BARONVILLE
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Procès-verbal.
18 mars 1789,
« Sont comparus par-devant moi, Nicolas Patez, syndic de la communauté de Baronville. »
Village composé de 71 feux.
Députés : Nicolas Patez, laboureur; Joseph Hugy, laboureur.
Signatures : N. Patez, syndic; Joseph Hugy , premier élu;J, Paul us, deuxième élu; N. Haman,* troisième élu; N. Leblanc, greffier; Jean Petitmangin ; Jean Mathias.
Cahier des remontrances, plaintes et doléances de la communauté de Baronville
Art. I. — Les impositions publiques dont les habitants sont chargés, sont exorbitantes; ils se trouvent hors d'état de les payer; ce qui le prouve, c'est la difficulté d'en faire les levées, et ces courses fréquentes qui abîment la communauté ; la multiplicité de ces impôts augmente encore les dépenses : un seul impôt serait préférable au grand nombre multiplié.
Art. 2. — Les salines causent le plus grand dommage à tout le pays : si elles subsistent, il sera impossible de se pro-
curer du bois ; et déjà actuelleinent les pauvres et les médiocres sont obligés d^employer les pailles pour chaufler le fourneau et le four; de là provient le défaut d'engrais; et, les terres n'étant pas graissées, il est tout simple qu'elles ne produiront plus. Ce qui est encore de plus révoltant, c'est que le sel de la première qualité passe à l'étranger qui ne le paye qu'à six liards ou deux sols la livre, tandis que ceux qui sont le plus à portée des salines le payent à sept sols neuf deniers la livre ; encore n'ont41s que celui de la dernière qualité ; et ce qui est encore plus frappant, c'est que les Lorrains qui environnent notre village ne payent le même sel qu'à six sols un liard la livre; nous n'envions pas la préférence qu'ils ont sur nous, mais nous ne demandons que la justice. Nous demandons avec instance la suppression des salines. Le sel étant marchand, on s'en servira pour faire des nourris ; le pauvre pourra en avoir à son besoin, tandis qu'au prix qu'il est, il est forcé de s'en passer; et le bois que consomment ces salines servira pour nous chauffer.
Art. 3. — Un bon moyen pour soulager le peuple qui est réduit à la dernière des misères, et pour subvenir au besoin de l'État, serait d'ériger les Trois-Évêchés et le Clermontois, de même que les autres provinces du Royaume, en province d'État, qui n'aurait qu'un receveur qui verserait directement les impositions dans les coffres du Roi ; de là suit nécessairement la suppression de la Ferme, absolument nécessaire pour le bien de l'Etat et des sujets, tous et chacun en particulier ; par là, nous serions délivrés des persécutions que nous essuyons d'une foule presque innombrable d'employés qui nous assiègent continuellement; de là, nous ne serions plus obligés de nous arrêter à chaque bureau pour prendre des acquits; d'autant plus que notre village est entouré de tous les côtés de villages lorrains, et qu'on ne peut y faire entrer ou sortir quoi que ce soit, qu'on ne soit muni d'acquits, haut-conduit; inquiété, tantôt par un buraliste qui veut exiger à sa volonté, tantôt par des employés qui nous tyrannisent. Les impôts sur les cuirs, les marques de fers, et une infinité d'autres sur les marchandises dont nous avons besoin absolument, augmentent nos maux, et nous en sollicitons aussi la suppression.
Aux. 4- — Nous sommes dans un pays humide; les brouillards y sont fréquents ; le tabac nous devient par là nécessaire.