POILS
qu'est due la couleur terne de cette face : ils s’y élèvent jusqu’au nombre de cent vingt à cent quarante mille sur une surface carrée de vingt-cingmillimètres dans la feuille du Lilas, tandis qu'il n'yen a point sur la face supérieure de la mème feuille. Distribués sans ordre, disposés en ligne droite, ou groupés entre eux, tantôt les stomates s'élèvent au niveau même de l’épiderme, tantôt ils s’enfoncent au-dessous de lui.
$ 18. La pelliculeépidermique ou cuticule est unemembrane mince et continue, qui revêt même les plantes inférieures ou aquatiques dépourvues d’épiderme,qui recouvre l’épiderme lui-même, se moule sur toute sa surface, enveloppe comme d’une gaine tous les organes qui la hérissent, et se perce vis-à-vis des stomates (pl. IT, fig. 10). A cause de sa généralité, quelques botanistes lui réservent le nom d’épiderme. Nous étudierons plus tard sa formation.
S 19. Poils.— Lespoils sont des expansions cellulaires, longues et menues, quipeuvent se rencontrer à la surface de toutes les parties des plantes, même dans leurs cavités, d'autant plus nombreuses que ces parties sont plus délicates ou plus jeunes, et qui semblent destinées à les protéger contre les insectes et l'atmosphère, en même temps qu’à modérer l’activité de l’évaporation. Leur surface, en général lisse, est quelquefois rugueuse ou dentée : ils sont enveloppés par la cuticule, qui forme autour d'eux comme une seconde membrane (pl. 11, fig. 10). Leur forme est rarement cylindrique, le plus souvent effilée en alène, quelquefois arrondie en massue ; ils peuvent se diriger dans tous les sens.
Si le poil résulte de l’élongation d’une seule cellule, comme celui que nous avons vu se former par la paroi supérieure de l’épiderme, il prend le nom d’unicellulé (pl. 1, fig. 21 et 22) ; s’il se compose de la réunion de plusieurs cellules placées bout à bout, il est dit cloisonné ou multicellulé (pl. 1, fig. 23, 24 et 25). Dans ce second eas, le poil peut présenter une série d’étranglements qui le divisent en autant de grains dans toute sa longueur, et lui donnent l'apparence d’un chapelet : on l’appelle alors moniliforme (pl. Y, fig. 24). Quel que soit d’ailleurs le nombre des cellules qui le composent, il est simple, s’il n'offre aucune subdivision ; rameux, S'il donne naissance à plusieurs branches.
Les cellules, au lieu de se superposer une à une, se juxtaposent quelquefois parallèlement à la surface, sur laquelle elles apparaissent comme un repli de l’épiderme, unesorte de petite écaille, chez les Fougères, par exemple; elles forment, dans ce cas, un poil scarieux, ordinairement brunâtre. Plusieurs poils, partant d’un même point, composent un ensemble qu’on désigne sous le nom de poil en pinceau, si les poils s'élèvent dans une même direction,
et sous celui de poil étoilé, s'ils s’étalent parallèlement à l'épiderme (pl. I, fig. 26). La cuticule soude quelquefois entre eux ces poils divergents, et en forme un disque radié qui adhère par son centre à l’épiderme, et reflète souvent les couleurs les plus vivess cette écaille discoïde a reçu le nom de poil en écusson (pl. I, fig. 27). Quelques modifications de poils sont distinguées par des noms particuliers. On appelle soies, des poils roiïdes, opaques, souvent isolés ; cils, des poils courts qui bordentles organes.
Le nombre des poils et les différentes manières dont ils s’arrangent entre eux fournissent d'excellents caractères pour la description des parties dont ils modifient l'aspect. Un organe est glabre, s'ilest dépourvu de poils; — poilu, s'il en est garni ; — soyeux ou cilié, quand il présente une des deux modifications que nous venons d'expliquer plus haut ; — hérissé, si les poils qu’il porte sont droits et roides ; — pubescent, s'ils sont mous, courts et rares, — velu, s'ils sont mous, longs et rapprochés ; — Jaineux, s'ils sont mous, longs et croisés ; — cotonneux, s’ils sont courts, crépus et feutrés.
$ 20. Aiguillons.— Si les cellules, au lieu de se disposer sur un rang, S'agglomèrent en plusieurs couches qui s’allongent, s’épaississent et se durcissent, leur ensemble prend le nom d’aiguillon ; telle est la seule différence qui distingue celui-ci du poil, auquel il ressemble d’ailleurs à sa première formation (pl. IV, fig. 1). I ne faut pas confondre les aiguillons avec les épines, comme on le fait dans le langage ordinaire, pour le Rosier, par exemple : une texture exclusivement cellulaire, un arrangement arbitraire et variable sur les parties qu'ils couvrent, une origine toute différente, comme nous le verrons en parlant des épines, sont des caractères qui séparent nettement les aiguillons de ces derniers organes.
$ 21. Glandes.—Les glandes sont des cellules destinées à sécréter des liquides particuliers, c’est-à-dire à choisir, dans les matériaux généraux de la nutrition, les éléments de certains sucs qu’elles élaborent, qui appartiennent spécialement à l'organe, ou exclusivement à la plante dont elles font partie, et qui doivent êtreexcrétés au dehors ou absorbés par le végétal. Ces cellules ne diffèrent en rien des cellules du tissu utriculaire ; leur structure est aussi uniforme que leur fonction : leur contenu seul les distingue. Les sucs sécrétés peuvent quelquefois suinter de leurs parois, et c’est à cette transsudation que certains végétaux doivent leur viscosité.
Eu égard à la position qu’elles occupent par rapportà l’épiderme, les glandes ont été divisées en poils glanduleux et en glandes proprement dites.
Si une ou plusieurs cellules sécrétantes sont portées sur un filet
qui les exhausse au-dessus de la surface de l’épiderme, le support et sa glande prennent le nom de poil glanduleux (pl. L, fig. 16). Tel est le poil de l’Ortie brülante, dont le sommet, brisé dans la peau, l’enflamme et l’irrite, en y introduisant à la fois un corps étranger et un suc vénéneux (pl. [, fig. 17). A cette catégorie appartiennent aussi les poils désignés sous Le nom de poils en navette, à cause de leur forme, ou sous celui de poils malpighiacés, du nom des plantes qui les portent; couchés horizontalement sur la feuille, ces poils roides et piquants y adhèrent par leur milieu, au moyen d’une glande qui sert de lien entre eux et l’épiderme{pl. I, fig. 18).
Sous la dénomination de glandes proprement dites ou super ficielles, on comprend, 1° celles qui ne saillissent que peu ou point audessus de la surface de l’épiderme, et 2° celles qui s’enfoncent au-dessous de son épaisseur, mais qui néanmoins ne s’éloignent jamais de son voisinage. On dit les premières pédicellées, si elles se rétrécissent inférieurement pour s'attacher à l’épiderme (y. I, fig. 19); sessiles, dans le cas contraire. Répandues en grand nombre ettrès-rapprochées sur une surface, elles prennent le nom de papilles. Parmi les secondes, on appelle vésiculaires celles que leurs parois transparentes dessinent comme des points diaphanes, tantôt incolores, tantôt colorés par les huiles volatiles qui les remplissent, et parsemant la surface des parties où elles se trouvent. L'état stationnaire des sucs qu’elles contiennent empêche de les confondre avec les vaisseaux propres dont les liquides sont soumis à un mouvement circulatoire; ce sont ces sortes de glandes qui composent presque entièrement la peau de l’Orange (pl. IL, fig. 20).
On donne aussi le nom de glandes à des dégénérescences ou à des avortements d'organes qui prennent la nature glanduleuse; les plus remarquables sont les nectaires, qui abondent dans les fleurs, et produisent le suc miellé que viennent recueillir les abeilles.
Les glandes, quels que soient d’ailleurs leurs noms, présentent deux modifications importantes : les cellules qui les composent circonscrivent une cavité centrale, ou s'unissent en une masse sans
lacune ; les glandes sont creuses dans le premier cas, pleines dans le second.
$ 22. Les organes de nutrition sont: la Tige, la Racine et la Feuille. Nous examinerons ici leurs formes diverses, leurs espèces et leur structure, nous réservant de parler de leur accroissement et des produits particuliers qu’elles renferment, en traitant des fonc-
tions de nutrition, dont ils sont la conséquence, et d'étudier leur formation, à propos des fonctions de reproduction net elle est le résultat.