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DE LA RESPIRATION

$ 27. Nous avons vu plus haut {$ 49 ) que le sang artériel par son action sur les tissus vivants, perd les qualités qui le rendent propre à l'entretien de la vie, et qu'après avoir été vicié de la sorte, ce liquide reprend, au contact de l'air, ses propriétés premières.

La transformation du sang veineux en sang artériel, par l'action de l'air, constitue le phénomène de la resptrartow. |

La respiration, ou, en d'autres termes, le contact de l'air, est

ndispensable à tous les êtres vivants ; les plantes, aussi bien que es animaux, en éprouvent un besoin impérieux ; et lorsqu'ils en sont privés , les uns et les autres ne tardent pas à périr.

Lorsque, par une circonstance quelconque, la respiration d’un animal est arrêtée, il survient un trouble très grand dans toutes ses fonctions. Bientôt la vie cesse de se manifester ; l’animal tombe dans un état d’asphyæie ou de mort apparente, et peu de temps après la vie s'éteint complétement.

Au premier abord, on pourrait croire que les animaux qui vivent oujours au fond de l’eau, comme les poissons , sont soustraits à l'influence de l'air, et font, par conséquent , exception à la loi dont nous venons de parler ; mais il n'en est pas ainsi, car le liquide dans lequel ils sont plongés absorbe et tient en dissolution une cerlaine quantité d'air qu'ils peuvent facilement en séparer, et qui suffit pour l'entretien de leur vie ; il leur est impossible d'exister dans de l’eau purgée d'air, et on les voit s’y asphyxier et mourir comme périraient des mammifères ou des oiseaux que l'on soustrairait à l'action de l'air atmosphérique sous sa forme ordinaire.

$ 28. Chez l'Houwe et les autres Mawmirères, l'appareil de la respiration se compose : 1° des poumons , organes qui sont le siége de cette fonction ; 2° des canaux par lesquels l'air arrive du dehors dans l'intérieur des poumons ; 3° des organes qui déterminent l'entrée de l'air dans cet appareil, et qui l'en chassent ensuite pour faire place à une nouvelle quantité de ce fluide.

Les poumons ( pl. 1, fig. 7) sont des organes spongieux et très élastiques, contenus dans la cavité de la poitrine et formés par la réunion d'un grand nombre de vésicules membraneuses, qui ressemblent à de petites cellules, et qui communiquent souvent les unes avec les autres. C’est dans ces vésicules que s'’introduit l'air extérieur : quand il pénètre dans leurs cavités , il les distend et le volume total du poumon augmente : c'est ce qui arrive dans l'inspiration ; quand, au contraire, les poumons se vident de l'air dont ils étaient remplis, leur volume diminue : c’est ce qui arrive dans l'expiration.

Les poumons communiquent avec l'extérieur par la bouche et par le nez.

L'air, pour arriver à ces organes , passe par les fosses nasales Où par la bouche dans le pharynx , puis s’'introduit dans le larynx, descend le long de la trachée-artère et se distribue dans les cellules pulmonaires par d’autres canaux nommés bronches (pl: 4, fig. 7; pl. 3, fig. 4 ).

Les fosses nasales et la bouche aboutissent toutes les deux dans l'arrière-bouche où pharynx, de façon que, suivant le besoin,

l'air nécessaire à la respiration peut arriver dans cette cavité par l'une ou l’autre de ces voies.

Au bas de l'arrière-bouche se trouve une ouverture nommée glotte, qui s'ouvre dans le larynx et y laisse pénétrer l'air.

Le larynx est un tuyau large et court, situé à la partie supérieure et antérieure du cou et servant à la production de la voix.

Inférieurement, le larynx se continue avec un long tuyau nommé trachée-artère, qui descend le long du cou et pénètre dans le thorax. Ce tuyau est formé par une série d’anneaux cartilagineux, et est tapissé intérieurement par une membrane mince, qui revêt également le larynx, et se continue avec celle de l’arrière-bouche. Les anneaux cartilagineux de la trachée-artère sont très élastiques, et empêchent ce canal aérifère de s’affaisser et d'opposer ainsi un obstacle au passage de l'air.

À son extrémité inférieure , la trachée-artère se divise en deux branches, qui se rendent chacune à l’un des deux poumons , et portent le nom de bronches.

Bientôt après leur entrée dans les poumons, les bronches se subdivisent et se ramifient presque à l'infini, de façon à fournir à chaque cellule pulmonaire un petit rameau qui va s'ouvrir dans son intérieur, et y conduit l'air nécessaire à la respiration.

$ 29. L'appareil qui détermine le passage de l'air à travers ces conduits, et qui le fait entrer dans les poumons ou l'en expulse, est le thorax (pl. 1, fig. 5 et 6).

Le mécanisme à l’aide duquel ce phénomène s'effectue est très | simple, et ressemhle en tous points au jeu d'un soufflet, si ce n’est : que, quant aux poumons, l'air pénètre dans ces organes et s’en : échappe par le même conduit, ce qui n’a pas lieu dans le soufflet.

En effet, les poumons sont logés dans une grande cavité appelée poitrine ou thorax, dont les parois sont mobiles et disposées de :

façon à pouvoir s'agrandir et se resserrer alternativement; les poumons en suivent tous les mouvements, et se dilatent ou se resserrent suivant ces divers états : or, dans le premier cas (quand le thorax se dilate), l'air, pressé par tout le poids de l'atmosphère, : se précipite dans la poitrine à travers la bouche ou les fosses na- | sales et la trachée-artère, et vient remplir les cellules pulmonaires de la même manière que l’eau monte dans un corps de pompe dont on élève le piston. Dans le second cas (lors du mouvement | d'expiration), l'air contenu dans les poumons est au contraire com- : primé, et s'échappe en partie au dehors par la voie qui à déjà servi à l'entrée de ce fluide. |

La cavité du thorax est formée principalement par les côtes, qui, en arrière, s’attachent à la colonne vertébrale , et viennent | en avant S'appuyer sur l'os sternum; les espaces que les côtes

aissent entre elles sont remplis par des muscles, et inférieurement. cette espèce de chambre est séparée du ventre par une eloison charnue , appelée le muscle diaphragme.

L'agrandissement de la poitrine, ou l'inspiration, est produit de jeux manières : 4° par l'élévation des côtes; 2° par la contraction ju muscle diaphragme , qui, lorsqu'il est en repos, s'élève en forme le voûte dans l’intérieur de la poitrine, et qui, en se contractant, ’abaisse.

30. Nous avons vu que c’est par le nez ou la bouche , l’arrièrebouche , le larynx, la trachée-artère et les bronches, que l'air pénètre dans les poumons. Le sang veineux, qui doit subir l'influence salutaire de cet air, arrive en même temps par l'artère pulmonaire dans les petits vaisseaux dont les parois de ces cellules sont creusées ; c’est par conséquent à travers les parois mêmes des vaisseaux capillaires que l’air agit sur ce fluide.

Le sang qui arrive aux poumons est d'un rouge noirâtre, et n’est pas propre à entretenir la vie dans les organes; mais aussitôt qu'il est mis en contact avec l'air, il change de nature : sa couleur devient d'un rouge vif; il retrouve ses propriétés vivifiantes , et prend tous les caractères du sang artériel.

L'air atmosphérique qui pénètre ainsi dans les poumons, et qui y produit un phénomène si remarquable, se compose principalement de deux substances très différentes entre elles, l'oxigène et l'azote.

L'oxigène, qui n’entre dans la composition de l'air que pour environ un cinquième (21 parties pour 100 ). en est cependant la partie la plus importante. C'est à l'oxigène que l'air doit la propriété d'entretenir la vie, et de faire brûler les corps combustibles que l’on enflamme.

L'azote, qui entre dans la composition de l’air pour 79 parties sur 100, n’est propre ni à la respiration ni à l'entretien de la combustion. IL ne sert qu'à délayer en quelque sorte l'oxigène et à mitiger l’action trop irritante de ce gaz.

Par la respiration des animaux , l'air change de nature ; son oxigène disparaît peu à peu , et se trouve remplacé par un autre fluide, nommé gaz acide carbonique.

Ce gaz acide carbonique se compose d'oxigène combiné avec du carbone (ou charbon) provenant du sang ; loin d'être propre à l'en-

tretien de la vie, il agit même comme un poison sur les animaux qui le respirent pendant quelque temps. et occasionne la mort.

Il en résulte que , par la respiration des animaux, l'air est peu à peu vicié, et que, s’il n’était pas renouvelé, il ne tarderait pas à produire l'asphyxie (1).

(4) Le gaz acide carbonique, qui, ainsi que l’azole; éteint les corps en combus-

L'air qui s'échappe des poumons se compose de l'azote inspiré , |

d'une portion d'oxigène non employée, et de l'acide carbonique fourni par le travail de la respiration. |

L'air expiré est aussi chargé de vapeur d’eau exhalée par le sang pendant le passage de ce liquide à travers les vaisseaux capillaires des poumons. Cette vapeur devient très visible lorsque le! froid la condense au moment de sa sortie du corps, et elle constitue ce que les physiologistes appellent la transpiration pulmonaire. |

$ 31. Puisque l'air est promptement vicié par la respiration, et, que son oxigène disparaît pour être remplacé par de l'acide carbonique, on comprend facilement que ce fluide doive se renouveler sans cesse dans l'intérieur des poumons , et c'est effectivement ce qui a lieu par suite des mouvements alternatifs d'inspiration et d'expiration.

Nous sommes avertis du degré d’altération que l’air a subi dans nos poumons par un sentiment qui nous porte à le renouveler. Ce sentiment, peu appréciable dans la respiration ordinaire, parce que nous nous hâtons d'obéir au besoin fréquent d'un renouvelle= ment de l'air, devient douloureux s'il n’est pas promptement satisfait; à ce degré, il est accompagné d’anxiété ét même d'angoisse, avertissement instinctif du besoin impérieux de la respiration.

Chez l'homme, on compte environ vingt mouvements d'inspiration par minute. |

Chez tous les mammifères, chez les oiseaux et les reptiles , la respiration à lieu dans les poumons, et à peu près de la même manière que chez l’homme. |

1l'est seulement à noter que chez les oiseaux l'air ne s'arrête pas | dans les poumons, mais les traverse pour se répandre dans toutes | les parties du corps, même dans l'intérieur des os et des plumes; ce qui donne lieu à une respiration plus active que chez les ani- | maux dont les poumons ne sont pas perforés de la sorte.

tion, se forme également dans la combustion du charbon, et pendant la fermentation ! du vin et de la bière, qu’il rend pétillants et mo sseux.

C'est de l’action de cet acide sur l’économie animale que dépend l'asphyxie pro- | duite par la vapeur du charbon, ainsi que lu plupart des accidents du même genre | qui ont lieu dans les mines, les souterrains, les puits, et dans les cuves où fermente | le vin ou la bière.

Dans une grotte près de Naples, il s'en dégage continuellement de l’intérieur de | la terre, et ce gaz occasionne des phénomènes qui, au premier aperçu, paraissent | très singuliers, et excitent la curiosité de tous les voyageurs : lorsqu'un homme entre dans cette caverne, il n’éprouve aucune gêne dans la respiralion ; mais s’ilest | accompagné d’un chien , cet animal ne tarde pas à tomber usphyxié à ses pieds, et périrait promptement, si on ne le reportait au grand air. Cela dépend de ce que l’a- | cide carbonique , étant beaucoup plus lourd que l'air, ne s’y élève pas, mais reste près du sol, et y forme une couche d'environ 70 centimètres d'épaisseur, Or, un | chien qui pénètre dans la grotte se trouve par conséquent plongé tout entier dans | ce gaz méphitique , el doit nécessairement s’y asphyxier ; tandis que l'homme, dont | la taille est beaucoup plus élevée, n'a que là partie inférieure de son corps exposée à l'action de l'acide carbonique, et respire librement l'air pur qui se trouve au-des- | sus, Ce lieu remarquable est connu sous le nom de la Grotte du Chien.

$ 32. Chez la plupart des animaux aquatiques , tels que les poissons , les écrevisses, les huîtres , etc. , il n’existe pas de poumons, et la respiration est effectuée par des espèces de franges membraneuses que l’on nomme branchies (pl. 24 , fig. 1 et 8, br. ).

Enfin, chez les insectes, l’air nécessaire à l'entretien de la vie pénètre dans toutes les parties du corps par des canaux particuliers appelées trachées ( pl. 24, fig. 3).

Il est aussi des animaux qui n'ont ni poumons , ni branchies , ni trachées , et dont la respiration a lieu par la surface de la peau. Le ver de terre est dans ce cas.

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