DU SANG
$ 17. Le sang est le liquide nourricier des animaux. — (C'est ce liquide qui entretient la vie dans les organes et leur fournit les matériaux dont 1l se composent. C'est aussi le sang qui est la source de toutes les humeurs formées dans le corps: la salive, les larmes, la bile et l'urine, par exemple.
Chez l'homme et tous les animaux qui s’en rapprochent le plus par leur organisation , le sang est rouge. Chez un grand nombre d'autres il est incolore, ou à peine teinté en jaune ou en lilas.
Les animaux ayant du sang rouge sont les mammifères , les oiseaux, les reptiles, les poissons, et certains vers auxquels on donne le nom d'annélides.
Les animaux à sang blanc sont les insectes, les arachnides (c'est-à-dire les araignées et les autres animaux qui leur ressemblent}, les crustacés ES qui se compose des écrevisses , des crabes, etc.), les mollusques {ou animaux qui ressemblent aux colimaçons et aux huîtres ), et quelques autres êtres.
C'est à tort que l'on regarde vulgairement les mouches comme ayant du sang rouge dans la tête : lorsqu'on écrase un de ces animaux , On voit s s'épancher ; il est vrai, un liquide rougeâtre ; mais cette matière n'est pas du sang, et provient uniquement des yeux de ces petits êtres ; leur sang est blanc comme celui detousles insectes.
Le sang de l'homme et des animaux qui, par leur organisation, se rapprochent de nous , est plus ou moins épais et opaque. Lorsqu'on l'examine au microscope, on voit qu'il est formé de deux parties distinctes, savoir :
49: D'un liquide jaunâtre et transparent auquel on donne le nom de sérum ; 2° d'un grand nombre de particules solides d'une petitesse extrême, qui nagent dans le sérum, et qui sont appelées les globules du sang.
C'est à ces globules que le sang doit sa couleur rouge. Ils sont aplatis, et ressemblent assez à de petites pièces de monnaie qui seraient un peu renflées au milieu. Leur forme et leur grandeur varient chez les différents animaux.
Chez l'homme, le chien, le cheval et presque tous les autres animaux de la classe des mammifères les globules du sang sont circulaires (pl. 4, fig. 4). Chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, Ces globules sont de forme ovalaire ( fig. 4, 6)
C'est chez les mammifères qu'ils sont les plus petits, et chez les reptiles et les poissons qu'ils sont les plus grands.
C'est chez les oiseaux et les mammifères que le sang en contient en plus grande proportion.
Chez les animaux à sang blanc, les globules sont incolores, en général circulaires et en très petit nombre.
Le sang de l’homme renferme de l’eau, de l’albumine, de la fibrine , une matière colorante rouge, plusieurs matières grasses ét un grand nombre de sels , tels que du carbonate et du phosphate de chaux , du lactate de soude, etc.
Dans l’état ordinaire , le sang est toujours fluide , et les globules nagent librement dans le sérum; mais lorsque ce liquide est extrait des vaisseaux qui le renferment et abandonné à lui-même, il présente les phénomènes de la coagulation.
Quand le sang se coagule , la fibrine qui s'y trouve en dissolution devient solide et entraîne avec elle les globules, de façon à constituer une masse gélatineuse rouge, ou caillot, qui peu à peu se sépare du sérum.
Le sang renferme tous les matériaux nécessaires à la réparation et à l'accroissement des organes : il fournit, par conséquent, à toutes ces parties les matières dont elles ont besoin pour se nourrir; il a aussi pour usage d'y produire une excitation qui est nécessaire à l'entretien de la vie.
S 418. Pour apprécier toute l'importance du rôle que le sang remplit dans le corps des animaux vivants, il suffit de saigner un de ces êtres, et d'observer les phénomènes résultant de l'opération.
Lorsque l'écoulement du sang a continué pendant un certain temps, l'animal tombe en syncope, et si l'on n'arrête pas l'hémorrhagie , toute espèce de mouvement cesse en quelques instants ; là respiration s'arrête, et la vie ne se manifeste plus par aucun signe extérieur. Si on laisse l’animal dans cet état, la réalité succède bientôt à l'apparence, et la mort ne tarde pas à arriver. Mais si l’on injecte alors dans ses veines du sang semblable à celui qu'il a perdu, on voit avec étonnement cette espèce de cadavre revenir à la vie; à mesure qu'on lui introduit de nouvelles quantités de sang dans les vaisseaux , il se ranime de plus en plus, et bientôt il respire librement, se meut avec facilité, reprend ses allures habituelles et se rétablit complétement.
. Cette opération, que l’on désigne sous le nom de transfusion, est. certes une des plus remarquables que l'on ait jamais faites ; elle prouve mieux que tout ce que l'on pourrait dire l'importance de l’action des globules du sang sur les organes vivants ; car si l'on emploie de la même manière du sérum, c’est-à-dire du sang privé de globules, on ne produit pas d'autre effet que si l'on se servait d'eau pure, et la mort survient inévitablement.
L'influence du sang sur la nutrition des organes est également facile à démontrer. Ainsi, lorsque, par des moyens mécaniques, on diminue d'une manière notable et permanente la quantité de ce liquide que reçoit un organe, on voit celui-ci diminuer de grosseur, et souvent même se flétrir et se réduire presque à rien.
D'un autre côté, on observe également que plus une partie quelconque du corps fonctionne, plus elle reçoit de sang, et plus aussi son volume s'accroît. En effet, chacun sait que l'exercice musculaire tend à développer davantage les parties qui en sont le siége ; que chez les danseurs , par exemple, les muscles des jambes, et surtout du mollet, acquièrent une grosseur remarquable, tandis que chez les boulangers et les autres hommes qui exécutent avec leurs bras des travaux rudes, les muscles des membres supérieurs deviennent plus charnus que les autres parties. Or, les muscles reçoivent plus de sang lorsqu'ils se coutractent que lorsqu'ils sont en repos, et, par cet afflux du sang, le travail nutritif dont ils sont le siège est activé, et leur volume s’accrit.
$ 19. Le sang, en servant ainsi à nourrir les organes et à y exciter le mouvement vital, s’altère; non seulement il s'appauvrit par le dépôt des particules que ces organes s'approprient et incorporent à leur propre substance, mais aussi il se charge de matières qui se séparent du tissu de ces mêmes organes, et qui, devenus inutiles ou même nuisibles, doivent être expulsés du corps.
Il existe, par conséquent, une différence très grande entre le sang qui se rend aux organes et celui qui les a déjà traversés et qui a servi à les nourrir. On donne au premier le nom de sang artériel , et au second le nom de sang veineux.
Le sang artériel est d'un rouge vermeil; il se coagule très facilement, el contient une grande proportion de globules ; enfin, il est essentiellement propre à l'entretien de la vie.
Le sang veineux est d'un rouge noirâtre; il est moins coagulable et moins riche que le sang artériei ; mais ce qui l'en distingue surtout, c'est qu'il n’est plus propre à exciter le mouvement vital dans les organes qu'il traverse.
Du reste, ce sang ainsi vicié ne cesse cependant pas d’être utile, car il reprend facilement ses qualités vivifiantes.
En effet, par l’action de l'air, le sang veineux se change en sang artériel ; il reprend sa couleur rouge vermeille, et redevient propre à l'entretien de la vie.
C'est cette transformation du sang veineux en sang artériel par le contact de l'air qui constitue le phénomène de la respiration. (Voyez $ 27.)
$ 20. Circulation du sang. — Le sang ne reste pas en repos dans l'intérieur du corps; il traverse sans cesse les organes qu'il sert
à mourrir, et revient se mettre en contact avec l'air dans l'appareil respiratoire, pour se distribuer ensuite de nouveau aux organes. Le transport continuel du sang de l'appareil respiratoire vers tous les organes du corps , et le retour du sang de ces organes à l'appaveil de la respiration, constitue le phénomène de la circuLATIoN.
Ce liquide, comme on le voit, tourne continuellement dans une sorte de cercle : après avoir traversé toutes les parties qu'il est destiné à nourrir , il revient dans un organe particulier se mettre en contact avec l'air, puis retourne aux parties d’où il était venu, les traverse , retourne encore à l'appareil de la respiration, et ainsi de suite tant que dure la vie.
8 21. L'APPAREIL DE LA CIRCULATION, C'est-à-dire l’ensemble des organes destinés à effectuer ce transport, se compose ;
4° Des canaux dans lesquels le sang coule ;
2° Du cœur, qui sert à le mettre en mouvement.
Le cœur est le centre de l'appareil de la circulation ; c’est une espèce de poche charnue en communication avec les vaisseaux sanguins, qui reçoit le sang dans son intérieur et qui, en se resserrant de temps en temps, lance ce liquide dans ces canaux, et y détermine ainsi un courant continuel.
Presque tous les animaux ont un cœur. Cet organe existe non seulement chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons, mais aussi chez les colimaçons, les huîtres et les autres animaux de la classe des mollusques ; chez les crabes et les écrevisses ; chez les araignées, etc.
Les vaisseaux sanguins sont de deux ordres, savoir :
4° Les artères , qu servent à porter le sang du cœur dans toutes les parties du corps ; — 2° les veines, qui rapportent ce liquide de toutes les parties du corps dans le cœur.
Les artères partent du cœur et se divisent en branches , en rameaux et en ramuscules de plus en plus nombreux et de plus en plus déliés, à mesure qu'ils s'avancent et qu'ils se distribuent à des parties plus nombreuses et plus éloignées (pl. 2, fig. 4).
Les veines présentent une disposition semblable, mais qui est destinée à produire un résultat tout contraire, parce que le sang suit dans ces vaisseaux une marche inverse. Elles sont très nombreuses loin du cœur ; mais peu à peu elles se réunissent pour former des canaux plus gros qui , à leur tour , se réunissent aussi de façon à se terminer au cœur par un ou deux gros troncs seulement.
Les dernières ramifications des artères dans la substance des organes se continuent avec les racines des veines, de manière à former une suite non interrompue de canaux étroits dans lequel ie sang coule pour traverser ces organes. di
‘On donne le nom de vaisseaux capillaires à ces canaux déhiés
qui établissent ainsi la communication entre l'extrémité des artères et l'origine des veines (pl. 2, fig. 2). Ce nom leur vient de leur finesse extrême, qui les fait comparer à des cheveux.
Par l'extrémité opposée à celle où se trouvent les vaisseaux capillaires, les artères et les veires communiquent aussi entre elles par l'intermédiaire des cavités du cœur.
Il en résulte que l'appareil vasculaire forme un cercle complet dans lequel le sang se meut pour revenir sans cesse à son premier point de départ.
Ce cercle circulatoire peut être comparé à ün arbre dont le tronc serait reployé sur lui même de manière à faire rencontrer les dernières ramifications des branches avec les dernières divisions des racines ; la portion supérieure du tronc et ses branches représenteraient les artères; la portion inférieure du tronc et les racines représenteraient les veines.
$ 22. Dans tous les animaux qui ressemblent le plus à l'Homme (tels que le singe, le chien, le cheval, le bœuf, etc. ), le cœur est logé, entre les deux poumons, dans la cavité de la poitrine que les anatomistes appellent thorax (pl. 4 , fig. 5 et 6).
La forme générale du cœur est celle d'un cône renversé la pointe en bas et un peu à gauche.
Cet organe est enveloppé par un double sac membraneux nommé péricarde, et s'y trouve suspendu par les vaisseaux qui s'élèvent de son extrémité supérieure et élargie; dans le reste de son étendue, il n'adhère pas du tout aux parties voisines.
La subslance du cœur est presque entièrement charnue : c’est un muscle creux dont les cavités communiquent avec les artères et les veines.
Chez l'homme et chez tous les autres mammifères, de même que chez les oiseaux, il renferme quatre cavités distinctes. Une grande cloison verticale le divise en deux moitiés, formant chacune deux cavités superposées : un ventricule et une oreillette (pl. 4, fig. 2).
Les deux ventricules occupent la partie inférieure du cœur et ne communiquent pas entre eux, mais s'ouvrent chacun dans l'oreillette située au-dessus. |
Les cavités du côté gauche du cœur contiennent le sang artériel, celles du côté droit le sang veineux.
$ 23. Les vaisseaux qui doivent transporter le sang artériel dans tous les organes naissent du ventricule gauche du cœur par un seul tronc appelé artère aorte.
Cette grosse artère rentnte d’abord vers la base du cou, puis se recourbe en bas, en formant une espèce de crosse , passe derrière le cœur, et descend verticalement au- devant de l’échine jusqu à la partie inférieure du ventre. Pendant ce trajes, il se sépare
de l'aorte un grand nombre de branches, dont les principales sont : |
1° Les deux artères carotides, qui remontent sur les côtés du cou et distribuent le sang à la tête (pl. 4, fig. 1, et pl. 2, fig. 4); — 9° les deux artères des membres supérieurs , qui prennent successivement le nom d'artères sous-clavières, awillaires et brachiales, suivant qu'elles passent sous la clavicule, qu'elles traversent le creux de l’aisselle , ou qu’elles descendent le long du bras, où elles se divisent en deux branches appelées artères radiale et cubitale ; — 3° les artères intercostales, qui, en nombre considérable , se dirigent de chaque côté du corps, et marchent entre les côtes; — 4° l'artère cœliaque, qui se rend à l'estomac, au foie et à la rate; — 5° les artères mésentériques , qui se ramifient dans les intestins; — 60 les artères rénales , qui pénètrent dans les reins; —et 7° les artères iliaques, qui terminent en quelque sorte l'aorte, et qui portent le sang aux membres inférieurs : elles descendent le long des cuisses, et prennent là le nom d'artères fémorales, puis se divisent en plusieurs branches qui se terminent dans le pied.
Les veines, qui reçoivent le sang ainsi transmis à toutes les parties du corps, suivent à peu près le même trajet que les artères; mais elles sont plus grosses, plus nombreuses , et en général situées plus superficiellement. Un grand nombre de ces vaisseaux marchent sous la peau, d'autres accompagnent les artères, et, en dernier résultat , tous se réunissent pour former deux gros troncs , qui s'ouvrent dans l'oreille droite du cœur, et qui ont reçu les noms de veines caves supérieure el inférieure (pl. A fig. 4).
Les veines qui viennent des intestins présentent une particularité importante à signaler. Après s'être réunies en un gros tronc, elles pénètrent dans le foie, et s'y ramifient comme les artères, puis leurs rameaux se réunissent de nouveau, et vont se terminer dans la veine cave inférieure, près du cœur. On donne à cet ensemble de vaisseaux le nom de système de la veine porte.
Le sang veineux versé par les veines caves dans l'oreillette droite du cœur descend ensuite dans le ventricule du même côté.
Le ventricule droit du cœur donne naissance à une grosse artère appelée artère pulmonaire, qui reçoit ensuite ce même sang el le porte aux poumons (pl. 4, fig. 4).
Ce vaisseau se divise en deux branches, qui se portent à droite et à gauche pour pénétrer dans les deux poumons correspondants, et se ramifient presque à l'infini sur la surface des petites cellules membraneuses de ces organes. |
Les vaisseaux capillaires par lesquels les artères pulmonaires S0 terminent donnent naissance à des veines qui se réunissent entre elles, et finissent par former deux gros vaisseaux appelés veines
pulmonaires, qui vont déboucher dans l'oreillette gauche du cœur (pl. 4, fig. 1).
Les veines pulmonaires reçoivent par conséquent le sang veineux apporté aux poumons par l'artère pulmonaire, et redevenu artériel par l'effet du contact de l'air dans l'intérieur de ces organes ; elles le reconduisent au cœur, et le versent dans l'oreillette gauche.
Enfin, de l'oreillette gauche, ce liquide descend dans le ventricule gauche, d'où nous l'avons déjà vu sortir pour se distribuer aux différentes parties du corps par l'intermédiaire de l'artère aorte.
S 24. En résumant ce qui vient d'être dit sur la route que le sang suit dans l'appareil de la circulation chez l'Howme, les Mawmirères et les Oiseaux, on voit :
1° Que le sang veineux arrive detoutes les parties du corps par le système veineux général :
2° Que, de ces veines, il pénètre dans l'oreillette droite du cœur ;
3° Que, de l'oreillette droite, il passe dans le ventricule droit ;
4° Que, du ventricule droit, le sang veineux se rend, par l’artère pulmonaire, aux poumons ;
5° Que ce liquide se change en sang artériel dans les vaisseaux capillaires qui terminent l'artère pulmonaire :
6° Que ce sang artériel revient des poumons dans l'oreillette gauche du cœur par les veines pulmonaires ;
7° Que, de l'oreillette gauche, il descend dans le ventricule du même côté ;
8° Que, du ventricule gauche, il est poussé dans l'artère aorte, qui le distribue à toutes les parties du corps ;
9° Et enfin, que dans les terminaisons capillaires du système de canaux provenant de l'artère aorte, le sang artériel agit sur les organes , se change en sang veineux, et passe dans les veines pour retourner encore une fois vers le cœur.
En parcourant le cercle circulatoire , ce liquide traverse donc deux fois le cœur : à l'état de sang veineux dans le côté droit, et à l’état de sangartériel dans le côté gauche de cetorgane (pl.2, fig..2): néanmoins la circulation est complète; car les cavités pulmonaires et les cavités aortiques du cœur ne s'ouvrent pas l’une dans l’autre, et le sang veineux traverse en entier l'appareil respiratoire pour se transformer en sang artériel.
$ 25. Le mécanisme à l'aide duquel le sang se meut dans tous ces vaisseaux est facile à comprendre. Les cavités du cœur se resserrent et s'agrandissent alternativement, et, en se resserrant, poussent le sang dans les canaux avec lesquels elles sont en communication. |
Les deux ventricules se contractent en même temps, et, pen--
dant que leurs paroïs se relàchent, les oreillettes se contractent à leur tour. Ces mouvements de contraction portent le nom de systole, et on appelle diastole le mouvement contraire.
Les battements du cœur se renouvellent très fréquemment ; chez l'homme adulte on en compte ordinairement de soixante à soixantequinze par minute ; chez les vieillards, leur nombre paraît augmenter un peu , et dans les jeunes enfants , il s'élève en général à environ cent vingt. Du reste, une foule de circonstances influent sur la fréquence et la force des battements du cœur ; ils sont accélérés par l'exercice, par les émotions de l’âme et par un grand nombre de maladies; dans la défaillance et la syncope, ils sont considérablement diminués ou même complétement interrompus.
Le ventricule gauche, en se dilatant, se remplit de sang, eten se contractant ensuite, chasse le liquide qu'il contient.
Ce ventricule ne communique qu'avec l'oreillette gauche , par l'ouverture nommée auriculo-ventriculaire , et avec l'artère aorte ( pl.4, fig. 2 ); le sang, au moment de sa contraction, ne pourrait donc que refluer dans l'oreillette ou pénétrer dans l'artère aorte.
Or, il existe autour des bords de l'ouverture auriculo-ventriculaire une espèce de soupape nommée valvule mitrale, qui est disposée de façon à s'élever, et à fermer cette ouverture lorsqu'elle est poussée de bas en haut (pl. 4, fig. 3). Il en résulte que lorsque le sang tend à rentrer dans l'oreillette, la valvule mitrale s'élève, et intercepte la communication entre cette cavité et le ventricule.
Quand le ventricule gauche se contracte, le sang ne trouve par conséquent, pour s'échapper, d'autre route ouverte que celle de l'artère aorte ; il pénètre dans ce vaisseau, qu'il distend avec plus ou moins de force; car ses parois, comme celles de toutes les artères, sont très élastiques.
D'autres valvules, situées à l'entrée de l’artère aorte, empêchent le sang de retourner dans le ventricule gauche , de façon que ce liquide, pressé par la force élastique des parois artérielles , est contiauellement poussé du cœur vers l'extrémité des artères.
Le phénomène connu sous le nom de pouls n’est autre chose que le mouvement occasionné par la pression du sang sur les parois des artères chaque fois que le cœur se contracte. D'après la fréquence et la force de ces mouvements, on peut juger de la manière dont cet organe bat, et en tirer des inductions utiles pour la médecine. Mais le pouls ne se fait pas sentir partout; pour le distinguer, il faut comprimer légèrement une artère d’un certain volume entre le doigt et un point résistant, un os par exemple, et choisir aussi un vaisseau situé près de la peau, comme l'artère radiale au poigne.
L'impulsion reçue par le sang artériel, à sa sortie du ventricule gauche du cœur, se fait encore sentir dans les vaisseaux capillaires
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et dans les veines, et y détermine la marche de ce liquide. Mais il est d’autres circonstances qui tendent aussi à favoriser le retour du sang veineux vers le ventricule droit du cœur: telle est l’exis tence des valvules dans l'intérieur des veines ( pl. 2, fig. 3 ).
Quant au passage du sang à travers les cavités droites du cœur, il se fait de la même manière que dans les cavités gauches. Il existe aussi, entre l'oreillette droite et le ventricule droit, une soupape nommée valvule tricuspide, qui empéche le sang de retourner de ce ventricule dans l'oreillette ( pl. 4, fig. 3), et ce sont les contractions de ce ventricule qui font cireuler ce liquide dans les vaisseaux des poumons, et qui le font parvenir à l'oreillette gauche.
Comme on le voit, ce sont les ventricules qui poussent le sang dans les artères et le font circuler.
Les oreillettes sont des espèces de réservoirs destinés à contenir le sang arrivant par les veines, et à le verser dans les ventricules correspondants. |
$ 26. Telle est la marche du Sang, non seulement dans l'homme, mais aussi chez tous les mammifères et chez les oiseaux. Chez les autres animaux, la circulation se fait d’une manière plus ou moins différente; ainsi :
Chez les Repnizes, le sang veineux venant des diverses parties du corps se mêle avec le sang artériel venant des poumons, et c’est ce mélange qui se distribue aux diverses parties du corps; cela dépend, en général, de la structure particulière du cœur, qui se compose ordinairement de deux oreillettes et d’un seul ventricule.
Chez les Porssoxs, le cœur n'offre qu’une oreillette et un ventricule, ne reçoit que du sang veineux, et envoie ce liquide à l’appareil respiratoire, d'où il se rend dans une artère dorsale destinée à le distribuer dans toutes les parties du Corps.
Chez les Morzusoves, les Crusracis et les Aracunines , le sang circule aussi dans des vaisseaux, et reçoit son impulsion d’un cœur situé à l’origine du système artériel: mais chez les Ixsecrrs , Ce fluide n'est pas renfermé dans des vaisseaux : il est répandu entre les organes , et le cœur est remplacé par un canal musculaire appelé vaisseau dorsal à cause de sa position.