‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789Chapitre 107 sur 204 · Chapitre des Doléances · texte numérisé non relu

Chapitre des Doléances

Se plaignent lesdits habitans :

1° Que la somme totale des différentes impositions surpassent celle des biens et fruits qu’ils recueillent sur leur ban et finage, les terres et propriétés appartenant presque toutes à des étrangers et une partie des laboureurs si pauvres qu’ils ne peuvent pas bien cultiver.

1. Pierre Louis de Lacretelle, né à Metz en 1751, avocat au Parlement de Nancy en 1777 puis à Paris à partir de 1778. Ami des derniers philosophes, royaliste constitutionnel, membre de la commune de Paris, député suppléant aux États généraux, puis membre de la Législative, il se retire de la vie politique après le 10 août. Membre de l’Académie Française en 1805, il est l’auteur d’une quinzaine de volumes de littérature, de philosophie et. de politique. Mort à Paris en 1824.

Voir Bégin, Biographie de la Moselle , t. 2, p. 407-433. Mémoires de V Académie de Metz, 1841-1842, p. 166.

BAILLIAGE DE NANCY

2° De l’abus de l’authorité ministérielle qui soustrait les sujets à leurs juges ordinaires par l’usage des lettres de cachet, fléau terrible.

3° De l’abus dans les fermes générales qui n’aboutissent qu’à enrichir des particuliers aux dépens du Roi et des sujets.

4° Des exactions des officiers de Maitrise des Eaux et Forêts.

5° De l’inutilité des bureaux d’intendances : la Chambre des Comptes ayant dans tous les tems procuré plus efficacement le bien des sujets.

6° De l’abus des finances d’offices à la Chancellerie, aux bailliages, hôtels de ville, huissiers priseurs, procureurs, notaires, etc. Le tribunal de la Chancellerie, les droits de control, l’indication des ventes de bien au tableau des hypotèques, frais d’inventaires et de ventes étant singulièrement onéreux, sans aucun avantage pour l’État; les décrets de ventes anciennement annoncés à l’issue des offices paroissiaux étant bien plus propres à assurer les hypothèques des propriétaires et moins coûteux; la finance des offices éloignant souvent les sujets méritans des places dont on abuse pour piller les sujets par des concessions, tant de droits de places, d’entrée de ville, etc., inventé par la cupidité des financiers.

7° De la licence des commis, employés à la ferme, qui ruinent le peuple par des contraventions frauduleuses, etc., des acquits inutilement exigées, etc., des impôts sur les cuirs, papiers, marques de fer ou argent, etc.

8° De ce que plus de la moitié des laboureurs du lieu ont été ruinés depuis vingt ans par l’excès des impôts, la rapacité des maitres à exiger des remonts considérables sur leurs fermes, la perte du bétail occasionné par la cherté excessif du sel.

9° De ce qu’on a defïendu le port d’armes aux Lorrains, ce qui fait qu’ils ne peuvent se defïendre contre les loups, gibiers, etc., voleurs, etc...

10° Des bannalités, droits de chasse, rentes, cens, redevances, corvées, etc., que les seigneurs exigent avec tant de rigueur de leurs sujets, du trop grand nombre de colombiers des seigneurs fieffiers, etc., et du nombre excessif des pigeons qu’ils contiennent (celui du fief d’Agincourt en contient, dit-on, mille paires).

CAHIER DE SEICHAMPS

11° De ce que des corps étrangers aux paroisses enlèvent la plus grande partie des dixmes au grand préjudice de l’église et des pauvres.

12° Des pensions arbitraires accordées à quantité de sujets qui n’ont jamais servi l’État, tandis que des anciens curés, vicaires, infirmes et des militaires ruinés à la guerre languissent dans la misère.

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