CAHIER DE BOUXIÈRES-AUX-DAMES
10° Elle recommande à Messieurs les délégués de suivre le plan proposé par Monsieur le Comte de Custine et le supplément qui y est joint en 30 ou 40 articles (*).
11° La diminution du prix du sel. Elle prie les états généraux de considérer que la province souffre plus que toutes autres par la grande quantité de bois nécessaire aux salines qu’elle renferme.
12° La libre plantation du tabac.
13° La suppression des acquits, gabeles et autres charges semblables, si accablantes pour le peuple et si peu avantageuses à l’État.
14° La défense de planter des vignes dans les terres propres à produire du bled, orges.
Mettant d’ailleurs notre confiance en la bonté et la justice
du Roi.
Fait double à Bouvières les ans et jours susdits.
[. Signatures ] :
P. Mouet; Jean Dalbin; H. Lorain; Jean-Baptiste Laventurier; F. Thomas; Hubert Lahay; Joseph Sauvage; Jean Jullien; Charle Didelon; Cl. Houot; Claude Crepey; Joseph Thirion; Nicolas Buisson; Pierre Hin (zelin?); Jean Jeullien; Louis Digust (?); Charles Lamotte; Gauzelin Parset; Pierre Houin; Jean Pierre Robert; F. G. Jean; Nicolas Thomas; Charles Rayer; Claude Maire; J. François Rose; D. Toussaint; Nicolas Lamotte; F. Toussaint.
agincourt (1 2)
Dép. de Meurthe-et-Moselle. Arr. de Nancy. Cant. de Nancy-Est. Gén., Int., Subdélég. et Maîtrise de Nancy.
Dioc. de Nancy. Archidiaconé de Nancy. Doyenné de Frouard.
Collateur : Abbaye Sainte-Glossinde à Metz.
Décimateurs : Abbaye Sainte-Glossinde pour les 2/3, le curé pour 1 /3.
1. Voir le Plan du Comte de Custine à l’appendice du tome II de la présente série de cahier de doléances. Cahiers du Bailliage de Dieuze, publiés par Charles Étienne, p. 427.
2. Trois feuilles 435 mm. x 350 mm. pliées, formant cahier de 12 pages dont € de texte et signatures, cotées et paraphées par pages, plus 5 de supplément.
BAILLIAGE DE NANCY
Feux : 50. Habit. : 240 (1790).
Seigneur : Le Sieur de Malvoisin.
Biens communaux : Terres : 7 jours, 1/2 hommée. Prés : 10 fauchées. Pàquis : 6 hommées.
\ Total . 2.248* 11 s. 9 d.
PROCÈS-VERBAL (x)
Conforme au modèle officiel.
Date : 14 mars 1789.
Lieu : en la maison curiale.
Président : Jean François Maigret (1 2), curé d’Agincourt « ne nous considérant pas ici comme chef de l’assemblée mu- « nicipale, mais uniquement comme instrument et plume de « confiance, afin de rédiger les doléances, plaintes et remon- « trances, ci-j ointes, et exposées avec toute la liberté que Sa « Majesté permet et demande à ses Sujets. »
Greffier : Joseph André.
Députés : Charles Barail, laboureur à Agincourt et maire de la communauté; Jean Vanier, habitant du même lieu et de la haute classe des contribuables, membre même de la municipalité.
Comparants : les maire et gens de justice d’Agincourt, les membres de la municipalité et les autres habitants.
1. Trois feuilles 435 mm. x 335 pliées, formant cahier de 12 pages dont 11 de textes et signatures sans cote ni paraphe.
Mention en marge : « Cahier qui sera remis à Monsieur le Bailli d’Espée du Bailliage de Nanci, s’il préside à l’Assemblée du 30e mars 1789 ou en son absence a Monsieur Mengin, Lieutenant général et ensuite entre les mains de Messieurs les députés aux États Généraux. »
2. Jean-François Maigret, curé d’Agincourt en 1789, originaire de Rosières» aux-Salines, ancien professeur de quatrième au collège de Nancy, latiniste distingué, très en vue dans le diocèse, l’un des rédacteurs du cahier du clergé du bailliage de Nancy et rédacteur du cahier de doléances de la communauté d’Agincourt dont il peut être considéré comme l’auteur. Le style en est aisé, clair, souvent oratoire et d’une rédaction très supérieure à la moyenne. Malgré la sympathie non dissimulée par le cahier d’Agincourt à l’égard des idées nouvelles, l’abbé Maigret ne prêta le serment exigé par la Constitution civile du clergé qu’avec réserves le 23 janvier 1791. Le 9 mars, il recevait de son évêque, M*r de la Fare, émigré à Trêves, une lettre de direction. Émigré à son tour en 1792, il figure sur la liste des prêtres émigrés dont les biens sont confisqués le 24 floréal an II (Arch. de Meurthe-et-Moselle, L. 1713). Il meurt le 22 septembre 1794, à Berlichingen (Wurtemberg).
CAHIER d’aGINCOURT
Signataires : Vanier, député; François Fort; Pierre Maxant; Nicolas Barail; P. Guérin; Joseph Liénard; Jean Morieuse; Joseph Miler; N. Cler; François Gardele; Jean Dubois; Nicolas Mangin; Gauvin, Christophe Frécot; Joseph Fort, sindic; Adrien Antoine; Charles Harotte; C. Gérard; Joseph André, grever; Charles Barail; A. Voinier; Jean Nicolas Lahaxe; Dominique Voirin; Pierre Barail; Maigret, curé d’Agincourt et rédacteur du présent procès-verbal.
Cahier de doléances, plaintes et remontrances de la communauté d’Agincourt,
Art. 1. — Nous croions qu’il est enfin d’une nécessité absolue qu’on ne puisse plus établir, ni proroger aucun impôt, que du consentement de la nation.
Art. 2. — Que la province doit être désormais chargée de l’administration jusqu’à présent confiée aux intendans. Nous pensons que toute la province se joindra ici à nous.
Art. 3. — Qu’il doit y avoir une caisse provinciale, où l’on verse le tribut, qui sera réglé pour chaque province, laquelle caisse sera confiée aux soins des états provinciaux.
Art. 4. — Plus de ferme générale, ni de tous ses suppôts. Le cri universel de tout le royaume, et trop mérité de leur part, exige cette suppression. Sans elle les maux de la France sont incurables, il faut fermer enfin ce goufre, qui engloutit son or et qui ne peut jamais se remplir.
Art. 5. — Cette suppression doit ammener l’abolition des impôts sur les cuirs, papiers, cartons, celle des acquits, etc., etc., etc... Le détail n’en fmiroit pas. Elle doit remettre le tabac à un prix supportable.
Art. 6. — Nous demandons surtout que le prix d’une denrée de première et absolue nécessité (nous voulons dire le sel) soit considérablement diminué. Cette denrée est aussi nécessaire aux bestiaux, qu’à l’espèce humaine. En en saupoudrant leur nourriture, nous sommes assurés de les rendre plus vigoureux. Ce moyen est le seul pour faire cesser l’épizootie qui fait tant de ravages dans toutes les campagnes du royaume, depuis que le sel est monté à un prix excessif. Enfin, les haras sont aussi inutiles qu’onéreux.
BAILLIAGE DE NANCY
Art. 7. — Nous demandons que le sel soit marchand et que le privilège exclusif, donné à certains distributeurs, soit aboli. Cette entrave, qui nous lie à Amance, où nous n’allons que pour acheter du sel, est un article de gêne insupportable pour Agincourt; très souvent même les chemins pour nous y rendre sont impratiquables; toute difficulté serait levée, si nous avions la liberté de nous approvisionner de sel à Nanci, où nous allons presque tous les jours vendre nos petites denrées; d’ailleurs pour y aller nous avons une chaussée.
Art. 8. — Nous demandons le sel de mer et la suppression de toutes les salines. Elles ruinent les forêts de la province. La consommation immense de bois que les salines et un trop grand nombre d’usines d’autre genre exigent cessant, le prix du bois, qui est aujourd’hui excessif et qui le deviendroit encore plus de jour en jour, diminuera considérablement.
Art. 9. — Ce n’est pas que nous ayons des forêts et que nous puissions nous plaindre de leur dévastation. Agincourt n’a ni forêts, ni même de pâquis. Le revenu annuel des biens de communauté se monte, à peu près, à trois cens livres, argent au cours de Lorraine. L’admodiateur en prend le tiers et ce qui reste ne suffit pas pour payer les detes de communauté .et de fabrique. Presque toutes les terres du ban appartiennent à des propriétaires de gagnage, non domiciliés dans le lieu; enfin l’exacte comparaison, que l’on ne doit pas manquer de faire des biens et des impôts d’un ban avec ceux d’un autre ne pourra qu’être à l’avantage d’Agincourt.
Art. 10. — Nous demandons que le tiers de nos très faibles revenus communaux ne nous soit plus ôté par des ordonnances, que les seigneurs ont évidemment dictées, ainsi qu’une infinité d’autres oppressions des peuples sur lesquelles ils ont surpris la religion des souverains et dont le détail ne finiroit point. Nous désirons que ce tiers, accordé aux admodiateurs, cesse et que l’ancien usage de n’accorder que double portion au seigneur, lequel n’est interrompu que depuis six ans à Agincourt, soit rétabli. Nous demandons encore que l’admodiateur n’ait que cette double portion, soit que les terres soient parta- . gées entre les habitans du lieu, soit qu’elles soient louées pour canon en argent; et que la communauté soit libre de choisir le parti qui lui paraîtra le plus avantageux. Ce désir de notre part doit être aussi celui de la province, celui même du royaume.