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CAHIER
Cejourd'hui huit mars mil sept cent quatre vingt neuf, l'assemblée municipale de la communauté de Montauville réunie en la maison du sieur Claude Parisot pour délibérer sur les affaires de la communauté
(i) Arch. de M.-et-M., série B. Fonds judiciaire. Cahier de doléances. Cahier de 16 pages, dont ii de texte et sigrnatures.
considérant que la connnunauté est chargée d'entretiens considérables et plusieurs charges considérables.
. I" Notre communauté est chargée des deux tiers de l'entretien de l'église de St Pierre, leur mère église, de même que ies luminaires, des deux tiers du gage du maître d'école, les deux tiers de l'entretien de la maison de cure de St Pierre de Maidières.
2° Ils sont chargés en entier de l'entretien de leur église de Montauville, du gage du maître d'école, de l'entretien en entier de la mais(jn vicariale et luminaires, ornements, sans que les décimateurs entrent dans aucune dépense, objets si considérables que depuis 1785 jusque cejourd'hui huit mars 1789, Ton a fait des adjudications pour plus de trois mille livres à la charge seule des habitants de Montauville, ce qui a réduit les habitants de cette communauté dans l'indigence la plus grande.
3" Cette communauté ne possède aucun bien en propriété, ils en ont un seulement, un droit usagé de percevoir une petite portion de bois qui peut produire annuellement une demi corde de bois et un demi cent de fagots, laquelle portion se trouvant chargée d'une redevance annuelle envers les seigneurs de six bichets d'avoine mesure de Pont-à-AIousson, laquelle portion souvent ne valant pas les six bichets d'avoine, laquelle portion est aussi chargée des droits de la maîtrise.
4" Il appartient au seigneur environ trois cents jours de très mauvaises terres appelées vulgairement la côte St Pierre, qu'à la vérité chaque habitant a droit d'y ensemencer autant qu'il est en pouvoir, mais ces mêmes terres sont chargées d'une redevance au seigneur d'un demi bichet et une coupillon d'avoine et un gros chaque jour; il arrive très souvent que ces mêmes terres ne produisent pas même pour la semence.
5° Les laboureurs du lieu sont en outre chargés d'un autre droit d'assise envers les seigneurs, de trois quarts de blé et trois quarts d'avoine même mesure de Pont-à-Mousson par trente deux jours de terres.
6° Ils sont chargés d'une banalité au pressoir de la septième hotte qui coûte à la pierre.
7" L'on doit considérer que cette communauté se trouve dans une position considérable et onéreuse des chemins de traverse de leur ban, ces chemins servent à la traîne des bois de la forêt de Puvenel'le de quantité de carrière tant en pierre de taille que moellon ainsi que des charriots des champs des moulins de la ville, chose extrêmement coûteuse puisque l'on vient d'en faire encore une adjudication de deux cent cinquante livres ordonnée par Monseigneur l'Intendant.
8° Les remontrants se trouvent dans l'obligation de faire une remontrance à l'égard des vins de Lorraine pour l'entrée du pays messin, les sujets de Lorraine ne peuvent entrer en Metz et dans le pays messin qu'en payant vingt et un sols six deniers par hotte, argent de France, ce qui met les pauvres vignerons hors d'état d'y conduire leurs vins. C'était la seule ressource qu'ils avaient, pour le débit, ils n'ont plus aucun débouché et à défaut de, se sont souvent forcé de le vendre à très vil prix ce qui empêche totalement le débouché pour l'Allemagne, ce qui était notre ressource. En considérant toutes ces charges, l'on peut voir que cette
communauté est réduite à la plus grande misère à quoi nous supplions charitablement nos supérieurs de jeter les yeux sur ces remontrances et sera grâce et justice.
[Signatures de] Sébastien LavioUe; Jean-Nicolas de Laviolle. maire; Charles Guertin; Mathieu Laharotte ; Charles Laviolle, greffier; Joseph Ferry ; Joseph Laviolle ; Nicolas Biaise ; François-Nicolas Biaise ; Etienne Chevit; Nicolas Leroy; Jean Viant ; Pierre Viant.
Les susdits habitants regardent encore comme une époque de leurs misères, la translation de l'université de Pont-à-Mousson à Nancy et se joignent avec empressement et confiance aux citoyens de Pont-à-Mousson pour supplier très humblement le Roi de rétablir cette université dans la susdite ville de Pont-à-Mousson.
Il résulte un abus qu'il serait très nécessaire de révoquer ce sont de ces personnes qui se sont adroitement et subtilement séparés de biens et ce pour tromper et frauder leurs créanciers et que cela est extrêmement nuisible au commerce. Ce sont ces gens que l'on appelle verbonet ; il serait à propos de les obliger à porter leurs enseignes, ce ne peut jamais être que la mauvaise qui les excite à cela l'on devrait charitablement révoquer cet abus.
Quant à l'égard des clos que Sa Majesté a permis, il en résulte des amendes considérables aux" particuliers qui ont droit de parcours, ce qui entraîne à des procès considérables, vu que très souvent ces clôtures sont insuffisantes pour empêcher l'entrée des bestiaux. L'on a vu depuis peu dans les cantons des batailles qui ont déshonoré et ruiné des familles.
Il s'y pratique dans plusieurs villages et notamment dans le nôtre des particuliers qui s'établissent, qui pillent et qui volent adroitement que l'on n'ose les attaquer craignant leurs méchancetés et leur mauvaise foi et l'on n'ose poursuivre craignant s'entraîner dans des mauvais procès. Si Messieurs les gens du Roi voulaient en prendre connaissance ils trouveraient suffisamment pour chasser et bannir de ce pays ces coquins pour la tranquillité des communautés et sera grâce.
[Signatures de] Parisot; Etienne Chevet; Charles Laviolle; Sébastien Laviolle ; Claude Parisot ; Jean-Nicolas de Laviolle, maire.
Cejourd'hui quinze mars mil sept cent quatre vingt neuf, l'Assemblée municipale de la Communauté de Montauville réunie dans la maison du Sr Claude Parisot, syndic de la communauté, pour délibérer sur les affaires de la communauté, considérant que :
1° L'abolition de toute banalité comme une servitude trop honéreuse aux banaux, la suppression ne serait nuisible aux particuliers ni aux fermiers, ils feraient par intérêt ce qu'ils sont obligés de faire par devoir.
2° C'est un préjudice considérable de l'établissement de tant de bureaux d'acquit entraîne à des contraventions et souvent à des retards qui portent un préjudice aux voyageurs et aux commerçants tant les sujets ne respirent qu'à l'abolition de ces acquits.
3° L'on doit observer pour suffire aux besoins de l'Etat sans fouler les peuples les gros bénéficiers comme les évêques, les abbés, les maisons religieuses qui ont des revenus si considérables qu'ils ne peuvent dissiper
le quart de leurs revenus. L'on peut retrancher sur ces personnes pour soulager le tiers Etat qui est celui qui supporte toutes les charges et qui paie des -tailles considérables et les ponts et chaussées.
4° Les salines situées en Lorraine qui causent à cette province une cherté considérable et exorbitante des bois. Le public se plaint et murmure de payer le sel aux prix exorbitants tandis que l'on le fait payer dans les provinces étrangères distantes de cinquante à soixante lieues à deux sols la livre.
5° Les habitants de la communauté sont chargés d'une redevance aux seigneurs d'une demi hotte de vin chaque nouveau propriétaire d'héritage dans l'étendue du ban, soit à titre d'acquisition, donnation ou assensement.
[Signatures de] Sébastien LavioUe ; Charles LavioUe; Etienne Chevit ; Jean-Nicolas de LavioUe, maire (O.