SAINT-SULPICE [DE BELLENGREVILLE
Réuni à JBellengreville en 1822. Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Envermeu. Sur l’Eaulne, à 12 k. de Dieppe.
Gén. : Rouen ; El. : Arques.
Pop. : 1754 : 24 f. ; 1789 : 25 f.
Procès-verbal
Assemblée 8 mars devant P. Laignel, fermier-propriétaire, syndic municipal ; 13 comparants : L. Mortoire, L. Ad. Le Roux, Franç. Beaumais, Nie. Rimbert, J. B. David, Nie. Piquet, Phil. Duflos, Jac. Burel, J. Aliix, Ant. Compiègne, Bonif. Ligois, Ant. Bruneval, Guil. Lucas. — Sept signatures seulement avec celle du syndic. — Députés : L. Mortoire, Jac. Buiel (3).
(1) Pour cet article et le suivant, comparer Grcuville, 11 et 10. Grcuville, 10, dit que les boulangers de campagne vendent leur pain jusqu’à un sou par livre de plus que ceux de la ville.
(2) On l’appelait aussi Bellengrevillctte et c’çst encore sous ce nom que ce hameau esl connu (cf„ Tougard. Géographie, Dieppe, p. 107). Il ne faut pas confondre ce Saint-Sulpice avec un autre Saint-Sulpice, situé à 14 ou 15 kil. plus à l’est, sur l’Yères, et réuni à Saint-Martin-le-Gaillard (canton d’Eu). Ce second Saint-Sulpice appartenait au bailliage et à l’élection d’Eu.
(3) En 1789, taille : 680 1. (700 1. en tout) ; accessoires : 405 1. ; capitation : 436 1. Exempts : le curé ; M. de Val Alix, écuyer, fait valoir son bien. — Le
BAILLIAGE d’aRQI' ES
Cahier
Aujourd’hui 8, de mars 1789..., les habitants de la paroisse de Saint-Sulpice soussignés ont demandé et fait les représentations suivantes pour en être donné note aux députés aux Etats généraux:
1° La suppression de la gabelle ; et représentent qu’en mettant un impôt proportionné à la consommation actuelle des paroisses (1), il en résulterait un grand bénéfice pour l’Etat, d’autant qu’il n’aurait plus besoin d’un grand nombre d’employés qui ne cessent de tourmenter le peuple et qui seraient rendus à la culture des terres et autres travaux de la campagne.
2° De ne point accorder les routes, qu’on appelle de charité, qui sont demandées par les seigneurs, qui ne considèrent que leur utilité particulière, qu’auparavant, dans une assemblée des propriétaires et communautés circonvoisines, on en ait reconnu L avantage et l’utilité ; que, s’il y en a des commencées, elles ne soient point achevées que’ les propriétaires et communautés circonvoisines ne les aient reconnues et déclarées nécessaires (2).
3° Que les ecclésiastiques, seigneurs et gentilshommes contribuent, comme le peuple, en proportion de leur revenu, aux charges et besoins de l’Etat.
4° Que le prix de la corde de bois soit fixé afin que les riverains ne soient pas exposés à la rapacité des marchands ; qu’il y ait des encordeurs jurés dans les forêts (3).
5° Que les frais de perception dans les impôts et revenus soient
syndic Laignel, propriétaire d’une ferme, valeur 900 I., imposé à 193 I. (taille: 88 1.; acc. et capit. : 105 1.). Mortoire, ferme de 1.000 1., paie 315 1. en tout ; Jac. Burel, meunier, (moulina blé de l’archevêque pour 1.000 1.), paie 391 1. 11 y a encore deux fortes cotes: celles de Le Boux, 217 1. et de P. Allix, 142 1., (fermes de 900 et de 500 1.). Pas de tisserands ; plusieurs journaliers assistent à l’assemblée.
(1) C. f. l’art. 6 du cahier de Saint-Pierre-le-Viger qui fait à peu près la même demande, mais en termes plus confus.
(2) C’est une allusion au comte de Gaumont, lieutenant-gouverneur de Dieppe et seigneur de Derchigny. 11 s’était fait donner, cinq ans auparavant, un atelier de charité pour ouvrir une route de Dieppe à Envermeu par Derchigny et faliciter ainsi l’accès de son château. Les paroisses de la région et le Département d’Arques estimaient que la route d’Envermeu devait passer non pas par Derchigny, mais par Neuville, Ancourt, Bellangreville, Saint-Sulpice. Il y avait eu une vive agitation, des protestations et des réunions interparoissiales à ce sujet. Le 17 oct. 1788, l’assemblée du Département d’Arques avait rayé de son budget les 475 1. destinées à l’entretien du tronçon commencé par Derchigny. C. f. le cahier d’Ancourt, 7, et la note correspondante.
(3) Même demande, et à peu près dans les mêmes termes, à Saint-Nicolasd’Aliermont, 6. La forêt voisine de Saint-Sulpice est la forêt d’Arques.