‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 8 sur 246 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

de Metz de l'union qu'il avait en quelque sorte contractée avec la maison ducale; et, à cet effet, d'empêcher la nomination d'évéques de souche lorraine, toujours suspects pour la France au point de vue politique, et de faire choisir à leur place par le Chapitre calhédral, et confirmer par le Saint-Siège des candidats de nationalité française, et dont le dévouement à la maison royale serait garanti par leur naissance et leur éducation. Ce fut ainsi qu'après la mort du cardinal Charles II de Lorraine, survenue le 24 novembre 1606, le Chapitre de Metz, cédant aux instances du duc d'Epernon, gouverneur au nom du Roi des villes et citadelles de Metz et Pays messin, Verdun, Toul et Marsal, dut présenter au Pape le fils naturel du roi Henri IV, Henry de Bourbon, marquis de Verneuil, quoique n'appartenant pas encore à la religion catholique, pour être nommé évêque.

Sur les résistances du Pape, motivées par l'extrême jeunesse du candidat, le bâtard royal reçut l'expectative de l'Evêché ; pour lors, Henri IV" fit nommer évêque un vieillard maladif qui gérait à Rome les affaires de la Couronne de France, son ami intime et tout dévoué, Anna, comte d'Escars, cardinal de Givry, Français de naissance et en qui il espérait trouver un instrument souple de ses desseins politiques. Aussi, n'ayant plus à redouter de résistance de la part de l'Evêque, profitant de la situation embarrassée de l'Empire d'Allemagne, il rendit, le 22 juillet 1609, un décret aux termes duquel non seulement sur le territoire de -la ville, mais dans tout l'Evêché de Metz, les divers magistrats ne pourraient occuper leurs charges et remplir leurs fonctions qu'au nom du Roi de France (').

Les difficultés surgirent d'où on ne les attendait pas : reçu à Metz, par ordre supérieur, avec le respect requis par ses dignités et par ses mérites, mais sans les honneurs dus à un prince souverain, le cardinal de Givry se vit, dès le début, en butte aux multiples et pressantes instances du gouverneur, le

I. Cf. Sauerland, Die Annexion..., Urkunden : Lettres palcntcs de Henri IV touchant le gouvernement du Pays messin. De Paris, 22 juillet 1609 (texte in extenso), p. 196.

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