‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789Chapitre 18 sur 204 · Regneault, Je n-Baptiste ou Jean, dit Baptiste · texte numérisé non relu

Regneault, Je n-Baptiste ou Jean, dit Baptiste

Né à Blàmont le 13 avril 1756, fils de Hyacinthe Regneault, avocat à la cour, exerçant au bailliage royal de Blâmont, et de Françoise-Théodore Pacquet. Avocat au Parlement de Nancy (1778), juge gradué, gruyer chef de police des terres et seigneurie de Richardménil (Voir Richardménil, p. 11) juge au tribunal du district de Nancy (1790), membre, puis président, de l’administration municipale de cette ville du 29 mars au 30 octobre 1797. Destitué à cette date il quitte la vie publique et meurt à Nancy, le 9 août 1813.

Modéré, il fut emprisonné sous. la Terreur et ne dut son salut qu’à la chute de Robespierre. Le conventionnel Levasseur le considérant comme un homme d’Ancien Régime le jugeait sévèrement en 1795 quand il fut nommé commissaire près le tribunal de police correctionnelle : « ancien procureur du Roi, abhorré dès l’Ancien Régime pour ses vexations ».

(Henry Poulet, La Révolution française, t. LU, 1907, p. 51). Il était le frère cadet de Charles Regneault élu députe aux États généraux par l’Assemblée de réduction du 1 ailliage de Nancy le 6 avril 1789.)

Voir : P. Denis, Les municipalités de Nancy. Nancy, Crépin-Leblond, 1910, p. 28 et 158.

G. Pfister, Les Assemblées électorales dans le département de la Meurthe. ( Recueil de Documents sur V histoire de Lorraine ). Nancy. 1912. Passirn.

INTRODUCTION

nous l’avons vu, ont subi l’inspiration de Vicherey et se relient au modèle de François de Neufchâteau. Entre ce dernier type et le type Regneault, la région de Pont-Saint-Vincent nous offre un groupe mixte où ces deux types se sont fusionnés. Ce sont les cahiers de Neuves-Maisons, Pont-Saint- Vincent et Sexey-aux-Forges.

La petite vallée de la Mauchère groupe autour d’un même type les cahiers de Faulx, Montenoy, Malleloy, et Custines. On peut voir là l’influence probable de Me Chariot, avocat, de Custines.

Un autre avocat, Me Contai, juge tutélaire de Saint- Max et Dommartemont, explique vraisemblablement la similitude des cahiers de ces deux communautés.

Il n’y a aucune témérité à attribuer la paternité des cahiers de Houdemont et Vandœuvre à l’abbé Poirot, curé de Vandœuvre. Les ressemblances qui apparentent ces deux cahiers imposent à elles seules cette hypothèse, quand on se rappelle qu’ Houdemont était alors une annexe de Vandœuvre. L’écriture fine, le style aisé et oratoire, l’attribution au Roi, dès les premières lignes, du cahier de Vandœuvre, du titre de souverain maître temporel , le post-scriptum ajouté, à la demande, dit ce texte, de « nos » cultivateurs, tout confirme cette hypothèse en accusant le caractère ecclésiastique du rédacteur. La personnalité de l’abbé Poirot, qui fut un des membres les plus en vue du clergé constitutionnel lorrain et qui est bien connue, n’est pas faite, au contraire, pour la démentir. Oncle de Boulay de la Meurthe, l’abbé Poirot « à la persuasion de son cher neveu », nous dit Chatrian, « a bu dans la coupe de la fausse philosophie » (x). Il fut élu l’un des rédacteurs du cahier du clergé

1. Cité par M. l’abbé Jérôme, Les élections et les cahiers du clergé lorrain aux États généraux de 1789, p. 50, n. 1.

INTRODUCTION

du bailliage de Nancy à l’assemblée du clergé du mardi 31 mars 1789, puis député de l’ordre du clergé aux États Généraux. Ayant prêté serment à la Constitution civile du clergé, non sans réserve, il devint vicaire général de l’évêque constitutionnel Lalande, puis de son successeur Nicolas, pour mourir, après le Concordat, curé de Saint- Sébastien de Nancy, ce qui fait dire à Chatrian dont le jugement est sévère : « comme tous les philosophes modernes sont des comédiens et des caméléons, il est devenu, d’après le concordat, curé sous M. d’Osmond sans renoncer à M*r Nicolas » ([).

Si Jarville et Heillecourt forment également un groupe à part à cause de leur similitude, n’est-ce pas aussi à leur pasteur commun, M. Drouville, qu’on le doit?

La parenté du cahier de Varangéville et de Villeen-Vermois nous paraît moins facilement explicable. Pour clore ce premier groupe nous trouverons enfin le type du Yermois qui réunit Lupcourt, Azelot et Burthecourt-aux-Chênes, sans qu’il paraisse permis d’attribuer à quiconque des droits d’auteur sur ces cahiers.

Les 12 cahiers du second groupe nous viennent de Champigneulles, Tomblaine, Villers-lès-Nancy, Seichamps, Villers-lès-Moivrons, Leyr, Lay-Saint-Christophe, Lenoncourt, Chaligny, Brin, Ourches et Saulxures-lès-Nancy. Leurs auteurs ont dû connaître les canevas mis en circulation, on en retrouve les traces, mais ils ont tenu à s’en dégager, à ne pas faire œuvre de plagiaires. L’influence du curé paraît s’être exercée à Champigneulles, à Villers-lès-Moivrons, à Brin, à Seichamps.

La troisième série est de beaucoup, à notre avis la plus intéressante, la plus riche en détails locaux, souvent

1. Ibidem. Sur Poirot, voir également : Abbé Eug. Martin, Histoire des Diocèses de Tout, de Nancy et de Saint-Dié , tome II, passïm.

INTRODUCTION

savoureux. C’est aussi la plus anonyme. Si l’on peut attribuer à F. D. Grandjean, avocat, chef de police de la prévôté d’Ourches, la paternité du cahier de Laître-sous-Amance, rédigé sous sa présidence, et celle du cahier de Frolois à M. Félix, beaucoup de cahiers de cette série échappent à toute identification, sauf ceux d’Essey et d’Agincourt dont nous avons parlé plus haut et celui de Laneuveville dont le supplément paraît bien être l’œuvre du curé, M. Henri. Nous croyons pourtant reconnaître également, sinon la plume, du moins l’influence du curé à Arraye, à Gondreville, à Maxéville et à Champenoux, et peut-être aussi à Bratte, à Villers-le- Sec et à Sornéville. Mais il ne s’agit là que de présomptions fondées sur des indices trop peu nombreux pour former un faisceau de preuves comme à Laneuveville.

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