‹ Cahiers d'histoire naturelleChapitre 92 sur 235 · ENVELOPPES FLORALES · texte numérisé non relu

ENVELOPPES FLORALES

$ 181. En énumérant les parties qui composent une fleur complète, nous avons vu que le calice et la corolle ne sont pas celles qui jouent le rôle important dans la reproduction ; qu’elles nesont que des organes de protection désignés sous le nom d'Enveloppes

florales. Mais il arrive très-souvent que les fleurs ne présentent qu’une de ces enveloppes, et, dans ce cas, c’est presque toujours le calice qui persiste : aussi donne-t-on àces fleurs incomplètes le nom d’Apétales. I] peut se faire, cependant, que le calice avorte réellement, que la corolle seule se développe; on en connaît quelques exemples. La loi de la disparition de la corolle, quand on ne rencontre qu’un des deux verticilles protecteurs, est donc générale; du moins chez les Dicotylédones, car, pour les Monocotylédones, cette question a été longtemps controversée, et a donné lieu à des hypothèses et à des appellations nombreuses.

En effet, si quelques plantes monocotylédones, les Alismacées, par exemple, nous offrent bien évidemment les deux ordres d’en- veloppes florales, la plupart ne présentent pas une organisation aussi nettement caractérisée. Les unes possèdent, pour enveloppes

florales, des folioles toutes colorées, blanches, bleues, rouges, jaunes, panachées, comme le Lis, la Tulipe, la Jacinthe; les autres, comme les Joncs, ont pour enveloppes des folioles vertes ; d’autres enfin portent des folioles colorées intérieurement, et vertes à l'extérieur. Chez les premières, celles dont les folioles sont colorées, on esttenté de reconnaitre tout d’abord une corolle; et chez les secondes, dont les folioles sont vertes, un calice; la face inférieure colorée des troisièmes, et leur face extérieure verte, semblent indiquer la soudure d’un calice et d’une corolle. C’est, en effet, ainsi que plusieurs botanistes ont interprété les faits. Mais si l'on applique ici la loi de la position relative des parties, si importante quand il s’agit de reconnaitre leur véritable nature, on remarque que les folioles de l'enveloppe florale sont disposées en deux verticilles, et l’on est conduit logiquement à considérer les trois folioles externes comme un calice, et les trois internes comme une corolle. Cependant si cette conséquence est justifiée pour beaucoup de fleurs, pour les Lis, par exemple, dont les folioles externes présentent une structure différente des folioles internes, il n’en est pas de même pour toutes Îles plantes Monocotylédones, et la difficulté de pouvoir toujours suffisamment distinguer les deux verticilles a conduit des botanistes à n’admettre, en général, qu'une sorte d'enveloppes florales, qu'ils n’ont voulu appeler exclusivement ni du nom de calice, ni du nom de corolle, et pour laquelle ils ont formé le nom de périgone, ou, plus généralement, le périanthe.

C’est sous cette appellation commode que nous désignerons l’enveloppe florale des Monocotylédones, bien qu’il puisse être plus rigoureux de représenter l'organisation propre aux diverses familles de cette grande classe, à l’aide des mots calice et corolle

convenablement modifiés par une épithète, en disant, par exemple, de la Tulipe et du Lis, que leurs deux verticilles sont pétaloïdes ; des Joncs, que leurs deux verticilles sont calicinaux; des Alisma et des Tradescantia, que leur verticille extérieur est calicinal, et leur: verticille intérieur pétaloïde.

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