‹ Cahiers d'histoire naturelleChapitre 98 sur 235 · I. FRUITS APOCARPÉS · texte numérisé non relu

I. FRUITS APOCARPÉS

8239, 1° Indéhiscents. — Les fruits apocarpés indéhiscents sont charnus ou secs.

Les premiers ont un endocarpe durci en noyau, et sont monospermes, primitivement ou par l'avortement des autres ovules. On leur donne le nom de Drupes, quand le mésocarpe est très-épais et succulent, comme la Pêche, l’Abricot, la Prune, la Cerise, etc. ; on les appelle Noix, quand le mésocarpe, moins épais, constitue le brou, comme les fruits de l'Amandier, du Noyer, etc.

Les seconds, ceux qui sont secs, et dont les parties du péricarpe plus mince ne présentent pas les différences que nous offrent les précédents sont monospermes, comme ceux dont nous venons de parler. Les noms qui en désignent les principales espèces sont ceux de Cariopse, d'Achaine, de Gland et de Samare.

Le Cariopse à un péricarpe mince, adhérent aux téguments propres de la graine et confondu avec eux, circonstance qui lui a valu autrefois le nom de graine nue, alors qu’on regardait l'enveloppe du fruit comme tégument de la graine, et qu'on croyait à l’absence du péricarpe. Les Graminées, Blé, Avoine, Orge, Riz, Seigle, etc., nous fournissent des exemples de cariopse. Le son que l'on obtient de ces graines par le broiement n’est autre chose que le péricarpe et les téguments de la semence confondus.

L’Achaine diffère du cariopse, en ce que le péricarpe est distinct de la graine, qui n’y adhère que par son funicule. Quelquefois, cependant, la graine se soude par places au péricarpe, et le fruit présente en quelque sorte une transition des achaines aux cariopses. Les Borraginées, les Renoncules, les Roses nous montrent des Achaines dont la disposition est variable, comme on peut le comprendre, si l'on se rappelle ce que nous avons dit sur l’'arrange-

ment des ovaires de ces plantes sur le torus. Les fruits des Composées, Chardon, Soleil, etc., sont aussi-des achaïines, mais dont le calice est adhérent, comme nous l’avons vu plus haut. Un achaine à péricarpe mince et membraneux porle quelquefois le nom d’utricule.

Le Gland est un fruit monosperme, par suite de l’avortement constant de tous les ovules, moins un seul dont le péricarpe coriace ou ligneux porte à son sommet les débris du limbe du calice, et est plus ou moins enveloppé par l'involucre nommé cupule. Il se rapporte, par ce caractère, aux fruits anthocarpés. Tel est le fruit du Chêne, etc.

La Samare (pl. IX, fig. 21) se distingue par une lame membraneuse qui s'étend en forme d’aile, et qui est tantôt marginale, quand l’aile est déterminée par le prolongement des nervures latérales, et tantôt dorsale, quand l’aile résulte du repli aminei et prolongé de la nervure médiane. Souvent deux samares s’accolent, comme on le voit dans le Sycomore (Acer pseudoplatanus).

Quand les fruits apocarpés indéhiscents, drupes, noix, achaines ou autres, sont en grand nombre sur un torus, ils peuvent se disposer en verlicille, si Le torus est une surface plane, ou se placer à différentes hauteurs, si le torus se creuse comme dans le Rosier, ou se bombe comme dans le Fraisier. En général, on y peut retrouver la disposition spirale, et ses divers groupements se décrivent par des mots empruntés aux inflorescences, drupes en épis, achaines en tête, etc. Cette observation s'applique aussi aux fruits que nous allons étudier.

S 240. 2° Déhiscents. — Les espèces principales de fruits apocarpés déhiscents sont le Follicule, la Coque, le Légume ou Gousse, le Lomentum.

Le Follicule (p/. IX, fig. 22) est le fruit que nous avons souvent cité comme rappelant le mieux l'origine du carpelle, une feuille repliée sur elle-même; dans le follicule, en effet, la déhiscencese fait par la suture ventrale, et le carpelle se résout en une petite feuille. Le Pied d’alouette, l’Ancolie et beaucoup d’autres Renonculacées, le Laurier rose, la Pervenche et beaucoup d’Apocynées, des Asclépiadées, etc., nous en fournissent de nombreux exemples.

Les deux espèces suivantes se ressemblent en ce que la déhiscence se fait à la fois par la suture ventrale et par la suture dorsale; mais la Goque ne contient guère qu’une ou deux graines, et a un péricarpe ligneux ou crustacé, comme le fruit de la Fraxinelle ; tandis que la Gousse Ou Légume (pl. IX, fig. 23) contient des graines plus nombreuses attachées longitudinalement d'un seul côté à sa suture ventrale, et a un péricarpe membraneux de forme

allongée et comprimée, comme les fruits de la famille des Légumineuses qui lui doit son nom : les Pois, les Haricots, les Fèves, etc., en sont des exemples familiers.

Le Lomentum (pl. IX, fig. 24) ne diffère des légumes que parce que sa cavité est étranglée d’espace en espace, et coupée, à ces étranglements, par des cloisons transversales, qui forment autant de petites loges renfermant chacune une graine, et qui se dédoublent ensuite. Les Casses, les Coronilles, les Sainfoins, ont des fruits de cette espèce.

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