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c)raJalioiis et préjudices que ce canal et les clôtures occasionnent aux prairies, il aura la bonté d'y remédier.
Observations sur les bois
Il y a des côtes en bois qui régnent sur toute la lonqueur des terres du ban, lesquelles portent un qrand préjudice par leurs ombres et les eaux qui en descendent dans les terres ; d'ailleurs, les bêtes sauvages qui s'y tiennent renfermées qui dans le temps de la maturité des grains, viennent ravager souvent la grande partie de l'espérance des récoltes ; les cultivateurs soulFrenl d'être environnés des bois et sont avec tous les sujets du canton pour ainsi dire privés de l'aisance d'avoir du bois pour leur nécessaire.
Les forets appartiennent dans ce canton plus des trois quarts au Roi : toutes les coupes annuelles que l'on y fait serve;. t à approvisionner les salines de Dieuze, Moyenvic cl Château- Salins.
Les directeurs desdites salines se procurent encore, outre les forêts du Roi, les coupes des seigneurs des environs; souvent l'on remarque que l'on leur accorde le privilège dans l'espérance d'être plus exactement payés.
Nous, étant voisins des forêts et des salines, sommes obligea d'aller souvent chercher notre provision de bois, et pour tous les bois nécessaires à charpente et charronnage que l'on ne peut trouver dans le voisinage, que du côté de Morhange à cinq et six lieues de distance de Hampont.
Les salines sont des usines royales et qui sûrement rapportent beaucoup à son Domaine, mais sont très préjudiciables à la production de la terre : les laboureurs s'occupent à voiturer pour les salines et négligent les cultures de leurs terres.
La nécessité en oblige le grand nombre d'aller demander du secours aux ofliciers des salines, lesquels ont soin de saisir les moments de leur besoin d'argent pour leur en délivrer, et leur proposer des traités de voitures : le traité étant passé et payé, les bons moments de cultiver viennent, mais ces officiers forcent les laboureurs d'abandonner leurs cultures pour voiturer ces bois; leurs cultures négligées, leurs récoltes ne rapportent pas pour s'approvisionner de chevaux et payer leurs canons; c'est ainsi la perte des laboureurs de notre canton, et qui reflue sur tout le public. Si cesdites snlii>es étaient appro-
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visionnées de bois par des chevaux à leur compte, les cultivateurs resteraient libres pour leurs cultures; ou, si l'on réduisait lesdites salines à la moitié de la consommation des bois que chacune consomme, laissant en chaque canton les cimes d'une coupe pour les vendre aux habitants, ils pourraient y tirer leur provision, et les pauvres qui sont hors d'état de payer les frais d'envoyer des voitures à cinq lieues ne seraient pas forcés d'aller ravager les ioréts voisines.
Dans les forets du Roi il y a des bois propres à charj)ente, charronnage et à tous ouvrages; l'on découpe cependant toutes ces belles pièces pour du bois de quatre pieds j)our lesdites salines; l'on ne sait présentement où aller })Our avoir des bois de bâtiment et charronnage. Ah! quel dommage de découper ces belles pièces aux yeux de ceux qui en ont si grand besoin, qui les j)ayeraient volontiers et n'en trouvent point aux environs qu'à cinq et six lieues, éloignés des canaux desdites salines.
S'il était possible de pouvoir accorder au public en chaque canton une coupe de cimes chaque année dans les bois du Roi, ainsi que du bois de charronnage et charpente, ce serait rendre ix grand service au j)ublic qui en payerait volontiers le ]>rix.
Autrefois l'on accordait dans les forets du Roi le j)arcours jiour les bestiaux depuis les crûtes de six ans et au-dessus; présentement on ne l'accorde que depuis dix ans, dans les- (juelles les bestiaux ne trouvent presque pas à j)âturer, étant g'nés pour y fréquenter. Tous les laboureurs désirent qu'il plaise à Sa Majesté accorder l'usage ancien.
Observation sur le prix du sel
Les sujets Français ainsi que les Lorrains regrettent tous le tem|)s (pi'ils ne payaient le sel qu'à onze sols le pot faisant les deux livres; le |)rix actuel les accable; ils entendent dire aux voyageurs et étrangers cpie, dans les j)roviiices voisines et éloignées des salines, le meilleur sel y est transj)orté, et (pie l'on vend à plus bas prix ; cependant les sujets environnant les salines sont gênés de toutes parts par les forets du Roi, les entrepôts, canaux, voitures et tout ce qui a rapport aux salines, et par les routes et chemins que les voitures dévorent le long des années pour approvisionner lesdites salines et en transporter le sel; ce qui occasionne de grands préjudices au public,
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qui ne jouit pas du privilège que jouissent les provinces éloignées : ils espèrent que Sa iMajesté, considérant tous ces dommages,aura la bonté de diminuer le prix du sel dans la province desTrois-Êvêchés et de la Lorraine.
Observations sur le commerce
Les sujets Français ainsi que les Lorrains ont tous le bonheur d'appartenir au même souverain ; ceux qui par leur industrie veulent se mêler de commercer dans l'intérieur du canton qui est mélangé par des villages et des bans Lorrains et Français sont exposés tous les jours d'encourir des contraventions.
Il y a des bureaux établis en difTéreiits endroits pour y distribuer des acquits à ceux qui traversent ces cantons mélangés de Lorraine et de France : ces bureaux sont pour ainsi dire des filets tendus pour y arrêter les commerçants et ceux qui se procurent leur provision du nécessaire, La première étude que les commerçants doivent faire pour se parer des contraventions, c'est de s'informer où sont placés les bureaux du canton ; car il y a des employés en grand nombre dispersés en difTér.Mits endroits, qui veillent pis que les chats ne font après les souris, pour faire des reprises : souvent les commerçants, ne connaissant pas la limite des bans Français et Lorrains, sont repris sans qu'ils aient cru avancer contre les ordonnances. Il peut arriver que l'homme le plus fidèle à son roi pourrait être repris; c'est pour ainsi dire faire des commerçants un esclavage de les assujettir dans l'intérieur des provinces du royaume à ces bureaux; plaise à Sa Majesté nous délivrer de cette servitude, qui est pour ainsi dire un fléau, et avoir la bonté d'accorder la liberté du commerce dans l'intérieur des provinces du royaume ; c'est un moyen d'encourager l'agriculture et de diminuer les impôts, en y employant les appointements de ces employés, qui était un argent perdu.
Observations sur les routes et chemins
Notre village est placé dans un canton éloigné d'une lieue et demie des grandes routes, les chemins étant impraticables dans les temps pluvieux.
Par le règlement nouveau, la répartition des dépenses pour les réparations des routes s'est faite au marc la livre; l'intention de Sa Majesté a été sans doute de soulager les pauvres à cet
égard, lesquels, avant ce règlement, étaient obligés d'y travailler autant que la première classe.
Nous croyons prudent de représenter que les routes servent plus au clergé, aux seigneurs et aux commerçants qu'aux roturiers. Dans une armée, chacun s'empresse de travailler à vaincre, parce que l'on voit que les grands ainsi que les petits partagent les peines.
Si l'on voyait tous les entretiens des charges communales des chemins des bans et des routes répartis sans privilège sur tous ceux qui les fréquentent, depuis le berger jusqu'au Souverain, sans exception du clergé, ni des nobles, chacun s'empresserait de payer de bonne volonté, et alors ce serait le moyen de l'aire cesser les critiques.
De l'état des sujets de la province
L'on ne remarque dans la province des Trois-Evêchés et de la Lorraine que le clergé, les seigneurs, les officiers des salines, ceux qui occupent les commissions des contrôles, sceaux et bureaux royaux qui peuvent vivre commodément; l'on voit que ceux qui parviennent dans ces places font dans peu de temps changer leur fortune, les appointements dont ils sont gratifiés les tranquillisent, et sont exempts d'être tourmentés par les travaux pénibles que les cultivateurs et manœuvres sont obligés d'exercer pour se procurer le nécessaire à la vie.
Ce|)endant toutes ces différentes classes que l'on peut nommer les heureux de ce siècle ont été jusqu'à présent exempts de toutes charges communales et impositions, tandis que les laboureurs roturiers, artisans et manœuvres, qui sont tourmentés par les travaux continuels qu'exige leur état, ont été jusqu'à présent et sans reconnaissance pour ainsi dire de la part d'aucuns, épuisés par les fatigues et les frais des travaux des chemins et des roules, par les impôts royaux, droits seigneuriaux et charges communales, qui faisaient sans pitié de leur état un esclavage; ils n'en ont espéré de récompensi" que de la Providence dans la vie future; mais, grâce à l'Etre suprême, notre l)on monarque a la bonté d'annoncer qu'il veut réformer les abus et accorder à ses sujets la liberté possible, ce qui donne occasion aux personnes du Tiers état d'espérer de vivre plus heureux sous son règne.
Notre petite communauté n'oserait prendre la liberté d'ex-
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poser au pied du trône de Sa Majesté les moyens de diminuer les impôts ([ui nous accablent de|)uis longtemps, et de soulager les gens du Tiers état qui ont jusqu'à présent i)ayé presque seuls les impositions : nous espérons que les personnages qui composent les grandes et respectables assemblées, qui ont f)lus de lumières que nous, seront animés du zèle de leurs fonctions et en feront un tableau exact et fidèle au Roi.
Impositions de la communauté
Notre petite communauté de la partie France de Hampont est cotisée à la subvention et capitation à la somme de 824*17 s. Le rôle du vingtième porte en total 426'^ 8 s., en observant que les Lorrains propriétaires y sont également cotisés, et nous en la partie Lorraine.
Nous avons l'honneur de représenter que les charges communales, les droits seigneuriaux et les servitudes montent encore au moins à 600*, sans comprendre les cens et rentes particulières affectées sur les biens et les dettes constitutives dont le grand nombre des habitants sont chargés; les revenus de leurs biens ne sont pas suffisants pour payer les canons des fermes, les impôts royaux et seigneuriaux, et fournir au nécessaire de leur famille, étant tous obligés de s'occuper au travail de leurs mains pour subvenir, et encore le grand nombre sont dans la misère.
Observation sur un terrain communal duquel les communautés de Hampont sont privées, et regrettent, et sur des bois qui appartenaient auxdltes communautés.
Le nommé Christophe Thiriot a déclaré et fait publier en ijHo un terrain communal de vingt jours alors en friche dit Moscroze. Les communautés s'y sont opposées dans les six premiers mois : l'alTaire a été plaidée au bailliage de Dieuze en ijHi qui a ordonné une enquête, et qui a été faite, autre sentence dudit bailliage qui la confirme. Thiriot en a appelé au parlement à Nancy en ijSz. Thiriot a été condamné par défaut, qu'il a relevé dans le délai : enfin, le 4 janvier ijSS, les communautés ont été condamnées non recevables ; elles ont jeté appel au Conseil en //(Ç^ où l'affaire est restée depuis sans mouvement. Pour ne pas perdre l'espérance de ce leriain, nous le réclamons ici.
Les communautés de Hampont possédaient sur leur ban un bois de trente arpents dit Au fond de la Croisselotte, entre les bois de son Altesse Royale de part et d'autre, et un autre de six arpents voisin du bois Matelot aussi au Roi sur le même ban.
En 1700, par ordonnance de la Chambre des comptes de Nancy, l'on a renouvelé les déclarations des biens, les gens de justice de Hampont ont joint lesdits bois dans leur déclaration enregistrée en ladite Chambre des comptes avec les autres biens communaux, les communautés n'ont pu parvenir d'obtenir la permission d'exploiter lesdits bois à cause du voisinage des bois du Roi, et les officiers des Maîtrises de ce temps les ont délivrés aux salines avec celles faites dans les bois du Roi voisins; nous les regrettons tous, et désirons qu'il plaise à Sa Majesté nous faire rentrer en jouissance desdits deux cantons de bois, ainsi que du terrain friche de vingt jours que Tl)iriot a déclarés.
Le présent cahier a été rédigé en assemblée des habitants de la communauté de la partie France de Hampont en la maison de Mathieu Paulin, maire, lesquels habitants déclarent tous les articles y exposés sincères, l'ayant remis aux nommés Nicolas Friche et Joseph Pierre fils, tous les deux manœuvres et députés, pour avoir l'honneur d'aller le présenter à Messieurs composant l'assemblée à Vie, le 28^ mars 1789 : plaise à mesdits sieurs le recevoir, l'appuyer de leur autorité, et vouloir s'intéresser avec nous, pour nous obtenir l'elfet de nos demandes; c'est dans cette espérance que nous ne cesserons de faire des vœux pour eux et pour notre auguste monarque; plaise au Seigneur lui accorder, et à la famille royale, une longue vie, des jours heureux, des peuples dociles et soumis, et de vaincre partout les ennemis de la religion catholique et de la France, et, après cette vie, le bonheur d'être réuni au grand Saint Louis dans le royaume du Ciel, et avons signé à Hampont, le -ri" mars 1789.
Jean-Claude Friche; J. Perin, si/ndic ; Mathieu Paulin, maire; Joseph Pierre fils; N. Friche; Joseph Thiriot ; Pierre Oudot; J. Munier.
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