‹ Cahiers de doléances du bailliage d'Arques (secondaire de Caudebec) pour les États généraux de 1789Chapitre 88 sur 157 · VA RV AN NES · texte numérisé non relu

VA RV AN NES

Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe : canton : Tôtes. A 34 k. au S. S. -O. de Dieppe.

Gén. : Rouen. El. : Arques.

Pop. : 1738 : 83 f. ; 1789 : 97 f.

Seigneur : de Varvannes. Patronne : l’abbesse de Saint-Arnaud.

« Procès-verbal

Assemblée 3 mars, devant Franc. Sanson, syndic municipal ; 14 comparants : Ant. Bouillye, L. Duchausoy, membres municipaux ; Jac. de Conihout, P. Goyer, Rob. Marc, Thom. Saussay, P. Langnel, P. Fressant, Ch. Riaux, Sulp. Dupuis, Ch. Foucourt, J. Bouteiller, P. Le Fèvre, greffier, Mic. Bourdon. Onze signatures, dont trois ou quatre informes.

Députés : Ant. Bouillye, Jac. Conihout (1).

(1) Le procès-verbal et le modèle imprimé. Le syndic et les deux députés sont des cultivateurs. Le syndic, (maison et terres d’un revenu de 200 1.), paie

BAILLIAGE d’aRQI ES

Cahier de doléances

1° Demandons une répartition égale sur tous les biens de notre paroisse, à raison de leur valeur et produit.

2° Que les marais et rivières, qui prennent leurs sources sur notre dite paroisse, dont une source est [de J chaque côté de la paroisse ; les deux rivières se réunissant ensemble, la paroisse se trouve au milieu, ce qui cause des vapeurs pestilentielles qui causent des maladies contagieuses depuis viron dix ans. Demandons qu’ils soient curés et nettoyés incessamment (1).

3° Que le sel soit diminué généralement dans notre bailliage, sans qu’il soit besoin d’avoir de commis à cet effet.

4° Que, pour les difficultés en matière civile, [elles] soient jugées et terminées dans l’assemblée municipale jusqu’à la concurrence de 50 1., nous y en rapportant.

5° Que la paroisse, telle que Varvannes, puisse prendre en aide une autre paroisse, sans destination de bailliage, qui produirait beaucoup plus et qui paierait beaucoup moins, désirant une juste répartition dans toutes les possessions (2).

6° Demandons aussi que les priseurs- vendeurs soient taxés, pour leurs vacations, à un prix fixé, que les ventes qu’ils font dans leurs étendues, qu’ils augmentent, en sus du prix principal [de] 6 sols pour livre, dont ils se trouvent des ventes, faites argent comptant, où ils exigent encore 3 sols pour livre (3).

39 1. de taille et suites ; Bouillye, (ferme de 70 acres de M. de Bostaquet pour 1.200 1.), paie 410 1. ; de Conihout, (ferme de 51 acres pour 1.0001.), paie 304 1. Le rôle de la taille ne nous renseigne pas sur la profession des autres comparants, sauf pour Marc, qui tient une ferme de 45 acres. En 1789, taille : 1.255 1. ; access. : 735 1. ; capit. : 793 1. ; en tout, 2.842 1. 19 s. Exempts : le curé, Manger, fait valoir la dîme ; le vicaire ; M. de Varvannes, son manoir seigneurial et sa ferme de 80 acres, d’un revenu de 1.5001.; M. de Bobassct, sa ferme de 40 acres d’un revenu de 600 1. et, depuis la Saint-Michel 1787, 9 acres et demi en plus, d’un revenu de 145 1., au droit de Mlle de Labarre, son épouse. Le rôle mentionne 11 mendiants et deux moulins à blé : le moulin blanc et le moulin Dabin (C. 1.938).

(1) Ces deux rivières sont celles qui forment la Saône, dont les sources sont en effet situées de chaque côté de la paroisse. Ce que le cahier dit des marais et des fièvres, qui désolaient la paroisse, est exact

(2) Le sens de l’article est celui-ci : que Varvannes puisse s’associer à une paroisse plus riche et moins lourdement taxée ; on réunira leurs parts d’impôt et, chacune payant proportionnellement à sa population et à sa richesse, Varvannes se trouvera déchargé. C’est une idée singulière, mais dont on parlait alors ; il en avait même été question à l’assemblée provinciale.

(3) Sur les priseurs-vendeurs, cf. Auberville, 9, et la note. Los 6 sous par livre sont ce qu’ils exigent sur les ventes à crédit, qui étaient la règle du reste. Cf. le cahier de Grainville-la-Renard, Remont. 11.

V ENESTANV1LLE

7° Demandons que les cafés soient supprimés, parce que nombre d’habitants très pauvres mangent jusqu’à la subsistance de leur famille, et ce qui les conduit dans la débauche.

8° Que, depuis la Saint Michel dernière, soit par insuffisance de récolte ou enlèvement, le blé est à 50 1. le sac { 1 ) , et que le défaut de commerce et la dureté des temps réduisent nombre de familles dans la misère, ce qui les oblige de mendier nuitamment et avec menaces, ce qui trouble le repos public.

9° Demandons que les pigeons et les lapins soient incessamment détruits, parce qu’ils ravagent la campagne et mangent les grains en toutes saisons.

Fait et arrêté ce jour et an que dessus, en présence des sieurs.... [ce sont les mêmes noms que dans le procès-verbal]. Signatures de Bouillye, Jacques de Conihout, Marc, Sauchey, Riaux, Duchausoy, Bourdon, Frecent, Lefèvre, greffier, Sanson, syndic.

VÉNESTANVILLE

Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Bacqueville. A 21 k. au S. -O. de Dieppe.

Gén. : Rouen. El. : Arques.

Pop. : 1738 : 68 f. ; 1772 : 80 f. ; 1789 : 95 f.

Seigneur : Ch. de Cuverville. Patron : le prieur de la Madeleine de Rouen.

Procès-verbal

Assemblée le 1er mars. Pas de président indiqué. « Sont comparus en personne les nommés Daniel Le Vasseur. Ant. Buron, Jsaac Ouvry, P. Lhomo, et plusieurs habitants de ce lieu, et Vincent Leroux, syndic, et municipale de ladite paroisse, et habitants en général,au nombre de douze». Il y a en fait 12 signatures mentionnées : celles d’Antoine Buron, Isaac Ouvry, Nie. Le Maître,- Simon Dorange, L. Doray, Jos. Torel, P. Jagu, Jac. Courbe, L. Maveux, Dan. Le Vasseur, P. Benart, Le Marchand. « Le

(1) 11 s’agit du sac de 6 boisseaux pesant 300 1. Ce prix de 50 1. nous est donné également par le cahier de Belle ville-en-Caux, paroisse voisine. Le sac valait 45 à 55 1. à Mesnil-Rury, (auj. Torp-Mesnil). Le prix du blé avait à peu près doublé depuis six mois.

BAILLIAGE I> ARQUES

présent, certifié conforme à l’oiiginal, resté au greffe de la municipalité, par nous syndic, soussigné : Vincent I<e Roux, syndic».

Députés : J. Buquet, Nie. [Daniel] Le Vasseur (1).

Cahier de doléance et remontrance pour la tenue

des Etats généraux.

Ce jourd’hui, mardi 3 mars 1789, en conséquence et pour l’exécution des ordres du roi, et en conséquence desquels nous avons député J. Buquet et Nie. Le Vasseur, marchand et habitant taillable de ladite paroisse de Vénestanville, suivant le procès-verbal du 1er de ce mois, nous Vinc. Le Roux, laboureur et syndic de la municipalité, P. Lhomo, Ant. Buron et lsaac Ouvry, membres de ladite municipalité, et autres habitants, après avoir accueilli les voix en rassemblée qui a été faite ce jourd’hui, icelle bien et dûment annoncée, tant dimanche dernier à haute voix que ce jourd’hui au son de la cloche, deux heures après midi, en la chambre de ladite municipalité, avons remontré ce qui suit :

1° Qu’il n’y aura aucune exemption pour la répartition des deniers dûs au roi, tant à cause des biens fonds que chacun possède qu’à cause des grosses dîmes (2).

(1) Ce procès-verbal est mal rédigé ; nous n’avons pas du reste, comme pour les autres paroisses, l’original avec les signatures, mais une copie, où les noms des signataires sont énumérés. De plus, contrairement à ce qui s’est passé partout ailleurs dans ce bailliage, l’élection des députés a précédé de deux jours la rédaction du cahier. Enfin, il faut rectifier le prénom d’un des députés: Daniel, et non Nicolas, Le Vasseur. — Voici quelques renseignements sur la composition de l’assemblée : le syndic, Le Roux, tient une ferme de M. de Cuverville, 50 acres pour 1.200 1.; 19 acres de divers pour 370 1. ; il est imposé à 595 1. Buquet, député tient un clos et 9 acres de Cuverville pour 300 1. ; il paie 83 1. Le Vasseur, député, est marchand et cultivateur (136 I.). Parmi les comparants : Ant. Buron, (15 acres en propre, valeur 5001., 7 acres et demie en location), imposé à 188 1.; lsaac Ouvry, boucher, (189 1.) ; Lhomo, tisserand; et parmi les signataires : Lemaître, tailleur, Dorcy, tisserand; Jagu, Courbe, Bénard, toiliers. Le rôle n’indique pas la profession des autres comparants.

En 1789, taille : 1.020 1., (en tout 1.048 1. 18 s.) ; accessoires : 607 1. 19 s.; capitation: 654 1. Exempts: le curé, Biquet, (presbytère, cour, jardin, 6 acres de terre), Ch. de Cuverville, (logis seigneurial, parc, cour, jardin et 50 acres de terre; Thomassin, clerc, (la maison cléricale). Vingt-six tisserands mentionnés ; six ou sept toiliers (Arch. S.-Inf., C. 1.940).

(2) Le principal propriétaire était de Cuverville ; il avait une maison, 3 acres de masure, 60 acres de labour, 3 acres de bois, qu’il faisait valoir lui-même en 1773. Le revenu, évalué à 875 1. jusqu’en 1773, avait été relevé alors à 1.200 1. Le trésor avait des terres d’un revenu de 250 1. et une maison louée au clerc 20 1. Les Dames de l’IIôtel-Dieu de Dieppe : une ferme de 10 acres louée 300 1. La Madeleine de Rouen possédait 1.000 1. de dîme, qu’elle louait au curé ; le curé avait le reste des dîmes 2.400 I. (Arch. S.-Inf., C. 529, reg. 2. f. 524-551).

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