CAHIER DE VELAINE-EN-HAYE
brouillards, et détruisent leurs espérances à la veille des récoltes : très souvent (1).
Cette proximité des bois y cause des domages excessifs, tant par les bêtes sauvages que les privées.
11 n’y a point de vigne, tandis que beaucoup d’autres, outre leurs récoltes en grains, l’ont aussi en vin, ce qui fait à ceux là un bien être, et dont ceux ci sont frustrés.
Ils ont à la vérité une chétive portion affouagère de souille seulement : qui à peine vaut les vingtièmes, les frais de marques excessifs et huit rezeaux d’avoine qu’on oblige à payer annuellement au domaine.
Dans la futaye, ils n’y ont rien à présent : quoi que jusqu’en 1745 on avoit en cette Communauté cette futaye; puis après, elle fut vendue le tier au Roy, le reste à la Communauté, ce qui dura quelques années; puis, depuis Mr de Galloi, alors secrétaire d’État, on a plus rien eu, ni espèce ni argent en provenant; tandis que nombre d’endroits ont ressources la dessus à la caise, tant pour construction que réparation d’Églige ou autre nécessité communale.
Leur Église est la plus pauvre, comme aussi ses paroissiens, qu’on puisse trouver dans le diocèze : n’ayant aucun revenus; la Cathédralle de Toul, qui en perçoit les cinq sixièmes de la dixme, ne veut y fournir la moindre des choses : tous laboureurs ici le sont à ferme. Les maîtres payés, ils n’ont souvent plus rien.
Outre les deniers de subvention, ponts et chaussées, vingtième communal, affecté sui leur affouages, entretiens des routtes, qui sont considérables, et ceux de leur église.
Chaque individu, indistinctement, paye annuellement à Mr. le Comte de Fontenoy, Seigneur dudit Velaine, des redevances en grain, argent et volaille qui se sont portés en cette année pour un chacun à trente trois livres.
Qu’au surplus, il existe un droit dans ce lieu pour le passage du baq de Gondlle (2) où on passe très peu, souvent point du tout, ce qui coûte annuellement à chaque individu, dixneuf sous, dont on en demande la suppression, comme abus.