‹ Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789Chapitre 152 sur 262 · LES GRANDES-LOGES · texte numérisé non relu

LES GRANDES-LOGES

ANALYSE DU PROCÈS-VERBAL. (La communauté des Grandes- Loges (2) était composée de 32 feux. — L'avis pour la convocation fut lu et publié le 1^ mars 1789. — Le 5, les habitants se réunirent sous

à 2 sols 3 deniers l*une, et 13 demi-parts à 1 sol pour un garçon et 12 veuves. {Arch. de la Marne, C, 625.)

Volontairement aussi, en 1789, les habitants s'imposèrent pour payer les honoraires du maître d'école, consistant en « un boisseau de seigle comble par chaque laboureur de deux ou plusieurs chevaux, un boisseau ordinaire pour un cheval ; quinze sols par chaque manœuvre et dix sols par chaque veuve ». (Ibid.)

Le budget de la communauté était encore grevé des frais occasionnés en 1733, 1751 et 1752 par les réparations au pont de Melette dépendant de L'Épine, et, en 1784, par les travaux de reconstruction du pont de L'Épine sur la Vesle, emporté par la fonte des neiges du 28 février 1784. (Ibid,, C, 1569, 1659 et 1670). 11 dut aussi supporter les dépenses des derniers travaux exécutés au clocher de l'église endommagé par la foudre en 1753. (Jbid., C, 186k,)

(1) Malgré cette mention, le cahier de L'Épine est un original signé de tous les habitants énumérés au procès-verbal.

(2) Arch. de la Marne, ibid. (procès-verbal, dossier 5, pièce 20S. Cahier,

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la présidence de Jacques-Joseph Delacour, juge ordinaire en la' justice des Grandes- Loges. — Le procès- verbal constate la présence d'Âmbroise Dehecq, Philippe Dehecq, Jean-Baptiste Dehecq, Pierre Machet, Jacques Martin, syndic» Toussaint-Martin Delacour, Pierre Poinsenet, François Poinsenet, Jacques Pannerot, Quentin Jacquart « et autres », ajoute le procès- verbal. — Les députés furent Toussaint- Martin Delacour et Quentin Jacquart.]

CAHIER

(Le cahier des Grandes-Loges, rédigé par le notaire d'Aigny, Jacques-Joseph Delacour, juge seigneurial des Grandes-Loges, est semblable, mot pour mot, au cahier (ÏAigny auquel nous renvoyons. — Au bas du cahier général on lit la mention : « Fait et arrêté en rassemblée générale desdits habitants, tenue le 5 mars 1789. . . » suivie des dix signatures des habitants dont les noms figurent au procèsverbal et de celle du juge Delacour.— Mais les habitants ont annexé au cahier général que venait de leur faire signer Delacour, des plaintes et doléances particulières à leur village, que nous reproduisons ciaprès :]

Cahier des plaintes et doléances particulières que nous, babitants, corps et communauté des Grandes-Loges, adressons à Af . le grand bailli de Châlons à cause du peu de rapport de notre terroir.

Nous représentons :

1. — Que notre terroir est d'un sol sec, aride, qui est facile à cultiver, mais qui produit difficilement, qui ne rapporte surtout que du froment qu'à force d'engrais, de fumier ; qu'un grand nombre de nos terres demeurent incultes, aimant mieux les abandonner que de nous exposer à n'en rien recueillir par défaut d'amendement (1) ;

doisier c, pièce i32 : 15 pages cotées et paraphées par Delacour, et 2 pages au cahier des doléances particulières non cotées ni paraphées ; visa de Prieur). Sources doc. agc. — Arc/i. de la Marne, C, 626 : Administration de la communauté. — C, 877, 952, 2170 et 2172 : Impositions. — C, 1027 : Capitation. - C, 1600 : Corvées. — C, 1S65, 2079 et 2126 : Église et presbytère.— C, 1956 : Incendie de 1783. — C, 1969 : Grêles et orages (1742-1782) ; — etc.

— Les Grandes-Loges appartenaient à l'élection d'Épernay; ai^ourd'hul li^ commune fait partie du canton et de Tarrondissement de Châlons-sur-Marne..

— Dénombrement de 1773 : 37 feux roturiers et 1 ecclésiastique. - Population : 53 hommes, 62 femmes, 22 garçons et 9 filles, soit /46 habitantt,

(1) Le terroir des Grandes-Loges comprenait 1,217 arpents de terres labourables et 1,044 de terres incultes. Le froment qu'on y récoltait, rapportait,.

2. — Que, n'ayant point de rivière, nous n'avons point de prairie pour (mener] paitrenos bestiaux, lesquels restent presque toute l'année renfermés dans les écuries : ce qui est cause que l'on ne peut pas nourrir qu'à proportion des pailles et fourrages que l'on peut récolter ;

3. — Que plus d'un tiers et la meilleure partie de notre terroir est exploitée par des habitants des villages voisins, desquelles possessions ils ne paient pas de taille : ce qui est cause que nos impositions sont fort au-dessus de nos facultés et que ce n'est qu'avec beaucoup de peines et de sueurs que nous venons à bout de nous procurer un pain dur et de satisfaire aux impôts auxquels nous sommes taxés (1) ;

4. — Que plusieurs communautés ont des biens communaux dont ils tirent de quoi acquitter les charges publiques sans être obligés d'y contribuer en particulier; mais nous, nous n'avons point d'autre ressource que dans notre terrain, tout maigre et ingrat qu'il est ;

5. — Que tout est cher dans notre pays et. que, n'ayant ni prés, ni bois, ni vignes, il n'y a rien qu'il ne nous faille acheter, excepté le grain, quand il plait à la divine Providence de fertiliser nos champs par des rosées et des pluies à propos.

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