‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 169 sur 246 · XCIX · texte numérisé non relu

XCIX

Procès-verbal.

« Aujourd'hui, à Laronxe('), 19 mars 178g, en l'assemblée convoquée par le commandement donné par le syndic dès la veille pour huit heures du matin, et au son de la cloche en la manière accoutumée, sont comparus en l'auditoire par-devant nous, Joseph Pertusot, syndic. »

Communauté composée de G5 habitants.

Député : Charles Pertusot, laboureur.

Signatures : Charles Pertusot; C. Crouteau ; Claude Mounet; Jean- Pierre Thomas ; Nicolas Bangard ; F. Purel.

XGIX°

Cahier de plaintes, de remontrance, doléance de la communauté de Laronxe

Art. I. — Nous payons de subvention la somme de 810*

I. Impositions ordinaires pour les six premiers mois de l'année lyQO :

Imposition principale 240 ■"■ » s. » d.

Impositions accessoires A78 " "

Gapitation 546 12 5

Total i 264 ■"" 12 s. 5 d.

(Arch. Meurthe-et-Moselle, L. 3o8.)

19 S. 8 d., et capitation la somme de 438* 10 s., et de vingtième la somme de 284^ i s. 6 d., et de travaux des routes la somme de 2o3^ i4 s. 11 d. Faisant lesdites sommes i 787 * 6 s. I d.

Art. 2. — iXous payons pour les droits seigneuriaux à mondit seigneur l'évêque de Metz une taille appelée l'aide Saint- Remy, sur tous les habitants de la somme de 43^ iG s., et une rente de chacun un résal d'avoine et une poule à la Saint- Martin de chaque année. Les hommes veufs ne doivent point de poules, les femmes veuves ne doivent qu'un demi-résal d'avoine et une poule. Cette rente est appelée sauvegarde, et il n'en fournit point.

Art. 3. — Nous payons en outre une rente appelée terrage qui se monte à 26 résaux de seigle et 35 résaux d'avoine pour les habitants de Saint-Clément, Laronxe et Chenuevières. Nous payons en outre le tiers-denier audit seigneur de tous nos biens communaux.

La rivière de Meurlhe qui nous mauge une partie de nos prés, tout terrain de sablo, le seigneur s'en empare, et ce n'est pas seulement à perdre le terrain, il faut en payer les vingtième et les terrages au seigneur.

Art. 4- — l^ar arrêt rendu, les abbés de Senoues, faisant leur résidence dans la principauté de Salm, sont décimateurs pour les deux tiers dans la grosse dîme et pour moitié dans la menue dîme, sur un rapport annuel de cent louis sur le ban de Saint-Clément, (^Chenuevières, Laronxe. Du passé ils étaient chargés de l'entretien et réparation de l'église, et, aujourd'hui, ils n'entrent plus dans aucun frais, ni entretien ni réparation; et mênie, contre la coutume générale, la communauté est obligée à Ibiii-nir les bêtes màlés, ce qui est très exorbitant et onéreux pour les particuliers.

Art. 5. — Le sol du ban de Saint-Clément, même ban et même fînage à Laronxe, ne rapporte que du seigle, avoine et pommes de terre, n'étant que terrain de sable brûlant.

Art. 6. — Le sol de la ]»raiiie étant de même nature (pie les terres ci-dessus, ne produit que du mauvais foin, et très [)eu, et de pelilc, (pialité; la plus grande partie des laboureurs et liahitants sont obligi's à acheter du foin pour reuti(;lien de leurs bestiaux.

Art. 7. — Les bois sont très rares : nous sommes obligés à

CAHIER DE LARONXE /| y I

racheter à douze livres de France la corde el l'aller chercher à cinq ou six lieues de loin, ce qui met la plupart des habitants dans la nécessité d'en avoir pour passer l'hiver.

Art. 8. — Dans nos portions d'atïouaqes avec Saint-Clément, Chennevières, nous partageons à la tête. Nous n'avons qu'environ 1/2 corde de bois et environ 1/2 cent de fagots, pour lequel nous sommes obligés de payer pour la délivrance de cha(|ue année à la Maîtrise de Vie une somme de 284*^, de plus une somme de i47* et 10 s, pour un garde que la Maîtrise nous a donné, de plus une somme de 227^ pour vingtième, ce qui lait que nous payons le bois aussi cher que celui qu'il nous faut acheter. Nous sommes environnés de toutes parts de manufactures, de faïenceries, de verreries, de forges qui en font une consommation étonnante, et tout près des salines, et nous sommes environnés de plusieurs villages qui nous dévastent nos bois, ce qui nous met dans le cas de recourir aux ventes.

Art. 9. — Laronxe est enclavée dans la Lorraine. Nous ne pouvons y entrer ni en sortir sans prendre acquit, le plus souvent, qui nous devient très gênant et très coûteux; et, très souvent il arrive que les particuliers de Laronxe, de même que les étrangers, sans savoir s'ils sont sur terre étrangère, sont repris, ce qui exerce des vexations à [ne] s'en retirer qu'à force d'argent.

Art. 10. — Nous payons le sel à huit sols la livre, tandis que si nous étions libres, nous l'aurions à deux sols; et si le tabac était libre, on l'aurait à très vil prix.

Art. II. Justice. — Nous désirons tout unanimement que les choses de ce genre soient comme du passé : il y a environ treize ans que nous avions haute-justice à Saint-Clément; et, à présent, elle est à Baccarat trois lieues de distance, et de Baccarat au bailliage à Vie à 10 lieues, ce qui fait que cela nous devient très gênant et coûteux, rapport aux inventaires, appositions et levées de scellés, de même que pour les assignations, voyages des huissiers, rapport à l'éloignement et à la multiplication des frais, rapport à la lenteur de la justice pour la rendre.

Art. 12. — Depuis quelques années, on a établi des huissiers-priseurs qui coûtent coi;sidérablement ; et il arrive le plus souvent que dans les ventes de meubles qu'ils font, il ne s'y trouve le plus souvent que pour payer leurs frais.

Art. i3, — Laionxe est éloignée d'environ 1/2 lieue de la paroisse de Sainl-Clénient, et on ne dit point de messe à Laronxe.

Qu'il plaise à Sa Majesté établir une constitution dans son royaume.

Que les ecclésiastiques, les nobles, les privilégiés du Tiers état contribuent à toutes les impositions et charges pécuniaires à raison de leurs biens, facultés et consommations, ainsi et de même que les autres sujets du Roi.

Fait à Laronxe, à qualre heures de relevée, le 19* mars

Charles Pertusot; C. Crouleau; Claude Mounet; Jean-Pierre Thomas; Nicolas Bangard ; F. Purel.

LELLING (partie France)

« Procès-verbal de l'assemblée du village de Lelllng pour la nomination des députés. »

iD mars 178g,

« Sont comparus en l'auditoire par-devant nous, syndic et gens de justice de ladite communauté. »

Village composé de 5i feux.

Député : André Burg.

Signatures : Peter Picir ; George Lemel ; Paul Blanchard ; Pierre Becker ; André Burg, zindich (syndic).

Cahier des plaintes et doléances de la communauté de Lellin^, partie française

AuT. I. — La communauté de Lclling j)rie très humblement Messieurs les députés de la province qui iront.aux États généraux de solliciter vivcmenl la suppression de la Ferme ()énérale, et que le prix du sel soit diminué, car on fait payer le sel aux liabitanis de la campagne à un pr.'x excessif malgré la proxi-

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