ÉPIDERME
et de Feuilles, qui constituent, soit elles-mêmes, soit par leurs métamorphoses, les expansions latérales à cet axe.
La vie du végétal, telle que nous l'avons définie, consiste en deux ordres de phénomènes : les uns, destinés à conserver l’existence de l'individu, et appelés du nom général de Fonctions de nutrition ; les autres, ayant pour but dasdine la perpétuilé de l'espèce, et désignés sous le nom de Fonctions de reproduction. Les organes, suivant leur rôle physiologique, appartiennent à la première ou à la seconde de ces deux classes, et sont en conséquence Organes de nutrition ou Organes de reproduction. C'est sous chacun de ces deux titres que nous en parlerons, en faisant précéder l'histoire des fonctions par celle des organes. Mais, avant même de commencer cette étude, il convient d'examiner d’abord quelques modifications principales du tissu cellulaire, qui donnent naissance à plusieurs ordres d'organes accessoires que nous retrouverons sur presque toutes les parties du végétal : une enveloppe commune, l'Épiderme ; des appendices saillants, les Poils et les Aiguillons ; des organes généraux de sécrétion, les Glandes.
S 16. Épiderme.— Si l'on place un rameau ou une feuille pendant quelque temps dans l’eau, il se sépare d’abord de sa surface une couche blanche ou transparente, suivant l'épaisseur des parois des utricules qui lacomposent, et nommée en général Epiderme ; puis, si la macération est suffisamment prolongée, cette enveloppe ellemême se divise en deux couches, l’une plus intérieure, qui conserve le nom d’épiderme proprement dit, l'autre extérieure , qui prend celui de pellicule épidermique ou cuticule.
Chez les végétaux d’un ordre inférieur et d’une structure extlusivement cellulaire (Algues, Champignons, Lichens, Mousses), l'épiderme manque tout à fait, et les utricules de la surface, quelquefois légèrement modifiés par le contact de l'air, en tiennent lieu. Dans les plantes d’une organisation plus complète, la présence ou l'absence de l’épiderme dépend de la nature du milieu dans lequel se développent les parties, et © ’est l'étendue de leurs rapports avec l’air atmosphérique qui détermine la perfection de cette enveloppe. Ainsi, les parties complétement submergées sont privées de tout épiderme, et les feuilles qui nagent sur l'eau n'en sont revêlues que sur leur face supérieure, qu’elles présentent à à l’air. Ainsi, les racines, sur lesquelles l'atmosphère exerce nécessairement une faible influence, sont couvertes d’une couche épidermique imparfaitement caractérisée, qui diffère du lissu sousjacent beaucoup moins que cèlle des parties exposées à l'air, et qui quelquefois même se confond avec lui. Quant aux organes qui possèdent essentiellement un épiderme, c’est seulement lorsqu'ils
sont jeunes qu’ils présentent cette enveloppe entière ; plus tôt ou plus tard, selon les plantes, l’épiderme se dessèche, se morcelle, disparait, et laisse à nu les tissus qu'il protégeait d’abord.
$ 17. Dans l’épiderme proprement dit, il faut distinguer deux choses, les cellules et les stomates.
Les cellules épidermiques (pl. Il, fig. 1, 14e, 15 ee; pl. HE, fig. 1 e, 2e), en général incolores, de dimensions à peu près égales, et plus grandes que celles qu’elles recouvrent, sont juxtaposées en une seule couche, rarement en deux ou trois, et présentent les diverses formes que nous avons énumérées en parlant du tissu cellulaire. La forme prismatique comprimée dans le sens de leur épaisseur, et nommée tabulaire, est celle qu’elles affectent le plus généralement. Par leur paroi inférieure, ces cellules adhèrent faiblement au parenchyme sous-jacent: par leurs parois latérales, elles sont intimement unies entre elles sans méats; disposition qui donne de la solidité à l’épiderme, et permet de l’isoler facilement. Leur paroi supérieure, souvent plus épaisse, est quelquefois plane, quelquefois bombée, et saillit même quelquefois en donnant naissance à un poil ou à un organe analogue; de là la surface unie, rugueuse ou hérissée de l épiderme.
Les stomates (pl. I, fig. 41 s, 14 s,15 s) sont de petites fentes de forme plus ou moins ovale, comparables à des boutonnières ou à de petites bouches percées dans l’épiderme, et correspondant à des lacunes intercellulaires, dont les usages paraissent être très-1mportants dans la respiration (pl. 1, fig. 14 1, 15 1). Les ourlets qui bordent ces boutonnières, les lèvres de ces petites bouches, sont formés par deux utricules, remplis surtout de granules de couleur verte, arqués, unis par leurs extrémités, et s’élevant en un rebord saillant. Suivant les conditions diverses de sécheresse ou d’humidité atmosphérique, ces utricules se rapprochent ou s’éloignent, et laissent ainsi plus ou moins béante l'ouverture qu'ils forment par leur concavité. On peut dire que la présence des stomates est le caractère essentiel de l’épiderme, car on n’en rencontre pas là où l’épiderme manque; et s’il est vrai que l’épiderme recouvre surtout les parties qui sont en rapport avec l'air, il est vrai aussi que les stomates y sont d'autant plus nombreux que l'air exerce une action plus complète sur ces parties. En effet, jamais ils n’existent sur l’épiderme des racines ou des organes souterrains, non plus que sur les organes submergés; ils se trouvent au contraire sur les parties vertes, en petit nombre sur les branches, très-abondants sur les feuilles plongées tout entières dans l'atmosphère. C’est surtout sur la face inférieure de ces dernières que les stomates sont répandus avec profusion, et c'est, dit-on, à leur présence