‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789Chapitre 17 sur 204 · Vicherey, Vosges, canton de Châtenois · texte numérisé non relu

Vicherey, Vosges, canton de Châtenois

2. Le cahier de François de Neufchâteau se trouve aux Archives Parlementaires , lre série, t. VI, p. 23-27 et dans la Collection de Doc. In. sur VHist. Écon. de la Rév. Franç. Cahiers de Doléances des généralités de Metz et Nancy, lre série (Meurthe-et-Moselle) ; t. III, Cahiers du bailliage de Vèzelise publiés par Charles Étienne,

Sur François de Neufchâteau. Voir Mémoires de V Académie de Stanislas,

Meaume. Étude historique et biographique sur les Lorrains révolutionnaires Palissot , Grégoire et François de Neufchâteau. Nancy, Crépin-Leblond, 1882; Pays Lorrain , t. XVIII, p. 483 et 545; t. XX, p. 201.

INTRODUCTION

Sud-Ouest du bailliage de Nancy. De son inspiration relèvent les cahiers de Viterne, de Maron et de Messein. En rapprochant les cahiers d’après leurs ressemblances, nous avons formé trois séries, la première comprend les cahiers groupés par types, au nombre de 33, la seconde, la moins nombreuse (12 cahiers), les cahiers où l’on retrouve des inspirations diverses et peu marquées, la troisième enfin, les cahiers d’apparence originale et qui compte un cahier de moins que la première. Le cahier de la Ville de Nancy est classé hors de ces séries.

Les communautés de Lorraine ont donc fait un effort consciencieux pour remplir leur office. Généralement cet effort est demeuré anonyme; rares sont les villages où l’auteur du cahier est connu. Et même dans ce cas peuton parler d’auteur? Il s’agit surtout d’un rédacteur, d’un inspirateur dont la part personnelle dans la rédaction est plus ou moins importante suivant que sa personnalité est plus ou moins forte, absolument parlant, ou relativement à celles des membres de l’Assemblée. C’est donc avant tout une question de fait et d’espèce.

Il vaut donc mieux parler de rédacteur que d’auteur. Enfin certains cahiers peuvent être le résultat d’une collaboration. C’est manifestement le cas à Seichamps où l’on peut suivre une influence ecclésiastique, les soucis d’un militaire retraité et l’inspiration de l’avocat Lacretelle.

Deux communautés du bailliage de Nancy nous ont gardé le nom du rédacteur de leur cahier : Essey-lès- Nancy, nous avons vu plus haut à la suite de quels incidents, et Agincourt où le curé, M. Maigret, a présidé l’assemblée de ses paroissiens et s’est fait leur greffier, comme il l’indique dans le procès-verbal « ne nous consi- « dérant pas ici, écrit-il, comme chef de l’Assemblée « municipale, mais uniquement comme instrument et '

INTRODUCTION

« plume de confiance, afin de rédiger les doléances, plain- « tes et remontrances, ci-j ointes, et exposées avec toute « la liberté que Sa Majesté permet et demande à ses « sujets ». En l’absence de toute indication formelle, on retrouve souvent dans d’autres cahiers une plume ecclésiastique qui se révèle, même par des caractères de forme extérieure et d’écriture, mais surtout par des indices de fond qui, réunis, valent une signature. Quand, dans un cahier, le mot : paroisse tend à remplacer le mot : communauté , quand les questions ecclésiastiques y prennent une place importante, appuyées de considérations et de préoccupations morales et, dirions-nous aujourd’hui, « sociales » et dans un style facilement oratoire, quand l’abolition pure et simple de la dîme y est remplacée par le vœu de la voir rendue à son but primitif qui était de constituer des ressources pour le curé et les pauvres, il y a une probabilité majeure que le rédacteur ou l’inspirateur du cahier est un ecclésiastique, vraisemblablement le curé de la paroisse. Quand à ces caractères réunis s’ajoute une critique sévère des gens de robe — et c’est le cas dans le cahier de Laneuveville — la probabilité devient une certitude. Si les curés ont en effet joué un rôle certainement très important dans la composition des cahiers primaires de communautés rurales, les gens de robe, les laïcs cultivés somme toute, ont tenu une place plus importante encore.

Toutes les fois qu’un cahier se fait remarquer par l’aisance bien adaptée d’un style plus juridique qu’oratoire, on trouve à la tête de l’Assemblée de la communauté un avocat au Parlement, venu la présider à titre d’officier de justice du seigneur. C’est par ces gens de robe que les modèles se sont propagés et ce sont leurs cahiers qui, en grande majorité, vont constituer notre pre-

DOLÉANCES - T. IT

INTRODUCTION

mier groupe. Sur 33 cahiers qui le composent, 23 paraissent dus à leur influence. Trois cahiers presque rigoureusement identiques tranchent dans cette série, car le voisinage ne suffirait pas à expliquer leur similitude de forme comme de fond, car le papier et l’écriture y sont les mêmes, comme aussi le nom du Président de l’Assemblée : Jean-Baptiste Regneault (1). C’est une signature. Ces trois cahiers, s’ils ne sont pas eux-mêmes la reproduction d’un modèle emprunté hors du bailliage, forment un premier type : celui d’Art-sur-Meurthe, Richardménil et Ludres que nous attribuerons à Regneault. Dérivés de ce type ou nés comme lui d’un autre modèle, les cahiers de Laxou, Dommartin, Gérardcourt, Eulmont et Chavigny viennent ensuite former un autre groupe; ceux de Sexey-les-Bois, Velaine, Fontenoy, et Aingeray ont également des traits de famille qui doivent les rassembler et qui permettent de les rattacher à la même inspiration que ceux d’Art-sur-Meurthe, Richardménil et Ludres. Nous croyons même apercevoir le trait d’union entre les deux groupes dans la personne de Me André, avocat et juge tutélaire de Fontenoy, un confrère de Regneault. Maron, Viterne et Messein,

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