SAIN T- HEL LIER
Procès-verbal
Assemblée 3 mars devant le syndic [J. Poulard] ; 8 comparants : Nie. Ma romme, P. Mailliard, Ad. Colombel, P. Lefebvre, Nie. Roland, P. Sandret, ,!ac. Godeheü, And. Braquehais « pour son père ». Sept signatures et initiales de Godeheu : «LG. H.
Députés : Nie. Maromme, P. Mailliard (1).
Doléances , plaintes et remontrances des habitants de Saint-Hellier pour être présentées à messieurs du Tiers Etat du bailliage dé Arques , tendant à alléger les dettes de V Etat et à procurer en même temps V aisance des sujets de Sa Majesté.
Démontrent :
1° Que la situation de leur paroisse, chargée d’impôts, la plus étroite et la plus enfoncée de la vallée de Saint-Saëns, garde et retient une infinité d’eau croupissante, qui cause en tout temps des fièvres de toute espèce et des maladies de tout genre, ce qui y occasionne la plus grande misère (2).
2° La suppression des gabelles serait un des plus grands secours que l’on procurerait aux sujets de Sa Majesté ; car, sans énumérer les infâmes incursions que les employiers (sic) font dans nos paroisses, qui, étant juges et parties, condamnent en même temps le coupable et l’innocent, pour n’en pas dire davantage ; d’ailleurs, on pourrait se servir du sel comme un des meilleurs engrais et des moins dispendieux pour les terres.
3° L’abolition des aides produirait au peuple le plus grand bien, vu les gros droits que cette ferme tire sur les boissons, présent, que la nature semble accorder au misérable cultivateur en récompense de l’art dur et pénible qu’il pratique.
4° Celle des cuirs et boucheries qui influent considérablement sur l’artisan (3).
(1) Sur le syndic et les députés, voir la note suivante.
(2) La vallée de Saint-Saëns est la vallée de la Varenne rivière qui se réunit près d’Arques, avec la Béthune et l’Eaulne : elle prend sa source un peu en amont de Saint-Saëns, près de Saint-Martin-Omonville ; les eaux croupissantes et les fièvres paludéennes étaient fréquentes dans les vallées de la région. La paroisse, malgré l’accroissement du nombre des feux au XVIIIe siècle, était pauvre. En 1789, taille : 980 1.; accessoires et capitation : 1.193 1. ; en tout avec 'a collecte et les frais : 2.220 I. 7 s. Exempts le curé et le clerc. — Le syndic Poulard est imposé à 8 1. Nie. Maromme, laboureur, est imposé à 122 I. ; P. Maillard à 22 1. Un assez grand nombre de cotes inférieures à une livre. (Arch. S.-Inf., C. 1885),
(3) C’est-à-dire : l’abolition des droits sur les cuirs et les boucheries. Sur
BAILLIAGE ü’aRQUES
5° La suppression des religieux et religieuses qui jouissent de gros biens, et qui sont plus à charge à l'Etat qu’à profit.
6° Les abbés et les moines, tirant des gros avantages dans les campagnes, s en attribuent le profit et dévorent la substance du pauvre, refusant même de les secourir dans les plus affreuses calamités ; c’est ce qu’on éprouve tous les jours (1).
70 On pourrait prendre sur les gros bénéficiers, même à charge d’âme, une forte portion de leur revenu pour fournir aux besoins de l’Etat ou au soulagement des pauvres, vu qu’il s’en trouve un grand nombre depuis quatre mille jusqu’à quinze mille livres (2).
8° Celle des étalons, qui décourage le cultivateur, étant obligé de payer présentement sept livres et de souvent faire deux ou trois lieues pour se servir d’un étalon stérile ou épuisé par deux ou trois cents cavales, qu’il aura à servir, ce qui fait renoncer à faire des élèves, chose cependant très utile à 1 Etat (3).
9° Celle des banalités, qui semble autoriser les rapines des meuniers, ce qui fait le produit des seigneurs et ruine les baneaux (sic) (4) .
10° Pour ce qui regarde la mendicité, nous ne nous récrions point contre ces malheureux qui se trouvent réduits à la dernière misère, occasionnée parla cherté du blé et par le peu de gain que l’on fait actuellement dans la filature, mais bien contre ces mendiants de nuit, qui, à l’ombre d’une pauvreté honteuse, nous mettent à contribution, quoique la plus grande partie puisse vivre, tant par le bien qu’ils ont que par leur travail.
11° La destruction des colombiers produirait au cultivateur un grand bénéfice, parce que cet oiseau domestique cause un
les premiers, c. f. Auberville, 6, et surtout Auffay, 4, et la note. Sur les seconds, droits d’inspecteurs aux boucheries, c. f. Beauville-la-Cité, 10, et la note.
à° Auffay). L’abbaye de Saint-Victor, d’abord simple prieuré, dépt— - -
Saint-Ouen de Rouen, érigée en abbaye en 1074, était déserte depuis 168G , la mense conventuelle avait été réunie, en 1741, au grand séminaire de Rouen , mais elle avait toujours des abbés commendataires : le dernier fut René de Goyon (1785-1790).
(2) C’est une allusion au curé qui, comme beaucoup des curés du pays de Caux, était un gros bénéficier : il avait, en 1789, presbytère, cour et jardin, en plus la moitié des grosses dîmes (1050 1.) ; les vertes dîmes et les novales (800 1.) (Arch. S.-Inf., C. 530, f. 486-487).
(3) C. f. le cahier des Ifs, 9, qui fait la même critique des étalons. C. 1. aussi Ancourt, 4, qui lait la critique générale du système des haras.
(4) En 1775 le moulin à blé appartenait à M. du Fossé et était loué avec quelques terres à Sauvai pour 650 1.