‹ Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789Chapitre 154 sur 262 · LIVRY-SUR-VESLE · texte numérisé non relu

LIVRY-SUR-VESLE

ANALYSE DU PROCÈS-VERBAL. (La communauté de Livry (3) était composée de 63 feux. — L'avis pour la convocation fut lu et publié le le mars 1789. — Le même jour, les habitants se réunirent

(1) Arch, de la Marne, C, 1572 et 1600 : Dossier de la route de Châlons à Cambrai par Reims ; corvées de la communauté des Grandes-Loges.

(2) Le juge seigneurial Jacques- Joseph Delacour signe le cahier des doléances générales qu'il a rédigé ; mais il n'appose pas sa signature au bas des doléances particulières f^outées par les dix mêmes habitants.

(3) Arch. de la Marne, ibid. (procès-verbal, rédigé sur formule imprimée, dossier b, pièce 205. Cahier, dossier c, pièce 76 : 3 pages non cotées ni paraphées ; visa de Prieur).

Sources doc. acc. — Arch. de la Marne, C. 627 : Administratien de la . communauté ; usages ; comptes des syndics. — C, 879, 9$5 et 2276 :. Impositions. - C, iOS^ : Capitation. - C, 10^ : Vingtièmes, - Ç, i60J^ ;■

SOUS la présidence de J. Raullet, syndic— Le procès-verbal constate la présence de « douze » habitants : Jacques-André Secondé, Pierre Secondé, Thomas Poinsenet, Philippe Brocq, Remy Blanchard, Bouvet, Jean Simon, Jean-Baptiste Ârnould, Jean Pasques, Lorin, Jean- Baptiste Renault, Michel Simon et N. Simon, — ce qui fait, en réalité, quatorze avec le syndic. — Les députés furent Michel Simon et Thomas

Poinsenet.]

Plaintes, doléances de la paroisse de Livry, diocèse de Reims,

bailliage de Châlons-sur-Marne.

1. — Représente très humblement, la communauté de Livry, que leur bien est trop chargé aux impositions, parce que MM. nos seigneurs tiennent le plus beau et le meilleur de notre terroir et qui est très peu de rapport (2).

2. — Représente que la communauté de Livry est trop chargée aux tailles et autres impositions, attendu la reconstruction du nouveau presbytère que nous avons fiait il y a trois ans, qui a coûté cinq à six mille livres, ce qui fait un grand objet pour un si petit terroir. On nous avait promis une diminution sur les impositions, ce qui n'a pas été fait (3).

Corvées.— C, 1725 : Atelier de charité. — C, 1868 : Église et presbytère,

— E, 231 à 234 : Famille Gatineau de Louvercy^ seigneur du lieu : titres de propriété, procès, etc. — G, 18kS : Comptes de la fabrique ;

— etc. — Fonds de V Archevêché de Reims : doyenné de Vesle : paroisse de Livry (G, 285).

— Livry- sur- Vesle appartenait à Télection de Reims ; at^ourd'hui la commune fait partie du canton de Suippes, arrondissement de Châlons-sur-Marne.

— Dénombrement de 1773 : 60 feux roturiers et 1 ecclésiastique. — • Population : 100 hommes, 110 femmes, 20 garçons et 24 filles, soit 254 habitants,

(1) Le cahier de Livry est très mal écrit ; le texte est difficilement lisible ; les phrases sont presque toigours incorrectes et le sens en est parfois très obscur. L'encre, très pâle, dont on s*est servi, achève de rendre la lecture du manuscrit très pénible.

(2) Le seigneur de Livry était François-Edme de Gatineau de Louvercy, chevalier, ancien chevau-léger de la garde du Roi, qui possédait le château de Louvercy. {Arch. de la Marne, E, 233 : État de la seigneurie ; titres de propriété.)

(3) Arch. de la Marne, C, 1868 : Devis estimatif des ouvrages à exécuter pour la reconstruction du presbytère et la réparation de la nef, en 1783. Ce devis montait à 5,866 livres.

Un arrêt du conseil du 23 novembre 1784 ordonna la répartition d'une somme de 2,050 livres (acompte réclamé par l'entrepreneur des travaux) sur tous les habitants propriétaires, privilégiés ou non de la paroisse de Livry. (/frid-, C, «79.)

Pour les rôles d'impositions, voir C,2276 : Les impositions principales qui, en 1702, n'étaient que de 661 livres, montèrent, en 1750, à 775 livres et, en 1775, à 1,792 livres.

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3. — Représentent les habitants et communauté, que les corvées sont très coûteuses pour quelques personnes ; il parait qu'elles se font par faveur et à trop forte adjudication ; si ces adjudications se faisaient par deux ou trois ateliers, quelques communautés pourraient les entreprendre à la proximité de leur endroit (1).

4. — Représentent, lesdits habitants, que les gardes, employés et les commis sont très coûteux à Sa Majesté très chrétienne ; il parait que si Sa Majesté prenait les droits sur le vigneron modiqnement, et sur les autres marchandises, il en aurait plus de reste et beaucoup de procès resserrés (2).

5. — Représentent, lesdits habitants, que MM. nos seigneurs à qui nous payons nos droits, voudront-ils toujours les agrandir? ce qui forme souvent des procès avec eux; il serait question qu*ils apportent leurs titres et mouvances qui sont leur chartre pour les contester et leur payer ce qui leur est dû ; il parait que MM. nos seigneurs ont usurpé des biens de communauté par finesse et sans crainte. Si les biens rentraient aux communautés, il en serait payé à Sa Majesté la redevance, et les pauvres en profiteraient (3).

6. — Désirons que le souverain ne perde point de vue les promesses qu*il a faites à son peuple de supprimer [les] traites, surtout les gabelles ; qu'il soit ordonné provisionnellement (4) d'ôter les grilles qui sont dans les vases qui versent le sel dans le minot et autres mesures. C'est ce qui occasionne une perte de dix à douze livres par minot et rend le sel plus cher qu'au regrat (5) ; et outre le minot et le quart que le minot, que le mesureur soit obligé d'avoir un demi-minot à livrer le sel dans les mesures conformes à la quantité qu'on lui demande ; en outre que le sel soit également du même prix, généralement partout. C'est à quoi nous désirons, attendu l'excédent du prix ; ou de rendre le sel marchand.

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