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STRUCTURE DES PLANTES EN GÉNÉRAL

$ 3. Les plantes diffèrent beaucoup entreelles par leur forme extérieure, mais offrent une grande similitude sous le rapport des matériaux dont leurs organes se composent. En effet, si l’on examine, à l’aide du microscope, la structure intérieure des végétaux, on trouve que ces êtres sont composés en enlier de tissu cellulaire seulement, ou bien de tissu cellulaire uni à des fibres ou à des vaisseaux.

Les végétaux composés en entier de tissu cellulaire sont appelés plantes cellulaires, et ceux formés par du tissu cellulaire et des vaisseaux sont nommés plantes vasculaires. À

Nous allons examiner ici la structure des organes élémentaires qui concourent à la formation des tissus; nous verrons, en parlant de la nutrition, la formation, la multiplication et le mode d'union de ces organes.

$S4. Tissu cellulaire. — Letissu cellulaire des végétaux consiste en une multitude de vésicules ou utricules à parois propres, remplies en général d’une substance liquide, demi-fluide ou solide. Tantôt ces petites vessies sont arrondies et faiblement unies entre elles (pl. 1, fig. 4); tantôt, et le plus souvent, elles sont si fortement pressées les unes contre les autres, qu’elles s’aplatissent dans les points par lesquels elles se touchent, et prennent une forme polyédrique. Leur union devient en même temps si intime, qu’il est difficile de les isoler, et que les cellules formées par leurs cavités paraissent séparées seulement par des cloisons simples, comme le seraient des cavités creusées dans une masse continue (les cellules d’un gâteau de cire, par exemple).

n BOTANIQUE.

Ces cellules ou utricules varient beaucoup par leur figure, leurs dimensions et leur constitution intérieure. Tantôt elles ont la forme de petites sphères ou d’ellipsoïdes (pl. I, fig. 1), tantôt elles constituent des polyèdres assez réguliers (des cubes, des colonnes prismatiques, des dodécaëdres, etc. [pl. I, fig. 2 et 5]); d’autres fois elles se conlournent d’une manière très-irrégulière, et deviennent plus ou moins rameuses (pl. 1, fig. 3 et 4); enfin, elles s’aplatissent quelquefois de façon à ressembler à des lames minces. Leurs parois sont souvent d’une ténuité extrême; souvent aussi elles sont très-épaisses, et la membrane qui les constitue peut être unie et parfaitement homogène, ou bien marquée d’un certain nombre de points ou de lignes qui ont été pris pour des pores ou des fentes, mais qui en général ne sont pas des orifices, et résultent seulement de quelque inégalité dans l'épaisseur de cette membrane elle-même (pl. 1, fig. 1,2, 4).

Effectivement, les parois de ces cellules sont d’abord formées par une lame simple, homogène et continue; mais, par le progrès du développement, une nouvelle couche de matière organisée se dépose bientôt sur la face interne de la première, puis une troisième plus intérieure encore sur la face interne de la seconde, et ainsi de suite jusqu'à ce que la cellule ait acquis tout son accroissement (pl. 1, fig. 5). Or, ces couches nouvelles ne sont pas continues comme le feuillet externe; elles manquent dans quelques points, et ce sont ces solutions de continuité des lames internes qui, vues à travers la lame externe, occasionnent l'apparence de pores ou de fentes. Il est aussi à noter que ces marques sont placées irrégulièrement, ou bien disposées de façon à simuler des fils ou des bandelettes enroulées en spirale (pl. I, fig. 6). Enfin, c’est aussi à la nature des matières contenues dans l’intérieur de la cellule que celle-ci, de mème que le tissu à la composition duquel elle concourt, doit sa couleur; car la membrane utriculaire primitive est incolore, et, à l’aide des réactifs chimiques, on peut mème enlever les principes colorants qui, déposés dans sa cavité, y donnent tantôtune teinte verte, lantôt une couleur jaune, bleue, rouge ou brune.

Quelquefois la membrane externe de l'utricule vient à disparaître dans les points qui correspondent aux lacunes de la couche interne, el alors il en résulte de véritables trous par lesquels les cavités des utricules voisins communiquent entre elles ; mais cette disposition parait être rare.

On donne le nom de parenchyme au tissu cellulaire formé par la réunion des utricules dont nous venons de parler, et on appelle lacunes ou méats les espaces vides que ceux-ci y laissent souvent entre eux, lorsqu'ils sont arrondis ou de forme irrégulière (pl. ],

fig. 1, 8, 4; pl. IL, fig. 12, 13 et 14; pl. IL, fig. 1 et 2, etm). Ces cavités, dont les dimensions et les formes varient, ont des usages importants, comme nous le verrons par la suite. — On nomme spécialement mérenchyme le tissu cellulaire dans lequel les utricules sont lächement unis.

S 5. Tissu fibreux.— Le tissu fibreux, que l’on nomme aussi prosenchyme, se compose d’utricules, comme le tissu cellulaire ; mais ceux-ci, au lieu de se développer à peu près également dans tous les sens, ou de s’aplatir, s’allongent beaucoup, s’atténuent à leurs deux extrémités, et prennent la forme d’un fuseau effilé ; disposition que les botanistes ont voulu rappeler en désignant ces corps sous le nom de clostres (pl. I, fig. 7).

La structure des closires est d’ailleurs analogue à celle des utricules du tissu cellulaire, et, par suite de la manière dont s’effectue le dépôt de couches nouvelles sur la face interne de leurs parois, on y rencontre les mêmes apparences que dans ceux-ci. Ainsi leur cavité tend à se remplir, soit par la formation de couches continues, soit par la production de couches interrompues d’espace en espace paf des lacunes simulant des pores ou des fentes ; et la disposition des marques résultant de ces solutions de continuité intérieures, aperçues à travers le feuillet externe, varie de la même manière que dans letissu cellulaire.

S 6.Tissu vasculaire. — Les organes élémentaires dont se compose ce tissu ne semblent différer des clostres que par une longueur encore plus considérable; ce sont des tubes, en général cylindriques, qui s’étendent quelquefois presque d’une extrémité du végétal à l’autre, et qui offrent, d'espace en espace, des étranglements plus ou moins prononcés. Tantôt ces vaisseaux paraissent résulter de l'allongement excessif d’un simple utricule, cellule ou clostre ; tantôt, au contraire, de l'union intime de plusieurs utricules placés bout à bout, et dont les parois se seraient perforées aux points de soudure, de façon à faire communiquer entre elles leurs cavités respectives, et à constituer un canal continu.

Il existe chez les végétaux deux classes de vaisseaux, savoir : 19 les vaisseaux ordinaires, dont les parois sont toujours plus ou moins sculptées, et offrent ainsi des ponctuations, des raies, des spirales, etc. (pl. I, fig. 9, 10, 11, 12, 13); 2 les vaisseaux du latex ou vaisseaux propres, dont les parois sont simples et homogènes. Les premiers sont des tubes ordinairement droits, qui ne se ramilient que peu ou point ; les seconds ont en général une marche plus ou moins flexueuse, et s’anastomosent souvent entre eux de manière à constituer un lacis comparable au système vasculaire des animaux. |

$ 7. Les VAISSEAUX ORDINAIRES sOnt les seuls dontles anciens botanistes se soient occupés, et, d'après les différences qu’on remarque dans leur-structure, on les distingue en trachées, vaisseaux annulaires, Vaisseaux réticulés, vaisseaux rayés, vaisseaux ponctués et vaisseaux mixtes.

$8. Les rracnées sont des tubes cylindriques, effilés à chaque bout, et:constitués par un ou plusieurs fils enroulés en spirale, sans ‘tunique externe; de facon que le tout ressemble assez à un élastique de bretelle qui serait fortement comprimé (pl. 1, fig. 12). Cette absence de tunique enveloppante distingue les tra chées des autres vaisseaux appelés fausses trachées, et qui sont composés d'une membrane mince et transparente, doublée intérieurement par une seconde couche formée par un fil spiral. Le fil de la vraie trachée, qui est ordinairement d’un blanc nacré, se continue sans interruption d’une extrémité du vaisseau à l’autre ; sés divers tours de spire peuvent se toucher ou laisser entre eux un intervalle plus ou moins considérable. Dans les jeunes tissus ils sont faiblement soudés les uns aux autres, et l’on parvient aisément.à dérouler le fil ainsi contourné en hélice; mais par les progrès de l’âge cette soudure peut s'effectuer. Quelquefois, au contraire, cette espèce de bandelette spirale se fend longitudinalement en deux ou en plusieurs fils, et alors chaque tour de spire, au lieu d’être simple, se compose de deux ou de plusieurs brins réunis en faisceau. Dans les fausses trachées, l’existence de la spiräle simple ou complexe parait dépendre de la manière dont S’opère la consolidation de la couche nouvelle qui, par les progrès du développement, se dépose sur la face interne de la cellule tubiforme, de la mème manière que nous l’avons vu pour les utricules du tissu cellulaire; car, lorsqu'un de ces vaisseaux commence à se conslituer, il ne se compose que de sa tunique externe, et c’est plus tard que celle-ci est renforcée par la production de 14 tunique spirale.

S9, LeS VAISSEAUX ANNULAIRES Ont beaucoup d’analogie avec les trachées ; seulement, ici, outre l’existence d’une tunique externe, la spirale intérieure n’est pas régulière et s’interrompt d'espace en espace, de façon à constituer des anneaux plus ou moins parfaits.

$ 19. Les vaISsEAUX RÉTICULÉS paraissent être aussi une simple modification de tubes qui, s'ils se développaient d’une manière plus complète, constitueraient des fausses trachées régulières ou des vaisseaux annulaires. En effet, on y remarque sur la face interne de la tunique primitive une sorte de réseau irrégulier, qui semble être dû à ce que la couche intérieure ne s’est pas fendue d’une ma-

nière continue, ou à ce que les bords de la bandelette spirale, résultant de cette division, se sont soudés entre eux d'espace en espace.

S 11.-Les VAISSEAUX RAYÉS, OU SCALARIFORMES (pl. [, fig. 13), sont caractérisés par l'existence de raies transversales qui n’occupent qu’une portion de la circonférence du tube, et qui sont en général placées très-régulièrement les unes à côté des autres, de façon à simuler les barreaux d’une échelle (scala). Cette disposition parait dépendre d’une légère modification dans le mode du développement de la couche interne, que nous avons vue constituer ailleurs une bandelette spirale ou des anneaux. Mais la forme générale de ces vaisseaux n’est pas tout à faitla même que celle des tubes dont il vient d’être question ; au lieu d’être plus ou moins effilés à chaque bout, ils sont composés d’utricules terminés plus ou moins abruptement, et en général ajustés l’un sur l’autre par une surface oblique assez large.Il faut aussi remarquer que ces vaisseaux sont tantôt cylindriques, tantôt prismatiques.

S12. Les vaissEAUxX PONCTUÉS (pl. I, fig.9 et11) ont des parois parsemées d’une multitude de points qui simulent des pores, et on y remarque aussi d'espace en espace des étranglements ou des cercles obscurs. Ces points dépendent, comme dans les utricules du tissu cellulaire, de l'existence d'autant de petites lacunes dans les couches internes du tube dont la membrane externe est continue, et les étranglements ou les cercles qui en tiennent lieu paraissent correspondre aux points de soudure des divers utricules dont chacun de ces tubes se compose. En effet ces vaisseaux ponctués ne sont pas formés chacun d’un utricule tubulaire unique, mais résultent de la superposition et de l'union intime d’une série d’utricules peu allongés et disposés en chapelet. Quelquefois ces tubes sont assez régulièrement cylindriques ; mais souvent aussi ils sont tout à fait moniliformes (pl. 1, fig. 11), et en général on trouve dans leur intérieur des replis circulaires ou des bourrelets qui correspondent aux étranglements situés au point de rencontre de deux utricules primitifs, et qui semblent être les débris des espèces de diaphragmes qui, dans l’origine, devaient les diviser en autant de loges qu’il y avait d’utricules superposés. Il est aussi à noter que ces vaisseaux ponctués acquièrent des dimensions plus considérables que celles des trachées et des autres espèces de vaisseaux; Souvent on peut apercevoir à l'œil nu leur canal intérieur.

S 13. VAISSEAUX MIXTES.—On distingue sous cenom des tubes qui participent aux caractères de deux ou de plusieurs espèces de vaisseaux, et qui présentent, par exemple, dans une partie de leur

longueur, une structure voisine des trachées, et un peu plus loin celle d’un vaisseau rayé, réticulé ou ponctué (pl. I, fig. 10). Ces vaisseaux peuvent résulter de la soudure et de la fusion intime de deux ou de plusieurs tubes d'ordres différents réunis bout à bout, et dont les parois se détruiraient intérieurement aux points de contact, ou bien d’une irrégularité dans le mode de développement de la couche interne dans diverses parties d’un seul et même tube primitif; et du reste, quelle que soit la cause de cette disposition, elle fait voir que la différence entre ces diverses espèces de vaisseaux ne peut pas être d’une grande importance physiologique. ‘

S 14. VAISSEAUX LATICIFÈRES.—Les vaisseaux du latex, ou vaisseaux propres (ainsi nommés parce qu’ils contiennent des sucs propres à la plante dans laquelle on les rencontre), sont des tubes qui, au lieu d’être fermés aux deux bouts comme les trachées et autres vaisseaux, communiquent librement entre eux par des branches transversales, de façon à constituer un réseau. Leur paroi est membraneuse, transparente et homogène, et ils paraissent suivre dans leur développement une marche inverse à celle des vaisseaux ordinaires. Primitivement composés d’un canal continu, ils présentent ensuite des renflements et des étranglements successifs déterminés par la stase du liquide qu’ils renferment. Ces étranglements rapprochent plus tard les parois opposées du tube, des cloisons se forment d'espace en espace, et le vaisseau se résout en un certain nombre d'espèces d’utricules isolés (pl. I, fig. 14 et 15). C’est tout récemment que les botanistes ont étudié ces sortes de vaisseaux.

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