ARTICLE SECOND
Les Pères Prémontrés de Pont-à-Mousson se sont emparé d'un paquis qui nous appartient contenant quatorze journaux de terre en une saison dont ils ont fait des terres arabes à leur profit. Nous réclamons ces terres et nous demandons qu'ils nous produisent des titres qui les justifient. Ils nous répondent que leur titre est la possession. Mais on ne peut jamais posséder contre une communauté qui est toujours mineure. Il y a apparence qu'ils se sont emparés de ce beau terrain dans le temps des troubles de la Lorraine. Nous sommes trop pauvres pour attaquer en justice les moines trop riches qui ont une clef d'or pour nous fermer le retour dans notre patrimoine, ainsi puisque le trône est ouvert aux cris des malheureux opprimés, nous supplions Sa Majesté d'ordonner la restitution de ce terrain communal ou vérifier les justes titres de possession.
ARTICLE TROISIÈ'mE
Les mêmes prémontrés de Pont-à-'Mousson, moines si ingénieux à séduire la religion des bons princes, obtinrent de notre dernier duc Léopold, une cession du four banal de Mousson. Notre Duc, qui ignorait ainsi que nous que celte banalité nous avait été remise par le duc Robert et le Duc René, leur accorda leur demande.
En 1703, les pères prémontrés nous revendirent cette banalité sous un cens de cent francs barrois. Nous ne savons combien de temps nos ancêtres ont payé ce sens; jamais nous n'en n'avions ouï parler jusqu'en 1776 que ces moines firent lever ce cens sur notre communauté par leur fermier de Mousson qui était pour lors maire de la paroisse et l'année d'ensuite par leur vigneron qui était collecteur des deniers royaux et firent signer sur leur registre ces deux hommes leurs domestiques qu'ils se reconnaissaient redevables de ce cens pour la communauté de Mousson.
Par cette fourberie, les moines prétendent avoir fait reconnaître leur titre. Nous refusons de le payer, parce que nos Ducs nous en ont fait remise en 1365 et 1444 par ces termes, nous leur donnons franchise de toutes servitudes quelles qu'elles soient dont nous et nos hoirs ne pourront et ne devront rien demander sauf seulement pour nous et nos hoirs la banalité dît pressoir et du moulin. Nous refusons encore de les payer à cause de la prescription de leur titre qui n'a pas été renouvelé aux termes de la loi.
Ces moines se flattent qu'ils ont trente mille livres pour plaider. Ils feraient bien mieux de les employer aux besoins de l'Etat en nous laissant jouir en paix de notre misère sans donner atteinte à nos privilèges si propres à la confirmer.