‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 9 sur 246 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

(lue tlÉpcriioii qui, au nom de la France, non seulemenl clierchait à s'approprier divers droits de souveraineté en la possession de l'Évèché, mais aussi voulait carrément forcer le prélat à reconnaître absolument la souveraineté française pour tout l'Évèclié, et lui faire prêter au Roi le serment de foi et hommafje.

Mais le vieil évêque, au fait de ses droits, était doué d'un caractère ferme et d'inlcnlions droites, et, comme tel, bien décidé à faire primer la force par le droit : aussi, malgré son attachement personnel à sa patrie et à la maison royale, résista-t-il avec énerçjie et persévérance à toutes les tentatives diriijées sur lui ('); il fit défendre à la Cour les anciens privilèfje.5 de l'Évéché, sut ne pas se laisser fléchi^" par Tintervention personnelle de la Reine, enfin, pour se soustraire à la puissance du gouverneur royal, se retira dans la capitale de ses Etats, à Vie, en août 1610. Son attitude digne et courageuse déjoua piovisoirement tout projet d'annexion de l'Evêclii'; mais il devait être le dernier prince-évéque indépendant de Metz : le 19 avril 16 12, sa mort remettait tout en question.

Son successeur, l'Évéque désigné, frère consanguin naturel du nouveau roi Louis XIII, n'étant âgé que de treize ans et demi, el, par conséquent, mineur, l'administration de l'Évêché fut confiée au Chapitre de la cathédrale jusqu'à la majorité du billard royal; le Chapitre, à son tour, nomma dans son sein une commission de six membres, dont les cinq dignitaires du Chapitre. (|iii devait assurer l'administration temporelle de rKvéché, ol aurait sous ses ordres tous les fonctionnaires épisroi >aux.

I. Dans sa n'sisl.'inro, \c. cardinal de Givry s'appuya sur un mémoire qui lui avait l'ic l'tnnyf' à Homo, de Metz, sans doute sur la demande et par IVntrcmise de la Frnnrr, et qui fut recueilli peu de le in ps après sa mort dans un manuscrit conservé à In liiblidllicquc de Melz (ms. n» 219). Ce curieux document est un trailé de la siluali.m pfilitic(vjuridi(iue de riivùchc en 1607; il est intitulé : lire/ discours des driiils, imtorUi'-s el Hat de l'éuùchc el gouvernemeiil de Metz envoyé à notre cardinal à Home assez curieu.v el considérable pour être rapporté ici el faire voir lu ;/randiitr et nofdexsi-. Il est public in extenso à la suite de l'article déjà cité du baron H. ri.- Hammkivstei.n, Der Meizer BischoJ Kardinal de Givry {loc. cit., |.p. lOo-Hi'i).

liVTHODUCTION XV

Celle cominission, qui résidait à Metz, devait nécessairement subir la volonté du Gouverneur royal : il en fut ainsi.

Le duc d'Epernon, qui avait gaqné Paris pour faire rendre par la régente Marie de Médicis, le 24 octobre 161 3, un décret (■) renouvelant celui du 22 janvier 1609 resté lettre morte, revint à Metz le 7 novembre de la même année, et s'installa à demeure au Palais épiscopal. Il y manda aussitôt les Administrateurs de l'Evêché : il leur confia, dans un langage aimable, qu'il était changé par le Roi d'opérer l'annexion de l'Evêché, et qu'il devait le réunir à la Province que le Roi lui avait confiée; puis, il les invita à donner leur assentiment à cette annexion, à prêter au Roi un serment dont il leur dicta la formule, et à remplacer partout les armes impériales par l'écusson royal.

Les Administrateurs d'être surpris et effrayés; ils demandèrent à rétlécliir; leur terreur première passée, ils se récusèrent sur le serment de fidélité qu'ils avaient prêté à l'Empereur et à l'Empire. Le Gouverneur changea alors de ton; il en vint aux menaces, parla de faire envahir par ses troupes les terres de l'Evêché, et d'y faire mettre tout à feu et à sang; de faire fouetter le vice-président et le procureur général de l'Evêché, appelés à Metz par les Administrateurs; aux Administrateurs eux-mêmes il déclara qu'il allait les faire attacher à la gueule de ses canons. De telles menaces rendirent les Administrateurs traitables : ils se savaient à Metz à la discrétion du Gouverneur; le 10 janvier i6i4, ils signaient la formule d'un serment par lequel ils s'engageaient, pour eux et tous les fonctionnaires et sujets de l'Evêché, à ne rien faire qui pût tourner au préjudice de l'Etat ou de la Couronne, à ne recevoir aucun ennemi dans les limites de l'Evêché, et à recourir au Roi lorsqu'ils auraient besoin d'une intervention armée; enfin, lorsque le Roi serait en guerre avec un prince voisin, ils lui tiendraient les portes de leurs forteresses libres et ouvertes (').

I. Cf. Sauerland, Die Annexion..., Urkunden : Lettres patentes de Louis XIII touchant le cjouvernemeut du Pays messin. De Fontainebleau, 24 octobre 16 13 (texte in extensoji pp. 196-197.

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