‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 229 sur 246 · CLI · texte numérisé non relu

CLI

« Procès-verbal de l'assemblée de la communauté de Thlaville ('). »

17 mars 1789,

« Sont comparus en l'auditoire de ce lieu, par-devant nous, Jean- Claude Paradis, syndic. »

Communauté composée de 70 feux.

Députés : Jean-Claude Paradis, syndic, Joseph Colin, laboureur.

Signatures : Isidore Ferry ; Joseph Piton ; Jean-Nicolas Piiilippe ; Jean-Claude Paradis, syndic, député ; Jo.seph Colin, député.

CLP

Communauté de Thiaville

Les habitants de ladite communauté, étant assemblés, ont formé les plaintes et délibérations ci-dessous :

Art. I. — La distribution de.s biens de TEglise est i)ien mal faite : le Clergé, tant séculier que régulier, possède près d'un cinquième du royaume; ils ne payent autre chose que le don gratuit; le moyen de soulager le peuple est de pensionner les religieux ; le reliquat de leurs revenus serait employé à acquitter les dettes de l'Etat, et, après cette extension, ce serait autant de levé sur les peuples ; il faudrait cependant avoir égard aux pauvres curés ou vicaires de campagne, qui n'ont pas assez pour faire la charité, même aux plus indigents de leurs paroissiens.

Art. 2. — ^ La Noblesse possède aussi beaucoup de biens : les privilèges dont elle jouit l'exemptent de toutes impositions, si ce n'est de vingtièmes, ce qui est un abus ; parce que si elle

I . Iinpusitiuns onlinaires poui* les sLv premiers mois de raniiée ijyo :

Impositions accessoires 4o8 G 3

Cipil.'ition /j6G 18 y

Total i 080 ^ h s.

Deu.r vingtièmes et quatre sous pour livre du premier jioiir //y" .• ,j. ,, , l i"'' caliier . . . 600 ^^ 7 s. (J d.

B.ens-londs. . j ^e cahier ... 177 i »

Total 78G ^^ 9 s- 0 d.

(Arch. iMciirtlie-cl-.Mosellc, L. 3o8.)

CAHIER DE ÏIIIAVILLE 6G7

osl consacrée par élat au service de Sa Majesté, elle est hieii dédommagée par les pensions qu'elle obtient par le mérite ou piir le temps; le moyen de soulager le Tiers élat est de l'imposer.

Art. 3. — ^ La Ferme cause au Tiers état le plus grand préjudice possible : il ne peut se procurer aucune denrée, qu'il [sic] ne paye des droits très considérables; de village à autre il faut des acquits : ce n'est pas là être Français, puisque l'on n'est pas libre. Cette province est un pays assez ingrat : pQur le taire fructifier, il faudrait beaucoup de bestiaux, et, par l'engrais qu'ils feraient, l'on aurait lieu d'espérer de retirer le frnit de ses peines; mais comment élever des bestiaux avec du mauvais foin ou fourrage, que nous pourrions rendre bon par le moyen du sel? Mais il nous est impossible de nous en procurer la quantité nécessaire au prix exorbitant que la Ferme nous en fait payer, tandis qu'il est chez nous et qu'on le passe aux j)r<)vinces étrangères à vil prix et à grands frais ; c'est ce qu'on appelle être dans un dur esclavage ; en conséquence, nous prions Sa Majesté de nous donner la préférence.

Art. 4- — Les Maîtrises sont encore des corps bien à charge au public par les sommes qu'elles exigent pour la marque de nos bois. N'est-il pas affreux (pie, pour une marque de vingtcinq arpents, elles perçoivent cent soixante livres et quelquefois plus ? 11 y a un moyen facile de les faire exploiter à moindres frais, ou par les municipalités, ou par quelqu'autre personne publique. Quel mconvénient y aurait-il de les supprimer, puisqu'elles peuvent être entièrement remplacées, soit pour la marque, ou pour les causes contentieuses que la justice ordinaire pourrait fort bien connaître ?

Art. 5. — La justice mérite encore d'être réformée, soit à cause de son éloignement, (jui donne souvent de la difiiculté aux pauvres gens de se procurer leurs bons droits, soit à cause des sommes qu'il faut employer pour obtenir sentence ou arrêt.

Art. 6. — Les biens des mineurs souvent ne suffisent pas pour payer les frais d'inventaires, création de tuteur, etc.; et dans le cas que des orphelins seraient assez pauvres pour n'avoir pas de quoi payer ces frais, on les laisse sans tuteur.

Voilà les plaintes et remontrances que les habitants soussignés ont l'honneur de présenter aux Etats.

Isidore Ferrv; Joseph Pilon; Jean-Nicolas Philippe; Joseph Colin, député; Jean-Claude Paradis, député.

TRAGNY

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