‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789Chapitre 19 sur 204 · V. — Le contenu des cahiers · texte numérisé non relu

V. — Le contenu des cahiers

Copiés sur un modèle commun ou œuvres d’une inspiration originale et locale, les cahiers de 1789, nés des mêmes préoccupations, enregistrent des doléances qui, sous une forme ou sous une autre, se répètent quant au fond de l’un à l’autre.

On pourrait essayer de les classer d’après la nature de leur objet : politiques, économiques, administratives ou nationales, régionales, locales, ces deux sortes de divisions pouvant d’ailleurs souvent coïncider, les revendications d’ordre général ou nationales ayant trait à la réforme politique de l’État, les revendications d’ordre économique se situant mieux dans le cadre régional et les réformes administratives ayant un caractère plus local. Mais, surtout au degré des cahiers primaires, tout le problème gravitant autour de l’allégement des charges fiscales qui était pour nos communautés la question

INTRODUCTION

d’intérêt vital, il est bien arbitraire, inutile et superflu (x) de prétendre distinguer dans le cadre restreint d’un seul bailliage ce qui est exclusivement économique ou financier, de ce qui n’est que politique ou économique. Après l’examen attentif des cahiers du bailliage de Nancy, nous préférons en classer les revendications d’après le nombre des communautés qui les expriment.

Il y a d’abord les vœux exprimés par la quasi-unanimité des communautés.

Ainsi : le rétablissement des États provinciaux substitués aux intendants et chargés de la perception et de l’assiette de l’impôt, la suppression ou au moins la réduction des salines et usines à feu, en vue d’obtenir une diminution du prix du bois et du prix du sel, l’usage du sel marin devant remplacer les produits des salines, la suppression de la traite foraine (1 2), des colombiers ou au moins la réduction de leur nombre et le retour aux anciennes ordonnances lorraines qui en réglaient le droit, la suppression des huissiers priseurs, considérés comme le fléau des campagnes, (3) la réforme judiciaire tendant à une codification des lois et surtout des tarifs des officiers de justice et à une diminution du nombre des offices, la suppression de l’édit des clos qui en permettant aux gros propriétaires la clôture de leurs

1. Voir ce classement pour l’ensemble de la Lorraine dans : R. Parisot, Histoire de Lorraine , t. III, p. 11 à 30 et Pays Lorrain , 1924, p. 5 61-573.

2. Sur le reculement des barrières les avis sont partagés. On y est en général opposé. Voir sur cette question : L. Jérôme, Les Élections et les Cahiers du clergé lorrain aux États généraux de 1789, note 5, p. 160.

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