‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 159 sur 246 · CAHIER DE LA GARDE · texte numérisé non relu

CAHIER DE LA GARDE

qui en résulte. C'est maintenir gratuitement un jour ainiiversaire de détresse pour le peuple, c'est ôter à l'açjriculture les plus beaux hommes pour en favoriser l'indolence des villes. Enfin, l'on ne saurait calculer ce qu'il en coûte à celui qui en souffre, soit dans son âme, par l'indignation des injustices qu'elles occasionnent, soit dans sa bourse par les faveurs et exemptions qu'il est forcé d'acheter. On ne peut mieux faire que d'en demander la suppression.

Art. II. — Nous demandons que l'on considère les grands avantages qne procurerait la formation d'une route depuis Juville à Maizières, comme elle avait été commencée sur la fin du règne de Stanislas, roi de Pologne : son avantage général serait sur cinq lieues d'étendue d'abréger de deux le trajet de Nancy à Héming et de le rendre pour le moins aussi aisé que par la route ; ajouter un avantage particulier pour les campagnes qu'elle traverserait, [qui] serait de faciliter le transport des différentes denrées aux deux villes principales de la province, Nancy et Lunéville, et cette route n'entraînerait qu'une dépense médiocre.

Nous remontrons que la communauté de la Garde, ainsi que d'autres, se trouve surchargée de corvées en main-d'œuvre, cultures, voitures de transports quelquefois longues et difficiles, qui concourent souvent avec des travaux nécessaires de l'agriculture, ce qui ne peut que les retarder et en diminuer le succès, et qu'il serait bien utile de faire de sages règlements qui éloignassent ces inconvénients.

Nous remontrons que le seigneur évêque de Metz percevant le tiers de tous les biens communaux, et que jouissant avec trois seigneurs de fiefs du droit de vaine pâture pour leurs troupeaux de bêtes blanches, formant la quantité d'environ 700 pièces, et pour quatre marcairies de 4o pièces l'une portant l'autre, et que ces troupeaux absorbent une pâture dont les habitants sont privés, et surtout les cultivateurs, il serait juste que ces seigneurs fussent tenus d'entrer proportionnellement dans les charges communes, et qu'il fût fait une réduction convenable de leurs troupeaux.

Art. 12. — Nous demandons qu'on daigne jeter des yeux compatissants et réformateurs sur la servitude si onéreuse de la banalité des moulins et fours, ainsi que des châtrages.

Art. i3. — Nous demandons que les gros décimateurs

soient chargés des gages des maîtres et maîtresses d'école des paroisses où ils perçoivent dîmes.

Art. i4- — Nous demandons un règlement fixe et rigoureux pour les jouissants de droits de colombiers, qui empêche le préjudice considérable qu'en souffre l'ensemencement des terres.

Art. i5. — Nous demandons qu'on établisse une exacte égalité entre les impôts pour les routes et la valeur des travaux qui y sont faits.

[Art. i6.] — Nous demandons que la communauté soit par le Conseil autorisée à prendre des arrangements pour le recurement ou l'utile rectification de la rivière du Sanon, et à y faire contribuer les riverains, sans autres moyens dispendieux que celte autorisation.

[Art. 17.] — Nous remontrons qu'un tiers du ban de la Garde étant cultivé par des étrangers voisins qui ne payent aucune taille à la Garde et que, n'ayant eu jusqu'ici aucun égard à cela dans l'imposition sur la communauté, elle doit nécessairement se trouver surchargée dans cette imposition.

[Art. 18.] — Nous demandons que l'édit des clos soit supprimé et que les cultivateurs jouissent des mêmes avantages qu'ils jouissaient des embaiiies avant l'édit, pour l'entretien de leurs bestiaux.

[Art. 19.] — Nous demandons que le tiers des biens communaux que le seigneur évêque de Metz perçoit soit rentré dans les communautés.

Fait et arrêté par nous, députés de la municipalité de la Garde, et ensemble les habitants composant la communauté dudit la Garde, soussignés, ledit jour vingt mars mil sept cent quatre-vingt-neuf.

R. Contrest; Thiébault; Ghristofell Braun; Crousse; J. Christophe.

LANDANGE

Procès-verbal.

18 mars 1789,

CAUIKK DE LANDWGE /j/jQ

« Sont comparus en l'auditoire de ce lieu ('), par-devant nous, Nicolas George, syndic. »

Communauté composée de 70 feux.

Députés : Nicolas (ieorge, syndic,

Jean-Claude Bard, maire et greffier.

Signatures : Laurent Callais; Nicolas George, syndic ; Joseph Delor ; Jean Simon ; Jean-Claude Bard, grefjîer municipal.

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