent plus remarquable encore, est celui qui porte certaines espèces à changer de climat suivant les saisons, et à faire, à des époques déterminées de l’année, des voyages plus ou moins longs. Quelques espèces émigrent ainsi pour fur le froid ou pour chercher une température moins élevée, et vont dans le Midi ou dans le Nord pour pondre ou pour y passer le temps de la mue: d’autres changent de pays pour se procurer plus facilement des moyens de subsistances : la plupart des insectivores sont dans ce cas ; mais il est des oiseaux quiexécutent des voyages réguliers sans y être sollicités par aucune cause appréciable, et sans que leur déplacement paraisse porter aucun changement bien notable dans les conditions où ils se trouvent. Du reste, quelle que Soit la circonstance qui rende la migration périodique des oiseaux utile à eux-mêmes ou à leur progéniture, il est bien évident que ce n'est pas elle qui en est ordinairement la cause déterminante : les Oiseaux voyageurs éprouvent à certaines époques de l'année le besoin de changer de place, comme ils éprouvent dans d'autres moments le désir de construire leur nid, sans y être portés par un calcul intellectuel ou par la prévision des avantages qu'ils en recueilleront. C'est un instinct aveugle qui, en général, les pousse, et qui se développe quelquefois indépendamment de tout ce qui peut influer dans le momentsur le bien-être de l'animal. Ainsi, dans des
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expériences faites sur quelques oiseaux voyageurs de n0$ pays, On a vu ce besoin se manifester avec force à l'époque ordinaire, bien qu'on eût le soin de maintenir autour de ces animaux une température constante, de leur donner une nourriture convenable, et qu'on eût eu la précaution de choisir de jeunes individus qui n avaient pas encore pu contracter l'habitude des migrations. Lorsqu'ils changent de climat, ils n’attendent pas pour partir que le froid leur soit devenu insupportable , et ils ne sont pas repoussés peu à peu vers le Midi par les empiétements de l'hiver; mais ils les précèdent, et se transportent de suite et presque tout d’un trait dans les régions tropicales ; souvent on les voit revenir au printemps lorsque la température est encore au-dessous de ce qu'elle était au moment de leur départ ; et, pour certaines espèces , nous le répétons, les migrations ne coïncident avec aucune circonstance extérieure appréciable.
Ce phénomène est par conséquent inexplicable; mais en cela il ne diffère pas de tous ceux que détermine l'instinct, et à mesure que nous avancerons dans l'étude des animaux, nous aurons l'occasion d'en voir un grand nombre qui ne sont ni moins intéressants ni moins incompréhensibles.
Mais de ce que les migrations dépendent d'une impulsion instinctive et aveugle , il ne faut pas en conclure que les circonstances extérieures soient sans influence sur le développement du besoin que les oiseaux voyageurs éprouvent de changer d'habitation ; on remarque. au contraire, que ce phénomène coïncide, en général, avec des variations atmosphériques, et que le moment de l’arrivée et du départ est souvent avancé ou retardé, suivant que la saison froide se prolonge plus ou moins. .
$ 156. Unautre fait non moins curieux dans l’histoire des Oiseaux est la faculté à l’aide de laquelle ces animaux s'orientent dans un pays inconnu, et savent reconnaître à des distances immenses la route à suivre pour regagner leur nid. Les Pigeons voyageurs et les Hirondelles nous offrent un exemple remarquable de cet instinct ou sens incompréhensible pour l’homme. Ni l'instinct ni l'intelligence ne paraissent devoir suffire pour guider certains oiseaux , tels que les Pigeons et les Hirondelles, qui, mis en liberté après avoir été transportés dans des paniers bien fermés à des centaines de lieues de leur nid, prennent leur vol sans hésitation, et se dirigent en ligne droite vers le lieu où est restée leur jeune famille, comme si celle-ci était sous leurs yeux. Lorsque le chien et les autres mammifères retrouvent leur chemin à de grandes distances au suivent de loin la trace de quelque autre animal, ils se dirigent ordinairement en prenant pour guide les sensations reçues par le sens de l’odorat, dont la délicatesse est extrême chez ces animaux ;
mais pour les Pigeons - Messagers, qu'on voit voler d'un trait de Bordeaux à Bruxelles, par exemple, on ne peut supposer rien de semblable, et on ne peut même faire de conjecture sur la nature de la faculté qui les guide.
$ 157. Les oiseaux diffèrent beaucoup moins entre eux que les divers mammifères. À l'exception de quelques modifications dans le plumage, dans la forme générale du corps, dans la disposition du bec et dans la conformation des pieds , ils se ressemblent extrêmement : aussi la classe qu'ils forment est-elle difficile à bien subdiviser.
La classification des oiseaux, comme celle des mammifères , se fonde principalement sur les modifications quise remarquent dans les organes de mastication et de préhension ou de locomotion c'est-à-dire le bec et les pieds.
D'après ces caractères, on les divise en six ordres, savoir : les Rapaces ou oiseaux de proie , les Passereaux , les Grimpeurs, les Gallinacés, les Echassiers et les Palmipèdes.
$ 158. Les Rapaces où OisEAUx DE PROIE Se reconnaissent à la puissance de leurs serres et de leur bec (pl. 9, fig. 4, 2); la mandibule supérieure est robuste. recourbée vers le bout, et terminée en une pointe aiguë propre à déchirer la chair des animaux dont ils se nourrissent, et les doigts, également vigoureux, sont garnis d'ongles crochus et puissants , à l'aide desquels ils saisissent leur proie. En général, toutes les parties de leur corps indiquent une force considérable, et leur aspect dénote leur caractère farouche.
Les uns sont diurnes, et se reconnaissent à leur plumage serré et à leurs yeux dirigés latéralement : ce sont les Vautours, les Gypaètes (pl. 9, fig. 4), les Faucons, les Aigles, les Eperviers, les Milans, les Buses , etc.
Les autres sont nocturnes et constituent la famille des Hiboux (pl. 9, fig. 3), caractérisée par un plumage lâche et par la direction antérieure des yeux.
$ 159. Les PasserEaux ont les pattes grêles , faibles et conformées de la manière ordinaire, c'est-à-dire ni palmées ni armées d'ongles crochus et puissants, ni allongées en forme d'échasses, et ayant un seul doigt dirigé en arrière. Leur bec est faible, droit, et peu ou point crochu, leurs ailes assez grandes ; enfin ils sont tous de petite ou de moyenne taille, et ils ont en général des formes sveltes et légères. Les uns sont insectivores , d'autres sont granivores , et d'autres sont omnivores, et c'est dans cet ordre que se rangent tous les oiseaux chanteurs et la plupart des oiseaux de passage. Le nombre des Passereaux est immense, et nous nous bornerons à Citer comme exemples les Pies-Grièches , les Merles , les Fauvettes, les Hirondelles pl. 9, fig. 4), les Engoulevents, les
louettes, les Moineaux, les Corbeaux , les Oiseaux de paradis, les
Colibris où Oiseaux-Mouches, les Roitelets , les Martins-Pêcheurs et les Calaos.
$ 460. Les Grimpeurs sont des oiseaux qui, avec le régime et l'organisation ordinaire des Passereaux, ont les doigts dirigés deux en avant et deux en arrière ( pl. 9, fig. 5 ), disposition qui leur permet de se mieux cramponner aux troncs et aux branches des arbres, sur lesquels ils grimpent dans toutes les directions, quelquefois même en se servant de leur bec pour faciliter leurs mouvements. On range dans cette division les Toucans, remarquables par leur énorme bec, les Perroquets, les Coucous, les Pics.
& 164. Les Gazurxacés ont le bec médiocre, renflé en dessus, et propre seulement à un régime granivore; les ailes courtes, le corps Jourd, les pattes médiocres et les doigts faibles, mais réunis ordinairement à leur base par un petit repli cutané. La plupart de ces oiseaux volent mal, ne nichent pas sur les arbres , et cherchent leur nourriture à terre. Cet ordre se compose de deux familles bien distinctes, celle des Pigeons et celle des Gallinacés proprement dits, comprenant le Coq, les Faisans , les Paons , les Dindons, les Pintades , les Perdrix, les Cailles, les Lagopèdes ou Perdrix de neige, les Coqs de bruyère, etc.
& 162. Les Ecuassrers 80 reconnaissent à leurs tarses très élevés et à leurs jambes dénuées de plumes vers le bas (pl. 9, fig. 6), disposition qui les fait paraître comme montés sur des échasses, et qui est très favorable, soit à la rapidité de la course, soit au passage à gué dans des eaux peu profondes. Leur taille est en général élancée, et la longueur deleur cou est telle que, tant haut montés qu'ils soient sur leurs pattes , ils peuvent, sans $C baisser , ramasser à terre leurs aliments. Les uns se nourrissent d'herbes, les autres de reptiles aquatiques, de mollusques, de petits poissons, etc.
On range dans cette division les Oiseaux de rivage, tels que les Hérons, les Butors, les Grues, les Cigognes (pl. 9, fig. 6), les Bécasses , les Ibis, les Poules d’eau, les Flamants, etc., et quelques autres genres qui n'habitent pas dans le voisinage des eaux, inais qui ressemblent aux précédents par leur conformation , les Autruches, les Casoars et les Outardes, par exemple.
8163. Enfin, les PauwiPines Ou OrsEAUx NAGEURS SONL caractérisés par leurs pattes, de longueur médiocre , terminées par une large nageoire (pl. 9, fig. 7). Ces rames sont formées par les doigts réunis à l’aide d'un repli de la peau, et sont en général placées très loin en arrière, ce qui est favorable à la nage, mais rend la marche difficile. Nous citerons comme exemples de ce groupe les Manchots et les Pingouins, qui ont les ailes si courtes qu'elles ne peuvent servir au vol; les Pétrels, les Albatros, les Goëlands et les Sternes ou Hirondelles de mer, qui ont au contraire les ailes
longues et le vol puissant; les Pélicans (fig. 5), les Frégates et les Fous, qui sont non moins bien organisés pour le vol que les précédents, et se font remarquer par une palmure encore plus complète des pattes ; enfin les Cygnes, les Oies et les Canards, dont le bec est revêtu d’une peau molle, au lieu d’être garni de corne.